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La période de décrue du fleuve Niger : Le bon moment pour curer et concasser les roches dangereuses
Publié le lundi 9 fevrier 2026  |  Le challenger
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© aBamako.com par Momo
Le Fleuve Niger appelé “Fleuve Djoliba” au Mali
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La décrue progressive du Djoliba est le moment propice pour les travaux de sécurisation du lit du fleuve, notamment le curage et le concassage des roches qui constituent un danger réel pour les usagers et les populations riveraines.

Selon plusieurs riverains, de nombreuses noyades enregistrées pendant la période de crue seraient liées à la présence de grosses formations rocheuses dans l’eau. Certaines de ces roches, creusées par l’érosion, forment des cavités semblables à des cases sous l’eau. Selon des témoignages recueillis, des personnes qui s’y retrouvent piégées ont très peu de chances de s’en sortir. On attribue souvent cet acte à des ‘’diables’’. Cette situation constitue une menace permanente pour les pêcheurs, les piroguiers, les baigneurs et pour tous ceux qui fréquentent le fleuve.


La période de décrue apparaît ainsi comme le moment idéal pour mener des opérations de curage du lit du fleuve et de concassage des roches les plus dangereuses. À défaut d’une élimination systématique de ces obstacles naturels, il faut au minimum, l’installation de repères de danger visibles même en période de crue, afin d’alerter les usagers et de réduire les risques d’accidents.

Au-delà de la question sécuritaire, le fleuve Niger demeure un soubassement stratégique de développement pour les villes et villages riverains, notamment sur l’axe Bamako-Koulikoro et même au-delà, où il peut jouer un rôle majeur dans le transport fluvial, la pêche, l’irrigation et les activités économiques locales.

Intervention coordonnée

Pourtant, malgré l’existence de départements et de programmes dédiés à l’environnement et à la gestion des ressources naturelles, les actions structurantes visant l’entretien et l’aménagement du fleuve restent se font désirer. Pour de nombreux observateurs, une intervention coordonnée des autorités publiques, des collectivités territoriales et des partenaires techniques réduirait non seulement les risques de noyades, mais valoriserait davantage ce patrimoine naturel majeur au service du développement économique et social des populations riveraines.

Navigation sur le fleuve Sénégal

De Saint-Louis à Ambidédi, bientôt une réalité !

Le projet de restauration de la navigation sur le fleuve Sénégal est sur la voie de sa phase opérationnelle. Autorisée par la 78e session ordinaire du Conseil des ministres de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) tenue, les 30 et 31 janvier, à Nouakchott, sous la présidence du ministre malien de l’Energie et de l’Eau, Boubacar Diane, et en présence du Haut-commissaire de l’OMVS, Mohamed Abdel Vetah. Les ministres des pays membres de l’OMVS (Guinée, Mali, Mauritanie et le Sénégal) ont autorisé le lancement de la première phase des travaux en avril 2026. Une étape décisive qui pourrait impacter positivement les échanges commerciaux et l’intégration économique régionale, tout en offrant au Mali un accès-clé à la mer.

Le corridor fluvial entre Saint-Louis et Ambidédi est long de 905 kilomètres. Le projet vise à rétablir une navigation efficace et pérenne reliant le port de Saint-Louis, au Sénégal, au futur terminal fluvial d’Ambidédi, à une dizaine de kilomètres de Kayes, au Mali. Ainsi, à terme, les marchandises débarquées au port maritime de Saint-Louis pourront être acheminées directement par voie fluviale, jusqu’au territoire malien, réduisant la dépendance quasi-exclusive aux corridors routiers et aux mers des pays voisins.

Plus concrètement, de quoi s’agit-il en parlant de cette première phase attendue pour avril 2026 ? Il prévoit en effet, des travaux de dragage du chenal afin de garantir une profondeur suffisante permettant le passage de barges pouvant transporter des milliers de tonnes, le balisage du fleuve et son aménagement pour permettre une navigation de jour comme de nuit, ainsi que la réhabilitation des escales fluviales avec quais, zones de stockage et infrastructures logistiques. Le coût de cette phase initiale est estimé à environ 7,38 milliards de FCFA.


Cette ambition ancienne refait surface à un moment charnier pour le Mali, confronté à plusieurs crises sécuritaires, notamment sur les différentes voies d’accès du pays. Ce projet sera un levier majeur de désenclavement et de souveraineté économique pour le Mali. Il faut rappeler que le projet de navigation constitue l’un des piliers fondateurs de l’organisation. Il s’inscrit dans une vision de désenclavement, d’intégration économique et de développement des zones riveraines du bassin du fleuve Sénégal.

Un avantage pluriel !

Pour le Mali, pays enclavé, l’enjeu est stratégique et les avantages sont énormes. En effet, une seule barge fluviale peut transporter l’équivalent de 40 à 50 conteneurs, en un seul voyage. Ce qui réduit significativement les coûts logistiques, la consommation de carburant, l’usure des routes et les risques liés à l’insécurité sur les axes routiers, qui sont si fréquents en ces temps qui courent. Aussi, la voie fluviale, reconnue comme l’un des modes de transport les plus sûrs au monde, pourrait ainsi devenir un atout majeur de souveraineté économique pour le Mali.

Ambidédi est appelé à devenir un hub logistique majeur, avec à la clé des créations d’emplois directs et indirects, le développement du commerce local et des retombées socio-économiques importantes pour la région de Kayes. Présidant la 78è session, le ministre Boubacar Diane n'a pas manqué de souligner les grandes attentes des populations pour la réalisation des projets-phares en attente.


Il a souligné que la croissance soutenue de la demande, les contraintes d'exploitation liées à l'hydrologie et à la nécessité de répondre aux besoins futurs, font peser la ferme nécessité « d'accélérer le processus de mise en œuvre des projets..., de renforcer la performance opérationnelle des installations existantes, d'accélérer leur modernisation et de promouvoir une meilleure articulation avec les sources d'énergies renouvelables complémentaires ». Le Président en exercice du Conseil des Ministres de l'OMVS, a souligné, «l'importance stratégique du projet de navigation sur le fleuve Sénégal ».

Des bénéfices en partage pour l’ensemble des États membres

Le Sénégal, principal point d’entrée maritime du dispositif, devrait également tirer des avantages considérables du projet. Selon une note d’information de l’OMVS, publiée depuis 2022, la réalisation du projet de navigation permettra notamment de désenclaver plus de 800 kilomètres de localités riveraines, de stimuler les échanges commerciaux et de transformer ces zones en pôles de développement économique et social.

Le projet contribuera également à la valorisation de plus de 240 000 hectares de terres irrigables dans le delta et la vallée du fleuve, favorisant l’essor de la production agricole et l’écoulement des récoltes par voie fluviale. Sur le plan environnemental, il contribuera à protéger Saint-Louis des inondations durant des centaines d'années.

Au-delà des infrastructures, le projet de navigation sur le fleuve Sénégal rappelle une évidence longtemps reléguée au second plan que l’enclavement du Mali n’est pas une fatalité. Il existe des alternatives crédibles, durables et historiquement éprouvées pour connecter le pays aux échanges mondiaux.


Cette conviction, notre bihebdomadaire l’a portée bien avant la 78è session du Conseil des ministres de l’Omvs. Dès 2024, en effet, nous sollicitions dans le cadre de l’édition du numéro spécial 22 septembre de votre journal, la représentation de l’OMVS au Mali, avec une série de questions, pour justement susciter la réflexion sur cette question, devenue actualité pertinente depuis les 30 et 31 janvier dernier. Notre intention, qui était de remettre la question de la navigation fluviale au cœur du débat public, visait à faire de ce projet un levier stratégique pour le Mali et les autres pays. Les décisions du Conseil des ministres de l’OMVS viennent aujourd’hui nous conforter dans la pertinence de notre démarche.

Ousmane Tangara

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