L’analyse de la situation sécuritaire dans les régions de Kayes et de Nioro du Sahel révèle une réalité préoccupante : malgré les offensives menées par les Forces de Défense et de Sécurité, la menace terroriste continue de s’étendre et de fragiliser le poumon économique du Mali.
Cette zone stratégique, connectée aux ports de la sous-région, est devenue la cible d’une infiltration agressive visant à perturber les flux vitaux du pays.
Les FAMa ont déployé une puissance de feu considérable dans les secteurs de Lakamané, Diongomané et Kadiel, détruisant des bastions logistiques dans la forêt du Baoulé. Ces succès tactiques démontrent la capacité de l’armée à projeter ses forces dans des zones complexes. Cependant, la réalité du terrain reste marquée par une insécurité persistante : les déplacements de populations et les activités économiques se poursuivent, mais sous une menace constante, et la peur d’un blocus durable demeure.
La traque des groupes terroristes se heurte à une difficulté majeure : l’utilisation du territoire mauritanien comme base arrière. Les assaillants s’y réorganisent, stockent du matériel et échappent aux unités de poursuite après leurs attaques. Cette profondeur stratégique étrangère complique la riposte malienne et expose les villages frontaliers à des incursions répétées. Les efforts de surveillance électronique et les patrouilles de reconnaissance ont permis de localiser des ateliers d’explosifs et des dépôts clandestins, mais la menace reste diffuse et mouvante, alimentée par la porosité des frontières.
L’attaque du 29 janvier 2026 contre un convoi de camions-citernes près de Kayes illustre la vulnérabilité persistante du corridor logistique. Malgré la mise en place d’escortes renforcées et de dispositifs de surveillance aérienne, les convois restent exposés à des actes de piraterie terrestre. Les check-points fortifiés et les zones de halte sécurisées constituent des avancées, mais elles ne suffisent pas à garantir une inviolabilité totale face à un ennemi déterminé et mobile.
Appel à la vigilance et à la responsabilité
La lutte contre le terrorisme ne peut reposer uniquement sur l’action militaire. Les FAMa exhortent les populations à une vigilance accrue, car chaque renseignement citoyen peut faire la différence. Une présence inhabituelle, un comportement suspect ou un mouvement nocturne vers la frontière doit être signalé immédiatement. La sécurité collective dépend de la solidarité entre civils et militaires.
La rédaction s’incline devant la mémoire des chauffeurs martyrs, victimes de la violence aveugle, et rappelle que leur sacrifice doit renforcer la détermination nationale. L’Ouest malien reste aujourd’hui un champ de bataille où la victoire n’est pas encore acquise. Les décideurs doivent prendre la pleine mesure de cette dégradation sécuritaire qui menace de s’étendre à d'autres localités encore préservées.