PolitiquePremière réunion du Conseil d’administration de la BCID-AES : Le président de la nouvelle banque ainsi que le président du Conseil d’Administration connus
Publié le vendredi 30 janvier 2026 | Le Soir de Bamako
La première réunion du Conseil d’administration de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement de la Confédération des États du Sahel (BCID-AES) s’est tenue le mardi 27 janvier 2026 à Bamako, sous la présidence du ministre malien de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, également président du Conseil des gouverneurs.
Cette nouvelle institution financière, dotée d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA, a pour vocation d’accompagner le financement des projets de développement des pays membres de l’AES. À l’issue de cette rencontre inaugurale, les membres du Conseil d’administration ont été officiellement installés. Le Professeur Balibié Serge Auguste Bayala, ressortissant du Burkina Faso, a été porté à la tête de la Banque en qualité de président, tandis que le ministre Alousséni Sanou assure la présidence du Conseil d’administration. C’est dans un climat empreint de solennité que le président du Conseil des gouverneurs a procédé à l’ouverture des travaux. Dans son intervention, le ministre Sanou a souligné que la mise en place de la BCID-AES répond à une triple urgence stratégique : assurer la souveraineté financière de l’espace AES, mobiliser l’épargne intérieure au profit des infrastructures structurantes et soutenir un développement endogène conforme aux réalités sahéliennes. « Cette rencontre constitue un moment fondateur dans la vie de notre institution. Elle marque le passage concret de la vision politique portée par les Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel à sa matérialisation institutionnelle et opérationnelle, au service du développement économique, de la souveraineté financière et de l’intégration régionale », a-t-il déclaré à l’ouverture des travaux. Selon lui, la création de la BCID-AES répond à une exigence claire : doter la Confédération d’un outil financier propre, capable de mobiliser les ressources internes, d’orienter les financements vers les secteurs productifs et de soutenir les projets et programmes structurants, tout en tenant compte des réalités économiques et sociales des États membres.
S’adressant aux nouveaux administrateurs, le ministre a insisté sur le rôle central du Conseil d’administration dans la gouvernance de la Banque. Il a appelé à une gestion rigoureuse, transparente et responsable, inspirée des meilleures normes bancaires internationales, sans toutefois s’éloigner des valeurs de solidarité et de coopération qui fondent la Confédération.
« En tant que Conseil des gouverneurs, nous avons la responsabilité d’assurer la stabilité institutionnelle de la Banque, la solidité de son cadre de gouvernance et la cohérence de ses orientations stratégiques avec les objectifs de développement de l’AES. Le Conseil d’administration appelé à siéger aujourd’hui occupe à cet égard une place déterminante », a-t-il souligné. Prenant à son tour la parole, le président de la BCID-AES, le Professeur Balibié Serge Auguste Bayala, a précisé les grandes lignes de la phase de démarrage de l’institution. Il a indiqué que cette première session du Conseil d’administration sera essentiellement consacrée à l’examen de textes fondamentaux devant permettre le lancement effectif des activités. « Il sera question de revisiter l’architecture organisationnelle, d’examiner le règlement intérieur du Conseil et d’élaborer un chronogramme opérationnel, afin que, dans les prochains mois, la Banque puisse être pleinement installée et voir émerger les premiers grands projets confédéraux », a-t-il expliqué.
Le président Bayala a également rappelé l’ambition majeure de la BCID-AES, qui se concentrera sur des projets structurants à fort impact, notamment dans le secteur agricole, en vue de favoriser une transformation durable des économies du Burkina Faso, du Mali et du Niger.
Il a précisé qu’il ne s’agira pas d’une banque de micro-financement, mais bien d’une institution d’investissement et de développement destinée à accompagner les mutations économiques profondes des États membres. « La BCID-AES est avant tout une banque d’investissement et de développement. Elle a vocation à soutenir des projets majeurs capables de transformer durablement nos économies, tout en mettant en place des mécanismes de structuration financière permettant de mobiliser des ressources importantes au profit de nos États », a-t-il affirmé. À noter que cette première réunion du Conseil d’administration de la BCID-AES dépasse le simple cadre administratif. Elle marque une étape décisive dans la construction institutionnelle de la Confédération, qui se dote désormais d’un instrument financier stratégique destiné à soutenir son ambition de souveraineté économique et de développement intégré. ■