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Sécurité : le Mali reprend la main sur une filière de production d’explosifs
Publié le mardi 27 janvier 2026  |  aBamako.com
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© aBamako.com par DR
Sécurité : le Mali reprend la main sur une filière de production d`explosifs
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Le Mali franchit une nouvelle étape dans la réforme de son secteur minier et industriel. Le gouvernement a officialisé l’entrée majoritaire de l’État, à hauteur de 51 %, au capital d’une société spécialisée dans la production d’explosifs à usage civil, une décision à forte portée économique et sécuritaire, a-t-on appris lundi 26 janvier 2026.

À l’issue d’un récent Conseil des ministres tenu au Palais de Koulouba, les autorités ont adopté les textes autorisant la création de la Société Industrielle du Centre du Mali FARATCHI-CO-SA, en partenariat avec l’entreprise chinoise Auxin, sur la base d’un pacte d’actionnaires signé en novembre 2024. L’État malien y détient désormais la majorité du capital.

Selon le communiqué officiel, cette initiative vise plusieurs objectifs : développer une industrie locale des explosifs civils, renforcer la maîtrise de la chaîne d’approvisionnement, et améliorer les dispositifs de contrôle, de traçabilité et de sécurité liés à l’utilisation de ces produits sensibles, notamment dans le secteur minier.

Les explosifs civils sont principalement utilisés dans l’exploitation aurifère industrielle, les carrières et certains travaux de génie civil. Or, malgré son statut de l’un des premiers producteurs d’or en Afrique, le Mali dépendait jusqu’ici largement des importations pour s’approvisionner en explosifs, un paradoxe que les autorités entendent corriger.

Cette décision s’inscrit dans un contexte réglementaire de plus en plus strict. Depuis 2022, face aux enjeux sécuritaires liés au terrorisme et à la prolifération d’engins explosifs improvisés, Bamako a renforcé l’encadrement des substances dangereuses. Autorisations préalables, traçabilité renforcée, normes de stockage, contrôle du transport et surveillance accrue des sites d’exploitation font désormais partie des exigences imposées aux opérateurs.

Si ces mesures visent à limiter les risques de détournement à des fins illicites, elles ont également profondément modifié les conditions d’exercice des entreprises du secteur, soumises à des obligations accrues de déclaration et de coopération avec les services de sécurité.

Selon les données commerciales disponibles, le Mali avait importé pour environ 5,2 millions de dollars de produits liés aux explosifs et articles pyrotechniques au deuxième trimestre 2023, essentiellement pour des usages industriels autorisés, dans un environnement réglementaire déjà durci.

La mise en place d’une unité de production locale devrait ainsi permettre à l’État de mieux contrôler l’accès à ces produits stratégiques tout en réduisant la dépendance extérieure. Aucune précision officielle n’a toutefois encore été donnée sur la capacité de production, les volumes attendus ou le calendrier de mise en service de l’usine.

Cette initiative s’inscrit plus largement dans la dynamique de réforme du secteur extractif engagée ces dernières années. En 2023, le Mali a adopté un nouveau Code minier ainsi qu’une loi sur le contenu local, visant à accroître les retombées économiques nationales, renforcer la participation de l’État et structurer les chaînes de valeur autour des ressources naturelles.

Avec FARATCHI-CO-SA, les autorités maliennes affichent leur volonté de mieux intégrer les activités minières à l’économie nationale, tout en consolidant les garde-fous sécuritaires autour de produits à haut risque. Une orientation stratégique qui combine souveraineté industrielle, exigences sécuritaires et ambition de développement.


KM
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