Dans l'espace de la sous-région, le chemin vers la Terre Sainte dessine une courbe étonnamment inégale.
Au Niger, le fidèle s'apprête à partir avec l'esprit allégé par une baisse des tarifs, le prix ayant été plafonné à 3 184 469 FCFA. C'est le tarif le plus bas identifié, fruit d'une régulation stricte de l'État pour protéger le pouvoir d'achat des croyants.
À quelques kilomètres de là, au Togo, la dynamique est similaire. Le coût a été fixé à 3 220 000 FCFA, marquant une baisse de 50 000 francs par rapport à l'année précédente. Cette réduction, couplée à une subvention pour l'achat de l'eau Zam-Zam, témoigne d'une volonté d'accompagner le pèlerin dans les moindres détails de son voyage spirituel.
Le Burkina Faso, bien qu'ayant un tarif légèrement supérieur de 3 285 000 FCFA, a fait le choix de la transparence et du confort en incluant désormais la restauration pour toute la durée du séjour. Ce package complet rassure les familles, évitant aux pèlerins des dépenses imprévues une fois sur place.
C'est au bout de cette route que le Mali se distingue, hélas, par les sommets qu'il atteint. Avec un prix de 4 166 425 FCFA pour la filière gouvernementale et grimpant jusqu'à 4 675 000 FCFA pour le privé, le pèlerin malien doit débourser près d'un million de francs CFA de plus que ses voisins nigériens ou togolais.
Pourquoi une telle différence ?
Ce "surcoût malien" ne s'explique pas par une distance géographique plus longue, mais par des facteurs internes douloureux. Tandis que nos voisins optimisent les coûts par des subventions ou des négociations groupées, le Mali a été freiné par : Une discorde institutionnelle:
▪︎ Le bras de fer entre la Maison du Hadj et les agences de voyages privées a créé un climat d'incertitude, là où la cohésion aurait permis de peser davantage sur les tarifs des prestataires saoudiens.
▪︎ L'absence de subvention directe : Contrairement au Togo, l'État malien ne semble pas avoir actionné de levier pour éponger une partie des frais, laissant le fidèle supporter seul l'inflation des services à Mina et Arafat.
▪︎ Un calendrier de paiement serré : L'anticipation des inscriptions (fixées au 31 décembre 2025 pour l'édition 2026) a mis une pression financière inédite sur des ménages déjà éprouvés par la conjoncture économique.
En somme, là où le Niger et le Togo ont réussi à transformer l'organisation du Hadj en un service social et spirituel accessible, le Mali semble avoir laissé la loi du marché et les tensions administratives dicter le prix de la foi.