La lutte contre le terrorisme au Mali, tout comme dans de nombreuses régions du Sahel, s'inscrit dans un contexte de guerre asymétrique où les lignes de front sont floues et les ennemis « invisibles ».
Face à des groupes terroristes qui exploitent la géographie complexe et la mobilité pour déstabiliser le pays, l'armée malienne fait preuve de résilience et de détermination, même si les défis restent immenses.
Depuis l'éclatement de la crise en 2012, l'armée malienne a dû se réorganiser et se renforcer, tant au niveau stratégique qu'en termes d'équipements. L’un des premiers enseignements de cette guerre asymétrique est la nécessité de s’adapter rapidement à une situation qui échappe souvent à la logique conventionnelle de la guerre. Les ennemis ne sont pas toujours visibles, mais ils sont omniprésents, infiltrant les zones rurales, exploitant les failles du système et attaquant à l'improviste.
Malgré cela, l'armée malienne, a su maintenir une pression continue sur les groupes terroristes. Les récents succès militaires dans les zones du centre et du nord du pays témoignent des efforts déployés pour reprendre le contrôle de territoires stratégiques et sécuriser les populations locales. Des opérations menées en collaboration avec les communautés locales, notamment dans la zone des Trois frontières (Mali, Burkina Faso, Niger), ont permis de couper des routes d'approvisionnement essentielles aux groupes terroristes.
Il est indéniable que ces victoires sont le fruit d'une évolution dans la tactique des FaMas, qui ont appris à mieux exploiter les renseignements, à coordonner les différentes branches des forces armées, et à intégrer des technologies modernes de surveillance et de communication. Cependant, l’asymétrie de la guerre fait que les succès sur le terrain ne se traduisent pas toujours par une paix durable. Les groupes terroristes ne cessent de se reconfigurer, rendant chaque victoire fragile et chaque recul temporaire.
L'une des principales forces de l'armée malienne reste sa capacité à s'adapter face à un ennemi imprévisible. Là où d'autres armées auraient peut-être échoué, celle du Mali, avec ses ressources limitées, persévère dans une guerre qui est loin d'être gagnée tout, tout de suite.
Néanmoins, cette performance ne doit pas occulter les défis structurels qui subsistent : le besoin crucial de formation continue, et les difficultés logistiques. Mais surtout, la gestion de la guerre asymétrique implique une guerre de l’esprit, où il est impératif de gagner le cœur et l'esprit des populations locales, souvent prises en étau entre les groupes armés.
Ainsi, si l'armée malienne a fait d'énormes progrès dans cette guerre asymétrique, elle doit continuer à évoluer, à se renforcer et à s'adapter.
Le soutien international est nécessaire, mais la solution au problème du terrorisme au Mali réside avant tout dans l'efficacité de son armée, dans la capacité du pays à renforcer ses institutions et à garantir une paix durable, une paix qui ne passera pas seulement par la victoire militaire mais également par un processus de réconciliation nationale et de développement des régions touchées par le terrorisme.
La guerre asymétrique n'est pas seulement un combat militaire : c'est aussi une bataille pour l'âme du pays.