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Axe Bamako-Alger : Quand Choguel Maïga joue le pompier après la pyromanie
Publié le mercredi 21 janvier 2026  |  Le témoin
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Alors que les relations entre Bamako et Alger sont profondément détériorées, depuis deux ans, malgré la présence d’un ami commun, la Russie, Choguel Maïga, depuis son cachot de Koulikoro, s’est fendu d’une lettre ouverte adressée au président algérien, Abdelmadjid Tebboune.

Tout en exprimant sa «profonde préoccupation» face à la dégradation d’un climat diplomatique marqué selon lui par des discours inappropriés et des passes d’armes sur la scène internationale, l’ex PM, dans son plaidoyer rendu public le 14 janvier, à l’occasion de la Journée nationale de la souveraineté retrouvée (JNSR) du Mali, appelle à l’apaisement et à la retenue ainsi qu’au retour à des relations fraternelles entre le Mali et l’Algérie. Choguel Maïga déplore notamment les interventions des représentants malien et algérien lors de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2025, qu’il juge préjudiciables aux relations historiques entre les deux États. Se présentant comme un citoyen attaché à l’unité du Mali, à sa souveraineté et à l’amitié séculaire entre Bamako et Alger, l’ex-PM rappelle que les peuples malien et algérien sont liés par l’histoire, la géographie et le sang. Il insiste sur la nécessité pour leurs dirigeants d’en préserver les acquis, quelles que soient les divergences politiques conjoncturelles.

Et tout en plaidant pour une «patience stratégique» et un sens élevé de la responsabilité dans la gestion des relations bilatérales, le démolisseur de l’Accord d’Alger estime que les différends actuels peuvent être dépassés à travers une relecture honnête de l’histoire commune et un dialogue fondé sur le respect mutuel et la sincérité.

Seulement voilà : Choguel se réserve manifestement de mentionner son rôle déclencheur de la détérioration progressive des relations entre le Mali et son grand voisin, à travers l’assassinat de l’Accord pour paix et la réconciliation issu du processus, signé à Alger en 2015 entre Bamako et les mouvements séparatistes. Compréhensible puisque le même Choguel, alors PM ayant manœuvré pour une application dite intelligence dudit Accord, notamment lors de la 43ème session du Comité de suivi de l’Accord (CSA) et la présentation de son DPG devant les conseillers de l’organe législatif de la Transition, au mépris des assurances données dans le feu des actions de la fronde anti-IBK. « Nous respecterons nos engagements internationaux qui ne sont pas contraires aux intérêts fondamentaux du peuple du Mali. Ce que nous savons aujourd’hui, c’est qu’il n’y a pas d’engagements internationaux connus de tous qui sont fondamentalement contre les intérêts du peuple malien. Les engagements qui existent doivent être mis en œuvre dans les intérêts exclusifs du peuple malien », avait rassuré le président du comité stratégique de la fronde, allusion faite à l’accord d’Alger.

Et c’est pourtant sous son magistère et malgré ces gages donnés aux représentants de la CMA, à la suite d’une rencontre en juin 2021, soit quelques jours après le coup de force contre Bah N’Daou, que le Mali a décidé de façon unilatérale de se retirer, en février 2024, dudit accord au profit du Dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation. Le nouveau Gouvernement de la rectification, pour motiver sa posture, par-delà les accusations d’ingérence dans les affaires internes du Mali, à évoquer des liens ambigus avec certains groupes armés et le principal garant de l’APR. Et c’est le chef du Gouvernement, Choguel Maiga, en personne qui avait publiquement acté sa résiliation unilatérale, affirmant que l’Algérie avait «cessé d’être un médiateur impartial».

En définitive, le contenu de sa missive ne peut que soulever des interrogations sur les intentions réelles du célèbre expéditeur, surtout que sa sortie intervient quelques semaines après que son ancien compagnon, Mohamoud Dicko, a accepté de prendre la tête d’une coalition des Forces pour la République (CFR) opposée aux autorités de la transition.


Amidou Keita

Le Témoin
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