A Mesdames et messieurs les représentants de la Presse nationale, régionale, internationale et en ligne regroupés au sein de La Maison de la Presse (ACCES – AJPLM – AJSM– AMAP – AMATEL - APPEL-Mali – APPEM – ASSEP – ESJSC -FONSOPRESSE – GIGMA – GPAC – GPPE – ORTM – RJDH - TV AES – UNAJEP – UNAJOM –UJRM – URPM – URTEL)
Mesdames et messieurs,
Depuis plus d’un quart de siècle depuis 1999, soit exactement vingt-sept ans je présente, année après année, mes vœux à la grande famille de la presse. Je le faisais alors en ma qualité de chef d’un parti politique : le Congrès National d’Initiative Démocratique - Faso Yiriwa Ton.
L’initiative, devenue une tradition, a par la suite été reprise par les Chefs d’État, la classe politique et d’autres acteurs de la vie publique malienne.
À l’orée de cette année 2026, me remémorant ma brève mission de Directeur de publication en des moments difficiles, et me croyant, à tort ou à raison diront certains, démocrate profondément convaincu du rôle et de la place des médias dans notre pays, je voudrais adresser, en mon nom et en ma qualité de citoyen viscéralement attaché à la presse, mes vœux de bonne et heureuse année à l’ensemble des actrices et acteurs de ce segment essentiel à la vie de la Nation.
Mesdames et messieurs,
Le 17 janvier 2024, présentant mes vœux à la presse, j’ai conclu en ces termes : « Voici exactement 25 ans que je vous présente, en mon nom et en celui du CNID-FYT, mes vœux. Je souhaite — et je prie ALLAH SWT de m’entendre — que ces vœux soient les derniers que je présente au nom de ce parti, le Congrès National d’Initiative Démocratique (CNID-Faso Yiriwa Ton), qui m’a tant donné. Cela ne signifie nullement que la tradition, aujourd’hui ancrée et adoptée par beaucoup, sera remise en cause : elle se poursuivra et s’améliorera sans doute, Inch’ALLAH ! Ainsi, je ne vous fais pas un adieu ; j’exprime juste un souhait : vous formuler mes vœux ailleurs, autrement. »
En effet, lors de ces vœux, j’avais exprimé le désir d’une nouvelle orientation personnelle, qui me déchargerait de mes responsabilités partisanes. Cette évolution est aujourd’hui imposée par la dissolution des partis politiques que je continue, avec d’autres, de contester devant les tribunaux.
Cette profession de foi de 2024 confirme, si besoin en était, que la Résistance par le Droit que nous menons ne procède d’aucune ambition personnelle : ma décision de quitter la vie partisane avait été officiellement annoncée. Elle sera définitive à l’issue des batailles judiciaires en cours, conduites au nom de la préservation de la Démocratie, de la République et des Libertés.
Mesdames et messieurs,
Faire des vœux, c’est souhaiter la réalisation de ce que l’on souhaite pour soi ou pour autrui, et contribuer, autant que possible, à leur concrétisation.
À la presse, pour l’année 2026 je formule les dix (10) vœux suivants :
1. la dépénalisation des délits de presse, cruciale pour garantir une expression libre, mais aussi et surtout responsable ;
2. le renforcement des structures faîtières, avec notamment l’opérationnalisation du Conseil des Pairs ;
3. un pouvoir accru, ainsi qu’une meilleure organisation et une plus forte implication de vos structures faîtières dans la gestion des affaires de la presse ;
4. une formation initiale et continue de haut niveau ;
5. une aide publique effective qui contribuerait à la consolidation d’une presse libre et économiquement viable ;
6. l’opérationnalisation rapide du FONSOPRESSE ;
7. la libération de tous les journalistes privés de liberté et la fin de toute forme de privation de ces libertés ;
8. l’établissement de relations de bonne collaboration et de compréhension mutuelle avec les institutions assurant la « tutelle » fonctionnelle (Ministère – HAC), ainsi qu’avec les acteurs des réseaux sociaux ;
9. l’exercice de la profession dans un environnement sûr et libre de toute entrave, partout dans le monde. A cet égard, j’ai une pensée particulière pour vos confrères journalistes — notamment ceux qui sont enlevés, portés disparus, empêchés d’exercer leurs fonctions, emprisonnés ou même assassinés ;
10. la fin de la confusion entre médias publics et médias d’État.
Mesdames et messieurs,
Au-delà de la presse, je formule pour la Nation dix (10) vœux.
Que :
1. la paix se substitue aux affrontements et à la guerre ;
2. la résilience cède la place à la prospérité ;
3. le dialogue et l’entente remplacent la contrainte sous toutes ses formes ;
4. la production de richesses nationales réduise le recours fréquent voire permanent aux emprunts ;
5. les inaugurations suivent effectivement les poses de première pierre ;
6. le vécu quotidien de nos compatriotes annonce la concrétisation des promesses de lendemains qui chantent pour eux ;
7. le rassemblement exclue les exclusions ;
8. la Justice s’impose en toute circonstance et que force reste toujours à la Loi ;
9. la normalité remplace les crises et leur gestion aléatoire ;
10. la fin de la Transition avec des élections régulières, libres, démocratiques, transparentes et inclusives soit annoncée.
Enfin, je réitère mon vœu de voir reconnaître pleinement la dimension spirituelle de notre société par l’inscription du Nouvel An hégirien parmi les fêtes légales en République du Mali et l’adoption des mesures réglementaires pour rendre effectif le mariage religieux.