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Chronique : Quand la Sèbile remplace le Coran
Publié le lundi 2 fevrier 2026  |  L’aube
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À chaque carrefour de Bamako, sous un soleil de plomb ou dans la poussière étouffante des gaz d’échappement, ils sont là. Petites silhouettes frêles, boîtes de conserve vides à la main, récitant des versets entre deux sollicitations. On les appelle les «Garibous».
Mais derrière ce terme se cache une réalité que notre société refuse trop souvent de regarder en face : une exploitation systémique qui coche toutes les cases de la maltraitance et de l’esclavage moderne.

Des promesses au déracinement, tout commence généralement dans nos zones rurales profondes.

Le piège du recrutement est actionné par des recruteurs, souvent parés d’une aura de respectabilité religieuse, promettent aux parents une éducation pieuse à leur enfant. Pourtant, le Coran est clair sur la responsabilité de nourrir et protéger sa progéniture : «Ne tuez pas vos enfants pour cause de pauvreté. Nous vous nourrissons tout comme eux» (Sourate Al-An’am, Verset 151). En cédant un enfant sous la pression, la famille ignore que ce "contrat spirituel" sera rompu dès l'arrivée dans la capitale, où l’éducation est sacrifiée sur l'autel du profit urbain. Comme les anciens arabes qui tuaient leurs enfants par crainte de la famine.

L’analyse des indicateurs de terrain, basée sur les standards du Bureau International du Travail (BIT), montre que nous sommes face à une mécanique de traite dont l'anatomie repose sur un système de coercition sans recours ni retenue. L'enfant est alors considéré comme un objet alors qu'en Islam, il est une «amana», un dépôt sacré. Sous ces conditions, arriver à carrément détourner la mission d'enseignement vers l'exploitation financière est une trahison flagrante de ce dépôt divin.

D'autant que cette coercition au quotidien de ces enfants est marquée par une exploitation absolue ressemblant à un enfer vécu et pour un résultat de productivité sans repos qui ne leur profitera pas. Même pour une ponction pour soi-même.

Ainsi, leurs journées s'étirent sur dix à douze heures d'errance forcée, sans repos, pour une rémunération nulle. Comment ces maîtres peuvent-ils espérer la miséricorde divine tout en infligeant la violence et l'humiliation à des êtres dont ils ont la charge ? L’Interpellation est publique !

Pour aller vers une modernisation humaniste de l'enseignent coranique, il faudra s'inspirer du modèle de modernisation des daaras, comme initié au Sénégal. C'est tout sauf renier notre foi islamique. Au contraire, c'est l'honorer. Avis aux disputailleurs friands de vains polémique détestés par Dieu. Comprenons une fois pour toute, qu'un enfant épanoui, soigné et respecté apprendra mieux la Parole d'Allah qu'un enfant épuisé par la rue.

Il est temps d'interpeller les consciences. Aux maîtres : la sébile n'enseigne pas le Coran, elle apprend la ruse et la souffrance. Aux parents : votre responsabilité devant Dieu ne s'arrête pas au pas de la porte de la daara. À l’État : la protection de l'enfance doit devenir une priorité régalienne. Brisons ce cycle. La mendicité n’est pas une fatalité culturelle, c’est une défaillance de notre humanité.

Cette chronique serait bien conclue avec des témoignages de poids d’ex-victimes, si... Mais où les trouver si ce n'est dans le contingent des pseudos "djihadistes, éléments égarés et recrutés pour servir le roi-argent et agir dans le mal ? Pour s'en convaincre, il suffit juste de s'interroger sur le comment ils se sont reconstruits après une enfance volée ? Vous ne serez pas loin de la réponse.

MKL
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