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Démission collective à la Femafoot : L’heure du renouveau ?
Publié le lundi 26 janvier 2026  |  L’aube
Football:
© aBamako.com par mouhamar
Football: Premier point  de presse de Henry Kasperczak
Bamako, le 30 décembre 2013 (FEMAFOOT). Le nouvel entraîneur des Aigles, Henry Kasperczak, animera son premier point de presse ce lundi au siège de la Fédération malienne de football à partir de 12 h 00. En marge de cette cérémonie, se déroulera la remise d’équipements sportifs aux clubs de football féminin.
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La démission collective, le 17 janvier 2026, de l’intégralité du Comité exécutif de la Fédération malienne de football (FEMAFOOT) acte l’aboutissement d’une crise de gouvernance latente depuis 2019. L’avenir du football malien se joue désormais sous le regard de la FIFA, appelée à arbitrer une sortie de crise décisive.

L’élimination précoce des Aigles du Mali lors de la CAN 2025, sans la moindre victoire en cinq matchs, a servi de détonateur. Un message de soutien maladroit du Comité exécutif, publié dès le lendemain du fiasco, a provoqué un tollé général. Les supporters y ont vu le signe d’une gouvernance déconnectée des réalités du terrain, précipitant les appels à la dissolution.

La crise s’est accélérée dès le 13 janvier avec la démission de dix membres influents. Le 15 janvier, le Secrétaire général, Sidy Bekaye Magassa, a été interpellé puis relâché dans le cadre d’enquêtes portant sur les conditions de sa nomination, ainsi que sur des accusations de diffamation et de falsification. Ses tentatives pour combler les postes vacants, couplées à ses rapports à la FIFA dénonçant des pressions politiques, ont achevé d'envenimer la situation. Finalement, le 17 janvier, les neuf membres restants, dont le président Mamoutou Touré, ont jeté l’éponge, laissant l’institution sans direction exécutive.

Cette implosion est l’aboutissement logique d’un cycle de tensions entamé il y a sept ans. La gouvernance contestée de M. Touré marqué par son arrestation en 2023 pour détournement de fonds, sa réélection controversée en détention, puis la révision verrouillée des statuts en mars 2025 avait durablement fracturé l’institution.

Au-delà des individus, cette crise révèle un système figé et mal conçu, incapable de se réformer de l'intérieur.

Les mécanismes internes étant épuisés, la décision revient désormais à la FIFA. Deux scénarios se dessinent : la convocation d’une Assemblée générale extraordinaire par le Secrétaire général sous 90 jours. Une option jugée juridiquement fragile et politiquement risquée dans ce climat de défiance. La mise en place d’un Comité de Normalisation (CONOR). Ce scénario, déjà expérimenté au Mali en 2018, semble le plus probable. Cette instance transitoire aurait pour mission de gérer les affaires courantes, de réviser les statuts de manière inclusive et d’organiser des élections crédibles.

L’exigence d’une refondation structurelle

Cet épisode doit marquer un tournant historique et non une simple parenthèse. Une refondation profonde est nécessaire pour équilibrer les spécificités locales et les normes internationales. Concrètement, ce chantier prioritaire doit s'articuler autour de quatre axes : un assainissement administratif rigoureux, notamment au niveau du Secrétariat général ; l'indépendance garantie des commissions électorales et juridictionnelles ; une relecture des statuts de 2025 pour corriger les ambiguïtés et rééquilibrer le corps électoral ; une rupture éthique portée par une nouvelle génération de dirigeants intègres.

Sans cette réforme en profondeur, un simple changement de visages ne ferait que reproduire les erreurs du passé. Pour le football malien et son immense potentiel, l’heure n’est plus aux solutions cosmétiques, mais aux choix courageux.


M. Sanogo
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