Suspendu pendant quarante-huit heures à la demande de la défense, le procès Paramount–Embraer a repris le jeudi 29 janvier 2026 devant la Chambre criminelle spécialisée en matière économique et financière.
Une vingtaine d’avocats se sont alors succédé à la barre pour contester le réquisitoire du ministère public et demander la libération pure et simple de leurs clients.
À 9 h 15, le président de la Chambre, le magistrat Samba Tamboura, a rouvert les débats en donnant la parole aux conseils de la défense.
Le premier à intervenir fut Malick Coulibaly, conseil de Tiéna Coulibaly, poursuivi pour faux, usage de faux, atteinte aux biens publics, blanchiment et manquement à ses devoirs.
L’avocat a rappelé le parcours de son client, de l’époque du régime de Moussa Traoré aux gouvernements démocratiques, soulignant ses précédents acquittements dans des dossiers criminels et économiques. Selon lui, Tiéna Coulibaly n’a jamais détourné de fonds publics.
Sur le fond, Me Coulibaly a vigoureusement rejeté le rapport à l’origine des poursuites, estimant que l’État du Mali avait failli à ses engagements contractuels, rendant nécessaire la signature d’un avenant pour sauver le contrat et permettre la livraison des premiers avions Super Tucano.
« Il ne s’agissait pas d’un nouveau contrat, mais d’une extension du contrat initial », a-t-il insisté.
Ses confrères Mes Mamary Diarra et Mamadou Camara ont abondé dans le même sens, qualifiant le rapport d’audit de document sans valeur probante. « L’élément matériel manque royalement dans ce procès », a martelé Me Camara.
Les avocats de Abdoul Wahab Berthé ont également rejeté les accusations, dénonçant des faits « sans consistance ».
Dabitao et les généraux : absence d’infraction, selon la défense
Le vendredi 30 janvier, les plaidoiries se sont poursuivies avec Mes Mountaga Tall et Dianguine Tounkara, conseils du commissaire colonel-major Nouhoum Dabitao, poursuivi pour complicité de faux, atteinte aux biens publics et blanchiment.
Les avocats ont soutenu que le seul acte reproché à leur client, un paiement de 18 milliards FCFA effectué le 5 octobre 2016, sous le ministre Abdoulaye Idrissa Maïga, ne saurait constituer une infraction pénale.
« Nul ne peut être complice de soi-même. La complicité suppose un fait principal punissable et des auteurs identifiés », a argumenté Me Tounkara.
Le samedi 31 janvier, les plaidoiries ont continué pour les généraux Mahamane Touré, Mbemba Moussa Keita et Souleymane Bamba, tous poursuivis pour des faits similaires. Leurs avocats ont unanimement contesté les charges et remis en cause le rapport d’audit.
Le lundi 2 février 2026, la défense du général de division Moustapha Drabo a clos cette série de plaidoiries en reprenant les mêmes arguments : absence d’infraction caractérisée et fragilité juridique du rapport ayant fondé les poursuites.
Depuis l’ouverture des plaidoiries, un même leitmotiv traverse l’ensemble des défenses : le dossier reposerait sur un rapport sans assise légale, incapable d’établir les éléments constitutifs des infractions reprochées.