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Extradition hative de Paul Henri Sandaogo Damiba vers le Burkina Faso: Faure Eyadema souffle-t-il le chaud et le froid entre l’AES et la CEDEAO ?
Publié le lundi 26 janvier 2026  |  L'Alternance
Faure
© Autre presse par DR
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Sans surprise les autorités togolaises ont livré l’ancien Putschiste, le Lieutenant-Colonel Paul Henri Sandaogo Damiba aux autorités burkinabé qui le soupçonnent d’enrichissement illicite, de corruption, d’incitation à commettre des crimes, de harcèlement aggravé et de blanchiment, bref on le soupçonne d’être derrière une série de tentatives de déstabilisation des institutions du Faso. Si pour le ministre de la justice Togolais cette extradition est consécutive à un mandat d’arrêt émis par les autorités Burkinabé à l’encontre de Damiba et particulièrement à une demande d’extradition dument adressée au gouvernement togolais, il n’en demeure pas moins que cet acte suscite beaucoup de commentaires et cache mal le penchant de plus en plus visible des autorités togolaises vers l’AES. En effet, des nombreux observateurs pensent que cette extradition prouve à suffisance le bicéphalisme ambiant des autorités togolaises qui soufflent le chaud et le froid entre l’organisation sous régionale qu’est la CEDEAO, dont elles sont membres à part entière et l’Alliance des Etats du Sahel, AES, fondée par ceux qui ont mis entre parenthèses la démocratie dans leurs pays et violé les principes du protocole additionnel de la CEDEAO. L’extradition hâtive du Lieutenant-Colonel Paul Henri Sandaogo Damiba risque à coup sûr, de porter atteinte à la crédibilité du Président Togolais Faure Eyadema, qui pourtant était porté en estime par ses pairs de la CEDEAO et même par la Communauté internationale d’où son choix pour diriger certaines médiations. Faure a-t-il agi pour préserver les intérêts de son pays au détriment du droit ? Quelle devrait être la réaction de la CEDEAO après cette extradition que beaucoup considèrent comme illégale ?
C’est avec une grande incompréhension, une stupeur et une indignation certaine que les démocrates et autres défenseurs de droits de l’homme ont appris par voie de presse l’extradition hâtive du Lieutenant-Colonel Paul Henri Sandaogo Damiba vers le Burkina Faso où il est soupçonné d’un certain nombre de chef d’accusations comme entre autres le blanchiment des capitaux, l’enrichissement illicite, de corruption, d’incitation à commettre des crimes, bref d’être le cerveau de la déstabilisation des institutions du Burkina Faso. S’il serait prétentieux de notre part de nier la responsabilité de l’ancien Putschiste, Paul Henri Sandaogo Damiba dans la prétendue tentative de déstabilisation des institutions dont il est accusé, avant le procès, son extradition dans les conditions que l’on sait suscite beaucoup d’interrogations et de commentaires tant sur la forme que sur le fond et surtout au regard du droit. Pour rappel le Lieutenant- Colonel Damiba a été renversé par le Capitaine Ibrahim Traoré et depuis il vivait en exil au Togo avant d’être extradé le 17 janvier 2026.
Faure a-t-il agi pour préserver les intérêts de son pays au détriment du droit ?
La réponse est sans nul doute oui, car il ne fait l’ombre d’aucun doute que depuis la création de l’Alliance des Etats du Sahel ; AES qui regroupe trois pays continentaux, qui n’ont aucun débouché sur la mer, le Togo ne s’est pas véritablement éloigné d’eux. Il les courtise même dans le seul dessein d’obtenir des marchés économiques. En d’autres termes le Président Togolais veut obtenir des pays de l’AES de juteux contrats pour l’utilisation de ses ports maritimes et bien d’autres intérêts économiques et financiers. Et pour ce faire il est prêt à remettre en cause tous les principes sacrosaints auxquels son pays a souverainement souscrit, comme entre autres le respect des droits humains et de la démocratie. La question qui taraude les esprits est celle de savoir si en acceptant d’extrader le Lieutenant- Colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, le gouvernement togolais a eu toutes les garanties de la part des autorités burkinabé du respect de son intégrité physique, du droit à un procès équitable, de la présomption d’innocence jusqu’à la manifestation des preuves, de l’impartialité de la justice. S’il est vrai qu’un pays n’a pas d’amis, mais des intérêts, il est tout aussi inadmissible d’accepter toutes sortes de compromission pour préserver ces intérêts. Le Président Togolais fait désormais peser sur lui les soupçons de ses pairs d’être de connivence avec les Présidents de l’AES. Donc il souffle, à coup sûr le chaud et le froid, car il a souscrit souverainement aux principes de la CEDEAO qui sont aux antipodes de ceux de l’AES, surtout en faisant référence au Protocole additionnel pour la Démocratie et la Bonne gouvernance adopté en 2000 par les Etats membres de la CEDEAO. Le constat est qu’il fait fi de ces principes pour soutenir autre chose chose.
Quelle devrait être la réaction de la CEDEAO après cette extradition que beaucoup considèrent comme illégale ?
S’il serait injustifiable pour l’organisation sous régionale, qu’est la CEDEAO, de s’ingérer dans les affaires judiciaires d’un Etat fut-il membre, il est tout aussi inadmissible pour elle de s’accommoder de certaines pratiques violant non seulement ses principes, mais aussi et surtout mettant à rudes épreuves son aura et la confiance que beaucoup de citoyens de l’espace portent en elle. Après l’extradition du Lieutenant - Colonel Paul Henri Sandaogo Damiba par les autorités togolaises et surtout des lourds soupçons de connivence de ses autorités avec celles du pays du Faso, le Togo mérite au mieux un rappel à l’ordre ou au pire une sanction de la part de la CEDEAO. Cette dernière doit se réserver le devoir de dénoncer certains comportements tendant à discréditer, aux yeux de l’opinion publique de l’espace sous régional, la CEDEAO. Les agissements du Président Togolais sont de nature à porter atteinte à la crédibilité de l’organisation. En tout cas il est clairement établi que Faure roule à l’encontre des intérêts de la CEDEAO étant membre à part entière. Il souffle clairement le chaud et le froid, en d’autres termes il a un pied ici et un autre là-bas. A la CEDEAO d’apprécier.
Youssouf Sissoko
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