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Du CMLN au CNSP: La désillusion, le doute et le ressentiment gagnent de larges fractions de l’opinion
Publié le mardi 3 fevrier 2026  |  L’Inter de Bamako
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Après soixante-cinq (65) ans de souveraineté nationale, aucune lueur d’espoir ne se dessine à l’horizon. Le Mali est malade. Une maladie causée par certains dirigeants. La mauvaise gouvernance devient un système de gouvernement. Beaucoup de médecins sont venus au chevet du grand malade qu’est le Mali. Impossible ! Or c’est un virus qui le ronge depuis 1970 jusqu’à maintenant. Des spécialistes européens, américains (Banque mondiale, le Fonds monétaire international-FMI, UE) sont encore là pour guérir la maladie. Toujours irréalisable !
Cependant, le mal est causé par les ressources humaines. Le pays est alité plus de soixante-cinq (65) ans, aucun dirigeant, ni spécialiste n’a pu le soigner. On dit que la gouvernance s’améliore, sauf la corruption. Le Mali est perçu comme «extrêmement corrompu».
Depuis le 18 août 2020 date de la «passation de pouvoir» entre le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) et les militaires, un président de la transition se trouve au poste de commandement de l’État malien. Les modes d’exercice du pouvoir ne sont pas uniformes, un président désigné a durée «illimitée». Pas d’élection présidentielle. Un Conseil national de transition (CNT) qui sert de relais entre le peuple et le gouvernement. Des membres du CNT émanant de la transition. La position de cette transition est si dominante que l’on serait tenté de parler d’un système de parti unique.
L’année 2026 marquera un temps fort et un tournant crucial dans la vie politique du Mali. Cinq (05) ans de transition passés sans tenir des élections, trois Premiers ministres se sont succédé, en cinq (05) ans. Cela signifie que la transition est caractérisée par un manque de vision politique à moyen et long termes, exprimé par une trop grande instabilité gouvernementale par la nomination de trois (03) Premiers ministres: Moctar Ouane (septembre 2020- mai 2021), Dr Choguel Kokalla Maïga (juin 2021-novembre 2024), Abdoulaye Maïga (novembre 2024 à nos jours).
L’administration publique a basculé dans l’uniforme militaire et le treillis. Toute l’administration aurait été militarisée. L’organisation d’élections n’est plus une priorité, les partis politiques sont dissouts. Les élections ne sont pas au programme pour le moment. La désillusion, le doute, le ressentiment ont gagné de larges fractions de l’opinion. Trois (03) enjeux majeurs se profilent. Tout d’abord sera mis à rude épreuve le pouvoir d’État que détient Assimi Goïta depuis cinq (05) ans. Cette exceptionnelle longévité politique a de quoi surprendre dans un pays marqué par une instabilité chronique. Elle peut constituer un handicap pour le président, certains rêvant d’un simple changement des acteurs sur la scène publique, d’une redistribution des premiers rôles. D’autres d’une rentrée dans les casernes des militaires.
En 1992, le même scenario s’était posé lorsque les militaires du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP) voulaient confisquer le pouvoir, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) a dit niet.
Aujourd’hui, le manque d’argent et la pauvreté accentuent une grave crise politique et sociale. Les Maliens souffrent ! Quelles sont les différences entre le paysage politique de 2013 et celui de 2025 ? Le coup d’État du 18 août 2020 ouvrit la voie à une longue période de régime d’exception. Une option souverainiste est initialement proclamée. Un directoire politico-militaire centralisé et hiérarchisée, exerce les pleins pouvoirs.
Les partis politiques sont interdits. La vie publique est strictement encadrée et contrôlée. L’ordre d’urgence se fixe pour priorités la remise en ordre, la stabilisation, la relance d’un pays que les régimes qui ont succédé à Modibo Keïta ont précipité dans le chaos et le marasme économique. Deux (02) logiques semblent se combiner, voire se contredire.
À la base une logique de mobilisation sociale et politique qui s’exprime à travers certains «vidéomens». Au sommet, une logique de contrôle et d’encadrement qui se traduit par une reprise en main étatique et l’imposition d’un pouvoir concentré et personnalisé.
Entre 2026 et 2063, la troisième logique s’imposera à la première: l’imposition d’un modèle politique uniformisé.
Le pouvoir du dictateur Moussa a vécu vingt et un (21) ans, mais il n’a pas pu relever le défi du changement attendu par le peuple. Ce fut le contraire. Moussa Traoré et son Comité militaire de libération nationale ont fait pire que Modibo Keïta. Le CMLN a dit au peuple malien qu’ils étaient venus pour redresser la situation économique et sociale et les dérapages de Modibo Keïta et de son parti l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (USR-DA).
Aujourd’hui, c’est un schéma de l’ancien parti unique qui pointe à l’horizon. Le parti unique, dit-on, est un marchepied pour l’accession des jeunes militants à des responsabilités de plus en plus élevées, d’où l’importance des organisations de jeunesse du parti et de leurs responsables, qui peuvent rêver de faire carrière. Toutefois, le climat d’insatisfaction et d’indécision n’est pas forcément favorable au pouvoir en place.
Le président de la transition ne peut plus s’en remettre à son dynamisme, à son charisme personnel, à son bilan. En manque d’alliances politiques (partis dissouts), il lui faut impérativement trouver de nouveaux appuis dans l’opinion. De sa capacité à apporter des réponses à l’obscur désir du changement, à frayer les pistes d’un renouveau dépendra en définitive la réussite ou le naufrage.
Le courant «CNSP» n’est pas sorti de sa léthargie. Cinq ou six généraux des forces armées s’y disputent l’influence. Les tentatives d’unification sont partielles et artificielles. Nulle personnalité d’envergure n’émerge. La stratégie politique reste indécise entre ceux qui souhaitent réaffirmer une identité du changement et ceux qui penchent pour la continuité du régime Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). Le vent est à la conditionnalité démocratique.
Amy SANOGO

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