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’’Les premiers fonds de la BCID-AES ont été déjà versés par les états membres’’, dixit le ministre sanou
Publié le samedi 31 janvier 2026  |  L’Essor
Cérémonie
© aBamako.com par AS
Cérémonie de lancement du calendrier d`émissions des titres publics de l`année 2023
Bamako, le 23 février 2023. Le Ministre de l`Economie et des Finances, Alousséni SANOU, a présidé ce jeudi 23 février 2023, à l’hôtel Radisson Collection, la Cérémonie de lancement du calendrier d`émission des titres publics pour l`année 2023
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En marge de la cérémonie d’ouverture de la session inaugurale du Conseil d’administration de la BCID-AES, le ministre de l’économie et des Finances a accordé une interview à la presse. Alousséni Sanou est revenu sur les ambitions de cette institution financière confédérale

L’Essor : Ce conseil inaugural a commencé par une visite des locaux. Comment se présente l’architecture de la banque?

Alousséni Sanou: C’est une architecture qui est très bien adaptée au format d’une banque. Historiquement, cet endroit a abrité la Banque centrale du Mali, ensuite la Banque centrale des états de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) et, enfin, le Trésor. On l’a transformé pour lui donner une architecture plus moderne, tout mettant à disposition des grands espaces comme ce hall. On a vraiment voulu une architecture qui répond aux normes d’une banque d’investissement et de développement ; d’une banque qui a des clientèles institutionnelles.
Trois pays ont conçu cette banque. Le siège reflète cette dimension. Il est construit de telle sorte que le président et chacun de ses deux vice-présidents ait un étage à lui. Le président (qui est du Burkina Faso) est au premier niveau. Le deuxième niveau, c’est pour le vice-président chargé des opérations financières (Mali). Et le troisième est occupé par le vice-président chargé des opérations (Niger). Et comme vous l’avez vu dans la conception, chaque niveau est doté d’une grande salle de réunion.
Parce que le président et ses vice-présidents auront, chacun, en charge un certain nombre de domaines. Quand nous prenons par exemple le vice-président pour le Mali, tout ce qui va concerner la comptabilité, les finances, la recherche de financement, les équilibres, les ratios vont dépendre de lui. Et celui qui est chargé des opérations va s’occuper de tout ce qui est procédures avec les clients, l’administration générale, etc. Donc, on a fait de sorte que chacun puisse avoir des bureaux et se réunir, au besoin, à l’aise. En bas, on a même des Open space, prévus généralement pour le secrétaire général qui est le bras armé du président.
L’Essor : On constate, par ailleurs, un dispositif sécuritaire corsé au sein institution.
Alousséni Sanou: Nous sommes dans une situation d’insécurité. Il était indispensable que nous puissions mettre tout ce qui est mesure sécuritaire à l’intérieur et autour de cette institution. Donc, nous avons mis des caméras de surveillance partout et à tous les niveaux, et même autour de la banque. On a mis en place un bureau spécial de contrôle qui surveille (jour et nuit) et qui enregistre l’ensemble des mouvements. Ce dispositif doit nous permettre de dissuader les éventuelles personnes malintentionnées.
L’Essor : Quels sont les principaux objectifs assignés à cette banque ?
Alousséni Sanou : Quand on a fait la feuille de route de l’an de l’AES qui a été validé par les trois chefs d’état, l’un des éléments importants était d’assurer la souveraineté. Comme vous le savez, les trois pays ont une histoire presque commune et il faut rappeler quel a été le poids de tout ce qui est attaques extérieures par rapport à ces trois pays. Qui dit cela dit essayer d’assurer sa souveraineté tant que faire se peut. Comme j’ai l’habitude de le dire, la souveraineté, c’est de pouvoir produire tout ce qu’on peut faire chez nous et de pouvoir importer tout ce qu’on ne peut pas produire chez nous.
Et à ce niveau, la souveraineté commande pour les importations deux choses. D’abord, créer des offices pour permettre d’avoir des stocks commerciaux de sécurité pour pouvoir assurer la régularité de l’approvisionnement et des prix. Et, au-delà, assurer des couloirs d’approvisionnement pour ces produits dont nous ne développons pas la production chez nous. Donc, l’objectif essentiel est développer la production chez nous.
Pour ce faire, il faut se doter des moyens de financement. Un des premiers moyens de financement, c’est de créer cette banque confédérale pour l’investissement et le développement. Il s’agit d’une banque qui a pour principal objectif de financer les projets structurants, intégrateurs et fédérateurs qui vont permettre non seulement d’assurer le financement du développement de notre zone, mais aussi de faciliter l’intégration, la mobilité et de fédérer les énergies autour des grands projets, afin que nos populations vivent mieux.
L’Essor : Quels sont les secteurs prioritaires que cette banque peut accompagner ?
Alousséni Sanou : Ce sont des secteurs où nous avons les capacités de développer facilement notre économie et là où nous avons encore du potentiel important d’exportation. Chez nous, c’est l’agriculture et l’industrie qui va avec. Parce que l’agriculture, c’est toute la chaîne de valeur. Donc, la transformation des produits agricoles. Tout cela nécessite qu’on ait de l’énergie ; qu’on ait des infrastructures de transport des zones de production vers les zones de commercialisation. Il y a aussi l’élevage. C’est vraiment tous les secteurs dans lesquels nous avons une forte valeur ajoutée et que nous pouvons développer plus facilement.
L’Essor : Comment sera constitué le capital de la BCID-AES?
Alousséni Sanou : Le capital est extrêmement important. C’est un capital de 500 milliards de Fcfa et les états membres doivent apporter 10 milliards chaque année. Déjà, les premiers fonds de 2025 ont été versés par les états. Ils doivent poursuivre le financement de ce capital pour qu’elle puisse assurer pleinement le rôle qui est le sien.
L’Essor : Ce premier conseil des administrateurs donne-t-il le ton des activités ?
Alousséni Sanou : à la création de la banque, le premier acte qui devait être posé était le premier conseil des gouverneurs. Les gouverneurs, ce sont les ministres des Finances.
Nous avons tenu l’assemblée constitutive de la banque en tant que conseil des gouverneurs et nous avons validé les documents qui nous intéressaient, à savoir les statuts de la banque. Une fois ces statuts signés, on peut dire que l’acte de naissance de la banque était là.
Après, lorsqu’on a fait les études pour voir quels peuvent être la pertinence et l’apport de cette banque, on a demandé à des cabinets (maliens, burkinabè, nigérien) de travailler pour nous donner de la matière.
Ils ont travaillé sur les procédures, les accords d’établissement, l’organigramme, le manuel de procédure comptable, le système d’information, les textes juridiques... Tous ces textes qui doivent permettre à la banque de fonctionner ont été adoptés.
Et le conseil des gouverneurs n’avait plus pour rôle que d’en prendre acte et de demander au conseil d’administration de se réunir au plus tard le 31 janvier pour valider les documents, afin que la BCID ait un organigramme clair, et des procédures claires de recrutement, d’octroi de crédit….
Donc, aujourd’hui, il s’agit de valider tous les documents pour que la banque puisse commencer la mise en œuvre de ses activités.
L’Essor : Quel message avez-vous à l’endroit des peuples du Sahel?
Alousséni Sanou : Je voudrais les remercier pour la confiance qu’ils ont placée en nous, pour leur accompagnement et surtout pour leur résilience.
Nous savons que ce moment n’est pas facile, il y a beaucoup d’enjeux. Tout ce qui passe (les attaques terroristes, les attaques sur les réseaux sociaux, les attaques économiques, les destructions de biens…), c’est pour nous amener à changer de cap.
Heureusement que les peuples du Sahel ont compris, il faut vraiment les saluer, les féliciter et les encourager.
Propos recueillis par Issa DEMBELE
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