Au Mali la discorde et les ruptures ont atteint le summum au point de n’épargne même les cérémonies de présentation de vœux pour le nouvel, en tant que le climat de méfiance et de désamour rechigne à s’assagir.
C’est ainsi que l’année 2026 débute tambour battant avec le tumultueux nouveau feuilleton opposant les leaders religieux. Il est consécutif au discours jugé controversé du président du Haut conseil islamique, lors des traditionnelles présentations de vœux à Koulouba. Sans exhumer la teneur convulsive du propos incriminé, il faut admettre qu’il fait couler assez d’encre pour résister à l’érosion du temps. Selon les échos qui nous reviennent, bon nombre de musulmans de différents courants islamiques digèrent mal encore que le président du Haut conseil islamique soit allé prêcher pour sa propre chapelle au Palais présidentiel en incitant les autorités à régler des comptes à ses détracteurs. L’épisode n’a de cesse d’alimenter la polémique et d’attiser les bisbilles au sein d’une communauté musulmane malienne plus que jamais divisée. Sauf que la salve de griefs qu’a inspirée le discours polémique a manifestement fait de l’ombre à sa réelle quintessence qu’est le plaidoyer du président du Haut conseil islamique en faveur des hautes personnalités exilées à l’étranger. Beaucoup affichent du scepticisme sur la sincérité de cette posture de rassembleur et préfèrent s’appesantir uniquement sur ce qu’elle considère comme coup de Jarnac. Rien de surprenant à cela quand on sait que le Malien est plus enclin à chercher la petite et la part crapule d’une personne qu’à retenir ce qu’elle fait de positif. En tout état de cause, bien inspirer sera le Mali dans toutes ses composantes de s’extraire des faux débats et problèmes pour faire face aux réels défis qui assaillent le destin du pays. On ne saurait passer sous le boisseau, somme toute, le coup fatal que l’épisode vient de porter à la dynamique de réconciliation nationale et ses réussites surfaites pour lesquelles tant de ressources sont consacrées via le département ministériel qui lui est dédié. En effet, les profondeurs de la rupture entre tendances musulmanes viennent se greffer à d’autres malaises communautaires habilement mis sous les tapis du déni ou des approches superficielles.