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 Discours de voeux de nouvel an du Président de la maison de la presse Monsieu Bandiougou Dante,    
Publié le mardi 20 janvier 2026  |  aBamako.com
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Excellence Monsieur le Président de la Transition,
Je tiens à vous exprimer nos encouragements et notre reconnaissance pour les efforts constants, parfois menés dans la discrétion, en faveur de la libération de nos confrères et compatriotes victimes d’enlèvements, arrachés à l’affection de leurs familles.
En cet instant solennel, nos pensées se tournent encore vers notre confrère Birama TOURE, porté disparu depuis dix années, dont le dossier judiciaire, hélas, peine toujours à connaître son épilogue.
Excellence Monsieur le Président de la Transition,Monsieur le Premier ministre,Distingués invités,
Ces derniers temps, le Mali, à l’instar des autres pays de l’AES, fait face à une vague préoccupante de rumeurs, de fausses nouvelles, de manipulations informationnelles et d’ingérences numériques.
Ces phénomènes ne sont ni abstraits ni sans conséquences.Ils nourrissent la méfiance, exacerbent les tensions sociales, brouillent les repères, fragilisent les institutions et minent la confiance entre les citoyens.
Face à ce défi majeur, il ne suffit plus d’être réactifs.Il nous faut être collectivement stratégiques.
L’ennemi est clairement identifié, c’est la manipulation et la désinformation.
Nous en subissons tous, les effets.
Journalistes, contraints de défendre l’intégrité de l’information dans un flux numérique incessant.Acteurs de la société civile, dont les actions sont parasitées par des récits toxiques.Responsables publics, dont les initiatives sont systématiquement déformées.Et simples citoyens, désorientés dans leur quête d’une information fiable.
La particularité du péril actuel est claire : le Mali est aujourd’hui la cible d’une campagne de désinformation structurée.Ces fausses nouvelles, ces images manipulées, ces rumeurs savamment orchestrées ne relèvent pas du hasard.Ce sont des armes.Des armes qui divisent, qui attisent la haine, qui fragilisent les efforts de paix et qui cherchent à ébranler le socle même de notre Nation.
Face à une telle menace, aucune réponse isolée ne saurait suffire.
Le journaliste doit comprendre les contraintes de l’acteur public.L’acteur public doit écouter les alertes citoyennes.La société civile doit dialoguer avec les médias et les usagers des réseaux sociaux.
C’est dans cette convergence des regards que réside notre force.
La réponse doit être collective, coordonnée et inclusive.
La désinformation se propage vite,mais jamais plus vite que l’union de citoyens conscients et engagés.
Notre ambition n’est pas seulement d’identifier le problème,mais de co-construire des solutions durables, adaptées à nos réalités nationales.
La lutte contre la désinformation n’est pas une lutte contre la liberté d’expression.Elle est, au contraire, un combat pour le droit fondamental des citoyens à une information juste, vérifiée et responsable.Elle est aussi un combat pour la paix, la cohésion sociale et la stabilité.
Le Mali, notre patrimoine commun, mérite que nous nous mobilisions pour préserver son unité et son avenir.
La bataille contre la désinformation est l’une des batailles décisives de notre époque.
 C’est une bataille pour les cœurs et les esprits. Et c’est une bataille que nous pouvons gagner, Que nous devons gagner, Et que nous gagnerons, plaise à Dieu.
Excellence Monsieur le Président de la Transition,
Nous avons parfois exprimé des désaccords,mais toujours dans le respect et avec la ferme volonté de construire ensemble.
Cette démarche responsable a certainement valu à la Maison de la Presse une lettre de félicitations du Ministre chargé de la Communication, une reconnaissance morale dont nous nous réjouissons et pour laquelle nous le remercions.
Il est cependant permis d’envisager, qu’une mise à disposition effective par le Ministre des finances et de l’économie, de l’aide publique à la presse, cumulée sur les cinq dernières années, nous aurait donné un souffle nouveau dans notre combat quotidien contre la désinformation et les discours de haine.
Pour accomplir pleinement notre mission de service public, la presse a besoin de moyens.
Des moyens humains.Des moyens matériels.Des moyens financiers.Et des moyens juridiques.
Disons-le avec sincérité : l’adversaire en face est puissamment armé.« A TE SEGAIN, A TE GNINA, A TA DABILA, WA MOYENS TIAMAN DE BA BOLO »
Excellence Monsieur le Président de la Transition, Monsieur le Premier ministre,Distingués invités,
L’année 2025 a été particulièrement éprouvante pour notre secteur.
La crise énergétique, suivie de la crise du carburant, a paralysé de nombreuses rédactions.
Des radios se sont tues, les écrans de télévisions au noir et,Des kiosques des journaux laissés déserts.
La Maison de la Presse, jadis haut lieu de rassemblement et de production intellectuelle, peine aujourd’hui à jouer pleinement son rôle, faute d’électricité, de connexion internet et d’activités génératrices de revenus.
Dans ces conditions extrêmes, beaucoup de rédactions ne sont plus viables et ne peuvent garantir des salaires décents à leurs agents.
Excellence Monsieur le Président de la Transition,
Depuis plus de deux décennies, notre secteur est régi par des textes qui ne correspondent plus aux réalités actuelles.
Nous avons accueilli avec un réel espoir votre décision de créer, au sein de la Présidence de la République, une commission chargée de finaliser la relecture des textes relatifs à la presse.
Nous formulons des vœux ardents pour la réussite de cette mission et réaffirmons notre entière disponibilité à y contribuer jusqu’à l’adoption définitive de ces textes.
Si le nouveau Code de procédure pénale comporte des avancées notables, il constitue, en matière de liberté de la presse, un recul préoccupant.
Les sanctions pénales prévues par la loi sur la cybercriminalité et le nouveau Code pénal demeurent en contradiction avec la législation spécifique sur la presse. Cette incohérence mérite d’être corrigée.
Excellence Monsieur le Chef de l’État,
Malgré ces difficultés, le secteur des médias a fait preuve d’une remarquable résilience en 2025.
Les médias publics comme privés ont été au rendez-vous des grands moments de la Nation :
• les travaux sur la Charte nationale pour la paix et la réconciliation,
• l’année de la culture que vous avez décrétée,
• le Salon international de l’Entrepreneuriat-AES,
• la fête nationale du 22 septembre,
• le Sommet des Chefs d’État de l’AES et
• la CAN 2025.
Les Journées de relance de l’Agence nationale de presse ont, à juste titre, rappelé l’importance stratégique d’une agence forte en période de guerre informationnelle.
L’année 2025 a également vu naître deux initiatives majeures :le Fonds de Solidarité de la Presse (FONSOPRESS)et l’achèvement des travaux relatifs au Conseil des pairs.
Le FONSOPRESS est né d’un constat douloureux : trop de professionnels des médias se retrouvent démunis face à la maladie. Cette initiative souveraine et solidaire vise à préserver la dignité de celles et ceux qui informent la Nation.
Nous vous remercions pour avoir été parmi les premiers à soutenir son opérationnalisation, ainsi que la Haute Autorité de la Communication pour son appui.
Le Conseil des pairs, instance d’autorégulation, permettra de prévenir et de gérer les manquements à l’éthique et à la déontologie, dans un esprit de responsabilité partagée.
Son opérationnalisation nécessite toutefois des moyens adéquats.
Excellence,
Chaque pays mérite sa presse.Et chaque presse est le reflet de sa société et de ses pouvoirs publics.
Votre implication est essentielle pour accompagner une presse forte, responsable et souveraine, à la hauteur des défis informationnels actuels.
Notre École supérieure de journalisme et des sciences de la communication mérite également un cadre plus accessible et mieux adapté aux exigences pédagogiques.
Nous saluons enfin la participation des médias maliens au Salon des Médias Africains de Dakar, rendue possible grâce à votre appui personnel.
Excellence Monsieur le Président de la Transition,
Nous nous réjouissons du dialogue permanent instauré entre la famille des médias et les pouvoirs publics, notamment avec votre service de communication et le Centre d’information gouvernemental.
Dans le cadre de la Semaine de la liberté de la presse, prévue du 3 au 10 mai, nous projetons l’organisation d’un Forum panafricain des médias.
Ce projet ambitieux vise à promouvoir l’image d’un Mali digne, fier et debout, porté par une presse capable de maîtriser le récit de son actualité nationale, loin des narratifs imposés de l’extérieur.
C’est sur ces mots que je voudrais clore mon propos,en vous réitérant, à vous, à votre famille et à toute la Nation malienne, nos meilleurs vœux pour l’année 2026.
Unissons nos prières pour un Mali de paix, d’entente et de cohésion.
Bonne et heureuse année à toutes et à tous.
Je vous remercie.
Bamako le 19 janvier 2026
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