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Procès de l’affaire "Paramount-Embraer" : Réclusion criminelle à perpétuité requise contre cinq accusés et 10 ans contre treize autres
Publié le vendredi 30 janvier 2026  |  Aujourd`hui
Procureur
© aBamako.com par MS
Procureur du Pôle National Économique et Financier.
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Le Contentieux de l'Etat réclame le remboursement de plus de 18 milliards de F CFA

Après les débats houleux lors des différentes audiences devant la Chambre criminelle spécialisée dans les affaires économiques et financières du Pôle national économique et financier de Bamako, le procès "Ministère public contre Boubou Cissé et autres" relatif à l'acquisition de véhicules blindés et d'avions pour l'Armée malienne connu sous le nom de "Paramount-Embraer" impliquant 18 responsables civils et militaires, vient de connaitre une nouvelle phase avec le réquisitoire du procureur et du Contentieux de l'Etat. Si le premier a requis la réclusion criminelle à perpétuité contre ceux qui n'ont pas comparu et 10 ans de réclusion criminelle contre les accusés présents à l'audience, le second a réclamé le remboursement de plus de 18 milliards de F CFA, correspondant au montant des matériels qui n'ont jamais été livrés dans le cadre des contrats.


Premier à prendre la parole, le Contentieux de l'Etat s'est beaucoup appesanti sur la violation de certaines règles procédurales, notamment l'exclusion des chefs d'état-major des Armées des procédures contractuelles, l'absence de garanties d'exécution, l'utilisation abusive des fonds publics et le manque de contrôle et l'existence de documents falsifiés. Ainsi, se basant sur différentes accusations, il a réclamé la réparation du préjudice subi par l'Etat malien. En affirmant qu'aucune cérémonie de commission de réception des matériels n'a eu lieu et en se basant sur différentes accusations, il a réclamé la réparation du préjudice subi par l'Etat malien estimé à plus de 18 milliards de F CFA, dont 11 milliards pour le contrat "Paramount" et 7,477 milliards pour le contrat "Embraer".

Pour sa part, le parquet a rappelé certains passages du rapport à l'origine de la procédure dont la qualité été unanimement mise en cause par les accusés. A l'en croire, ce sont les faits qui sont jugés et non le rapport. Et de préciser qu'il peut être saisi par tous moyens. Dans réquisitoire, il est formel : "Aucune règle de la réglementation financière ni norme juridique n'a été respectée dans l'élaboration et l'exécution des contrats incriminés. Il y a une infraction financière manifeste. Plus de 11 milliards de F CFA ont été payés à la société Paramount sans aucune livraison de matériels".

Stratégie de dénégation systématique des faits

Le procureur ajoutera que les inculpés avaient tous opté pour une stratégie de dénégation systématique des faits reprochés. Toutefois, il a indiqué que cette approche ne pouvait prospérer face à la solidité des éléments présentés.


A ses dires, ce procès représente également une opportunité de réflexion pour les acteurs de l'Etat, en particulier envers ceux exercent dans des fonctions sensibles. "La dénégation systématique des faits ne peut prospérer devant la constance des faits. La mesure qui sera prise ici dans ce procès, au-delà des faits et de la constance, est une décision aussi qui doit nous amener nous tous cadres de l'Etat à réfléchir, surtout pour nos frères et sœurs qui sont engagés et pour lesquels nous avons énormément de respect", a-t-il renchéri.

Ensuite, le procureur a requis la réclusion criminelle à perpétuité contre les accusés absents, qui n'ont ni comparu ni été auditionnés, pour des faits de faux et usage de faux, atteinte aux biens publics, blanchiment de capitaux et complicité. Il a justifié cette requête par le fait qu'ils se sont volontairement soustraits à la justice de leur pays.

Avant de rappeler qu'ils répondront tôt ou tard devant la justice parce que les infractions criminelles sont imprescriptibles. Il s'agite des accusés Boubou Cissé, ancien Premier ministre et ministre de l'Economie et des Finances, Mamadou Igor Diarra et Tiéman Hubert Coulibaly, anciens ministres de l'Economie et des Finances, le colonel Mamadou Lamine Diakité de la direction des finances et du matériel du ministère de la Défense, Babaly Bah, ancien PDG de la Banque malienne de solidarité (BMS-SA).

Quant aux autres accusés présents lors des différentes audiences, le parquet a requis 10 ans de prison fermes à leur encontre pour des faits "de complicité active ou passive, ou pour abstention de signalement", dans des infractions "de faux, usage de faux, atténuant aux biens publics et blanchiment de capitaux".


Rendre justice aux citoyens maliens

Il s'agit, entre autres de Tiéna Coulibaly, ancien ministre de la Défense, des généraux Moussa Bemba Kéita et Mahamane Touré, tous anciens chefs d'état-major général des Armées, du colonel-major Souleymane Bamba, ancien sous-chef d'Etat-major de l'Armée de l'Air, du général Moustapha Drabo, ancien patron des hydrocarbures et du matériel de l'Armée, du colonel-major Nouhoum Dabitao, ancien directeur du commissariat des Armées, des colonels Abdoul Wahab Touré et Mamourou Togo, d'Aminata Doho, de Bougadaly Bah Mamadou N'Traoré, d'Abou Traoré et de Mamadou Koné.

Par ailleurs, le parquet a demandé à la Cour de donner suite aux requêtes de la partie civile. Car, selon lui, cette procédure doit aboutir à rendre justice aux citoyens maliens tout en envoyant un signal fort contre la corruption et le détournement des fonds publics.

A l'issue du réquisitoire du procureur, les avocats de la défense ont sollicité un délai de 48 h afin de leur permettre de mieux préparer leurs plaidoiries.

Il convient de noter que les cinq contre lesquels il a été requis une réclusion criminelle à perpétuité font tous l'objet de mandats d'arrêt internationaux en vigueur depuis 2022.

Boubacar Païtao

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