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Gouvernance de l’Office du Niger : Que s’est-il passé ?
Publié le mercredi 11 fevrier 2026  |  Mali Tribune
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© aBamako.com par Androuicha
Visite de travail du Ministre de l`Agriculture dans la zone Office du Niger
Ségou, le 09 juillet 2019. En tournée dans la 4è région de notre pays, le Ministre de l`Agriculture Mourlaye Ahmed Boubacar a visité quelques sites stratégiques de la zone Office du Niger notamment le barrage de Markala et les adducteurs d`eau des périmètres aménagés de Kolongo et Dioro.
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En l’espace de trois semaines, la gouvernance de l’Office du Niger (ON), pilier stratégique de la souveraineté alimentaire du Mali, a connu un revirement aussi rapide qu’inexpliqué. Une situation qui soulève de sérieuses interrogations. Que s’est-il passé ?

Le vendredi 16 janvier 2026, le Conseil des ministres entérinait la nomination de Abdoulaye Diané au poste de Président-directeur général de l’Office du Niger. Juriste de formation, ancien Consul général du Mali à Paris, Président du Conseil d’administration de la Somapep-SA, et présenté comme expert en développement agricole et minier, Abdoulaye Diané voyait ainsi sa carrière couronnée par la direction de l’un des établissements publics les plus stratégiques du pays.


Pourtant, contre toute attente, l’intéressé n’aura jamais pris service.

Moins d’un mois plus tard, lors du Conseil des ministres du vendredi 6 février 2026, un nouveau décret tombe : Samba Bocary Tounkara est nommé PDG de l’Office du Niger, en lieu et place de M. Diané.

Aucune communication officielle n’a accompagné ce changement. Aucun motif n’a été avancé. Aucun communiqué explicatif n’a été publié par le ministère de tutelle. Une opacité qui contraste avec l’importance stratégique de l’institution concernée.

À la différence de son prédécesseur désigné, M. Tounkara est un spécialiste reconnu de l’aménagement hydro-agricole et de la gestion durable des ressources halieutiques, avec une solide expérience au sein d’organisations internationales. Une nomination jugée, cette fois, « techniquement cohérente » par plusieurs observateurs du secteur agricole.

La question est désormais sur toutes les lèvres : pourquoi nommer un PDG pour ensuite l’écarter avant même sa prise de fonction ? Plusieurs hypothèses circulent, sans confirmation officielle : des réserves techniques sur l’adéquation du profil initial avec les défis spécifiques de l’Office du Niger ; des arbitrages internes tardifs au sommet de l’État ; ou encore des pressions sectorielles liées aux enjeux fonciers, agricoles et financiers de la zone ON.

Faute d’explication publique, ces suppositions restent au stade de conjectures, alimentant un climat de suspicion peu favorable à la crédibilité de l’action gouvernementale.


Créé en 1932, l’Office du Niger est l’un des plus anciens et vastes périmètres hydro-agricoles d’Afrique de l’Ouest. Alimenté par le barrage de Markala, il couvre aujourd’hui plus de 130 000 hectares aménagés.

Initialement conçu pour la culture du coton durant la période coloniale, l’Office du Niger est désormais le cœur de la production rizicole nationale et un levier majeur de la sécurité et de la souveraineté alimentaires du Mali.

Dans un contexte marqué par la pression démographique, l’insécurité persistante, le changement climatique, et la dépendance aux importations alimentaires, la stabilité et la compétence de sa gouvernance ne sont pas des variables secondaires.

Au-delà des personnes concernées, cette séquence interroge plus largement les pratiques de gouvernance sous la Transition. La cohérence des décisions, la transparence administrative et la prévisibilité de l’action publique sont aujourd’hui des attentes fortes des citoyens comme des partenaires techniques et financiers.

À l’Office du Niger, comme ailleurs, la Transition est attendue non seulement sur les résultats, mais aussi sur la méthode.



Alexis Kalambry
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