Le verdict, attendu le vendredi 6 février 2026 dans l’affaire dite « Paramount- Embraer », n’a finalement pas été rendu.
La Chambre criminelle spécialisée en matière économique et financière a décidé de rabattre le délibéré et d’ordonner un complément d’information, estimant le dossier insuffisamment éclairé pour être jugé en l’état. Une décision qui relance les débats et fragilise davantage une instruction déjà fortement contestée par la défense.
Le dénouement judiciaire de l’affaire Paramount devra encore attendre. Alors que la décision de la Chambre criminelle était très attendue, la juridiction a choisi de surseoir à statuer et de renvoyer le dossier pour complément d’information, considérant que plusieurs zones d’ombre subsistent et empêchent une appréciation sereine des faits.
Pour ce faire, la Cour a désigné un magistrat chargé d’accomplir des actes d’instruction précis, destinés à éclairer les points restés obscurs. Cette mesure, rarement anodine à ce stade de la procédure, est perçue par de nombreux observateurs comme un sérieux revers pour l’accusation. Elle revient, en filigrane, à reconnaître les insuffisances de l’instruction initiale, pourtant validée par la Cour suprême.
Une instruction contestée, un audit décrié
Depuis l’ouverture du procès, les avocats de la défense dénoncent avec vigueur la faiblesse des éléments à charge, s’attaquant particulièrement au rapport d’audit sur lequel repose l’essentiel de l’accusation. Selon eux, ce document ne présenterait aucune valeur probante et ne permettrait pas d’établir des responsabilités pénales claires.
La décision de la Chambre criminelle semble donner du crédit à ces critiques, en consacrant la nécessité d’investigations complémentaires avant toute décision sur le fond.
Dans le cadre de ce complément d’information, la Cour prévoit notamment l’audition du Contrôleur général des services publics. Celui-ci devra s’expliquer sur l’exécution du budget alloué à la Loi d’orientation et de programmation militaire, ainsi que sur les contrats d’équipements militaires au cœur de la procédure.
Aussi, les sociétés Paramount et Embraer seront invitées à produire un état détaillé des éléments relatifs aux deux contrats incriminés, afin de permettre à la juridiction de disposer d’une vision plus complète des engagements, des montants et des modalités d’exécution.
La reprise de l’audience est fixée au 23 mars prochain. D’ici là, l’affaire Paramount demeure dans une zone d’attente judiciaire, prolongeant l’incertitude pour les prévenus comme pour l’opinion publique, dans un dossier emblématique mêlant défense nationale, finances publiques et exigence de transparence.
Il faut rappeler que le procès Paramount au Mali, concernant des surfacturations d'équipements militaires, a conduit en février 2026 à de lourdes réquisitions. Le parquet a demandé la perpétuité pour les accusés absents (ex-ministres, hauts gradés) et 10 ans de prison pour les présents, ciblant des figures de l'ère IBK pour corruption et atteinte aux biens publics.