En marge de la 4e édition de la Journée nationale de la Souveraineté retrouvée, un panel de haut niveau consacré à la souveraineté minière s’est tenu le jeudi 15 janvier 2026 à la faculté administrative et politique de Kurukanfouga de Bamako.
L’événement, placé sous le thème « Des réformes pour une réappropriation des ressources minérales », a été animé par le ministre des Mines, Pr. Amadou Keita, en compagnie du Dr. Abdoul Karim Diamoutène, économiste, et du Dr. Mamoutou N’Diaye, enseignant-chercheur.
Présenté récemment au président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, le nouveau code minier ambitionne de moderniser la législation afin de l’adapter aux réalités économiques et environnementales actuelles. Il met l’accent sur la transparence et la gouvernance dans l’octroi et la gestion des permis, une redistribution accrue des recettes minières au profit de l’État et des collectivités locales et la valorisation des ressources naturelles comme levier de résilience et d’autonomie financière pour le pays.
Le ministre Amadou Keita a précisé que désormais, l’attribution d’un permis de recherche ou d’exploitation nécessitera l’aval conjoint du ministre de l’Économie et des Finances et du ministre des Mines, avant d’être validée en Conseil des ministres. Selon lui, ce nouveau dispositif a déjà permis de générer 700 milliards F CFA pour l’État, soit un surplus de 300 milliards F CFA par rapport aux anciennes dispositions.
Les co-animateurs du panel, Dr. Diamoutène et Dr. N’Diaye, ont insisté sur l’importance de diversifier les ressources minières. Ils ont notamment évoqué le démarrage récent de l’exploitation du lithium, symbole d’une dynamique de croissance soutenue et d’un repositionnement stratégique du Mali sur le marché mondial des minerais.
Pendant près de deux heures, les échanges ont permis aux étudiants et participants de poser des questions sur les retombées du nouveau code, tant pour les populations locales que pour l’économie nationale.
Le doyen de la faculté, Cheick Hamala Touré, a salué cette initiative qu’il considère désormais comme un véritable « rituel républicain », soulignant la pertinence du choix du milieu universitaire comme espace de réflexion et de réappropriation intellectuelle.
Le ministre de la Refondation de l’État, Bakary Traoré, a rappelé que le Mali sort d’une période de « souveraineté de façade », tandis que le ministre de l’Enseignement supérieur, Bréhima Kansaye, a qualifié cette réforme de « virage historique » dans la gestion des ressources minérales.