La volonté viscérale des autorités françaises, depuis la colonisation directe du XIXème siècle, à maintenir l’armée française, sur le sol africain, comme soutien aux pratiques françafricaines après 1960 ne prendra fin qu’avec une opposition aussi viscérale des peuples et autorités africaines.
Une indépendance ne se donne pas, elle s’arrache, rarement par des voies pacifiques, généralement par une opposition frontale, armée. Fort à propos, une assertion, attribuée au général VO NGUYEN GIAP par les uns et Ruben Um Nyobe par d’autres, disait : « Un peuple décidé de lutter pour sa liberté et son indépendance est invincible ».
L’histoire des indépendances des pays francophones d’Afrique subsaharienne, à l’exception de celle de la Guinée Conakry, demeure un exemple d’affranchissement politique en trompe-l’œil. L’ancien colonisateur n’est jamais parti comme l’écrivent Thomas Borrel, Amzat Boukari Yabara, Benoit Colombat, et Thomas Deltombe dans leur livre « L’Empire qui ne veut pas mourir. Une Histoire de la FRANÇAFRIQUE ».
Dans ce pré-carré il a reconfiguré son modèle de colonisation en indépendance de façade mise à mal aujourd’hui par la volonté d’émancipation et de rupture des pays de l’AES et d’autres qui, pour le moment, observent. L’ancien colonisateur, habitué à pomper à vil prix les ressources de ces pays et à leur imposer une monnaie lestant toute tentative de développement, ne veut pas perdre cette vache à lait. Pour exemple, une source souligne que l’uranium du Niger était acheté à 480 francs CFA le kilogramme et celui du Canada à 120 000 francs par la même France.
Alors, la France est en train de renouer avec l’aventure guerrière colonisatrice par l’activation et la création des avant-postes en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Nigéria (cas spécial) …
L’accès facile et privilégié aux matières premières, les avantages tirés du franc CFA ayant permis une vie fastueuse à la France, elle ne peut accepter que contrainte et forcée le refus africain de continuer à courber l’échine.
La situation rappelle la phrase d’Amilcar CABRAL en 1965 à DAR-es-Salam : « …Les colonisateurs ont l’habitude de dire qu’eux, ils nous ont fait rentrer dans l’histoire.
Nous démontrerons aujourd’hui que non : ils nous ont fait sortir de l’histoire, de notre propre histoire, pour les suivre dans leur train, à la dernière place, dans le train de leur histoire… ».
Il est regrettable de constater que des Africains, entretenant quolibets et raccourcis sur la collaboration de locaux à la traite négrière, à la colonisation, se fourvoient et se vautrent dans le larbinisme néocolonial tels ces tristes sbires cités en titre. Ces personnes sont toutes sous contrôle de services secrets occidentaux qui disposent de moyens de pressions sur elles. Sur ce sujet, et pour le cas spécifique de Ahmed Bola Tinubu, ce lien vers la BBC en dit long : https://www.bbc.com/afrique/region-64438770
Ces quelques extraits sont édifiants : « Dans des documents rendus publics, le ministère américain de la Justice affirme qu'à partir du début de 1988, des comptes ouverts au nom de Bola Tinubu contenaient le produit de ventes d'héroïne blanche, une substance interdite.
Kevin Moss, l'agent spécial qui a enquêté sur l'opération, affirme que M. Tinubu travaillait pour le principal suspect, Adegoboyega Akande.
Il déclare que M. Tinubu a initialement admis au téléphone qu'il connaissait M. Akande, mais qu'il s'était ensuite rétracté et avait déclaré n'avoir eu aucune transaction financière avec lui.
Il y a des raisons de croire que l'argent trouvé sur les comptes bancaires en question était le produit d'un trafic de drogue, selon la justice américaine. M. Tinubu et les autres mis en cause nient ces accusations, et le tribunal n'a jamais rendu d'ordonnance définitive sur l'origine de l'argent.
Au lieu de cela, M. Tinubu, qui n'a pas été personnellement inculpé pour de l'argent, a trouvé un compromis avec les autorités qui ont confisqué 460 000 dollars (environ 277 611 570 francs CFA)».
Toutes ces personnes sont donc sous contrôle : BOLA TINUBU, PATRICE TALON, ALASSANE OUATTARA, MAHAMOUD ALI YOUSSOUF (Secrétaire Général de l’Union Africaine).
Le procédé est courant et c’était le cas de l’ancien officier SS nazi autrichien devenu Secrétaire Général des Nations Unis du 1er janvier 1972 au 31 décembre 1981 : Kurt Waldheim. Malgré son passé nazi, que l’on avait tu, on en a fait le secrétaire général de l’ONU, sous contrôle. Ensuite il est devenu président de la République de son pays, l’Autriche.
Au Mali, Ibrahim Boubacar KEÏTA était l’objet de chantages à cause de casseroles qu’il trainait : amitiés intéressées avec le sulfureux homme d’affaire corse, patron des casinos africains, Michel TOMI, « parrain des parrains » entre autres sales affaires relatives aussi à ses proches. Ainsi, toutes les fois que IBK refusait une décision de Paris, RFI faisait tourner en boucle des secrets sur lui comme moyen de pression.
Ce mécanisme bien huilé, après avoir atteint son paroxysme pendant la guerre froide, amorce une pente déclinante avec quelques soubresauts depuis 2020.
Dans le même temps, l’Afrique veut se réapproprie son histoire et sa destinée, réfutant celles écrites par d’autres allant, parfois, jusqu’à la négation de civilisations en Afrique. Il relève d’un tour de force de retrouver des livres vulgarisés traitant de civilisations africaines. Ce qui fit dire au philosophe allemand du XIXème siècle Georg Wilhelm Friedrich Hegel que l’Afrique n’a pas d’histoire. Propos repris par Henri Guaino pour le « Discours de Dakar » de Nicolas Sarkozy le 26 juillet 2007, donc au XXIème siècle. Donc deux siècles de mentalités rétrogrades et figées sur l’Afrique. Donc des visions multiséculaires négatives sur l’homme africain si savamment distillées que nombres d’africains ont fini par y adhérer et s’y accrochent obstinément. La vision de Alassane Ouattara sur le franc CFA demeure un cas d’école dans ce cadre.
Une nouvelle page de l’histoire africaine s’ouvre. Ceux qui ont toujours refusé la main tendue des pays d’Afrique pour une coopération mutuellement bénéfique, en restant sur le tropisme du pillage et des assassinats politiques, seront les perdants.
La prise en compte de cet argument avancé par Steve Biko et la conclusion qui en sera tirée déterminera le sort de l’Afrique subsaharienne : « L’arme la plus puissante dans les mains de l’oppresseur est l’esprit de l’opprimé. C’est donc logique que l’oppresseur travaille à conquérir nos esprits. Nous devenons des armes contre nous-mêmes».
L’Afrique était dans cette nasse.
La communauté de pensée entre les peuples de l’AES et leurs dirigeants demeure sa force. La faiblesse des satrapes cités réside dans le décalage entre eux et leurs peuples.
Il y a un temps pour le voleur, un temps pour le propriétaire.