Comme à l’édition précédente, Can Côte d’Ivoire 2023, le parcours des Aigles à la 35è Coupe d’Afrique des Nations s’est arrêté, le vendredi 9 janvier 2026, au dernier carré, nous laissant de nouveau en proie à la frustration, à la déception voire à des questionnements par rapport à la sélection nationale de football.
Logés dans le Groupe A avec le Maroc, les Comores et la Zambie, les Aigles partaient comme favoris aux côtés du pays hôte. Cependant leur timide entrée (1-1) face à la Zambie annonçait la couleur du parcours, car à l’exception de la prouesse contre les Aigles de Carthage qu’ils ont héroïquement éliminés avec un joueur de moins, ce résultat n’évoluera plus jusqu’à leur chute en quart de finale devant les Lions de la Teranga : 1-0. Même si elle a, par le passé, enregistré de beaux palmarès : finaliste en 1972, plusieurs fois demi-finaliste et 2 fois 3ème en 2012 et 2013, l’équipe malienne de football est aujourd’hui un grand corps malade qui nécessite un diagnostic sérieux pour un traitement conséquent.
Une équipe en quête de repère.
Avec Mohamed Magassouba comme sélectionneur, les Aigles séduisaient par leur beau jeu. Le système offensif mis en place par ce dernier a été conservé par son successeur, Sékou Eric Chelle, notamment lors de la Can précédente en Côte-d’Ivoire, qui faisait de cette équipe un adversaire redoutable avec un style de jeu impressionnant. Le pilier de tout système de jeu est des joueurs complets et compétitifs. Hamari Traoré, Amadou Haïdara, Kamory Doumbia, Yves Bissouma et j’en passe, piliers de notre équipe actuelle sont, en ces derniers temps, en manque de temps de jeu dans leurs clubs. En plus, depuis sa nomination à la tête des Aigles, Tom Saintfiet n’a pas encore réussi à installer une équipe stable, adopter un système de jeu cohérent. L’équipe malienne est devenue méconnaissable, inoffensive avec un jeu inqualifiable. De quoi transformer le beau spectacle en un supplice pour les spectateurs et fans des Aigles du Mali, pour des résultats insuffisants comme cela a été le cas lors de cette CAN. « Le Mali ça joue nul et finalement ça devient nul », a déclaré sur RFI Rémy Ngono, consultant du foot. A qui la faute ? Le talent ne manque pas, mais son exploitation pose problème.
Un style creux et improductif
A vrai dire, l’équipe du Mali s’est plutôt illustrée par des prestations médiocres. La non maîtrise du système de jeu mis en place par le technicien malien, Tom Saintfiet, semble lui avoir coûté cher : zéro (0) victoire, quatre (4) nuls et une (1) défaite en cinq (5) matches,…() cartons jaunes, trois (3) cartons rouges. Le manque cruel d’occasions, l’inefficacité devant le but adverse ont caractérisé cette équipe qui semblait avoir choisi la résistante plutôt qu’à la prise d’initiatives porteuses sur le terrain pour s’imposer. Ce système stérile a été reproché à ses prédécesseurs qui avaient, malgré tout, une équipe stable et compétitive. Tom Saintfiet, en voulant changer tout, a perdu tout. « Chaque année, on jouait bien mais on ne gagnait rien. Là, on a adopté une stratégie différente, malheureusement ça n’a pas payé, mais c’était le risque à prendre », a déclaré l’attaquant malien, Lassine Sinayoko sur Canal+ sport, après l’élimination du Mali par le Sénégal.
ENCADRE : le supplice de Tantale !
Le « supplice de Tantale » désigne la souffrance de désirer intensément quelque chose qui est à portée de main, mais inaccessible, créant une frustration permanente. Cette expression, issue de la mythologie grecque, décrit la punition de Tantale, roi condamné dans le Tartare à avoir de l'eau et des fruits délicieux autour de lui, mais l'eau disparaissant lorsqu'il se penche pour boire et les branches s'éloignant quand il veut saisir les fruits.