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EXCLUSIF : Un sulfureux dossier qui a secoué le Mali dans les ESPTEIN Files: Qui a voulu vendre l’avion présidentiel au financier déchu ?
Publié le jeudi 12 fevrier 2026  |  Le Soir de Bamako
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L’affaire Jeffrey Epstein. C’est le sujet du moment, qui éclabousse le monde entier. Une affaire explosive qui ne cesse, telle une boîte de Pandore, de révéler des secrets, des deals, des noms de personnes qui dirigent ce monde, des transactions toutes plus farfelues et sombres les unes que les autres. Une affaire qui ne fait que prendre de l’ampleur depuis que la justice américaine a décidé de rendre publics les milliers de mails et de dossiers concernant Jeffrey Epstein. Évidemment, notre rédaction s’est intéressée à cette affaire qui secoue le monde entier. Quelle fut notre surprise de découvrir que le Mali, à travers l’affaire de l’avion présidentiel, un dossier explosif, était dans le viseur de la célébrité du moment !


En effet, ce dossier explosif, longtemps enfoui dans des archives confidentielles et récemment exhumé à travers un procès, a secoué le Mali. Il s’agit du Boeing Business Jet (BBJ) acquis par le gouvernement malien, qui aurait fait l’objet de tentatives de mise en vente discrètes, à peine quelques mois après son acquisition controversée. Les révélations, basées sur une série de courriels internes datés de 2015, impliquent des acteurs internationaux du marché aéronautique et soulèvent de lourdes interrogations sur la gouvernance et la gestion des fonds publics. Comment et pourquoi Jeffrey Epstein était-il intéressé par la vente de cet appareil ? Qui a donc voulu vendre l’avion présidentiel du Mali, à peine acquis ? Des courriels accablants au cœur du scandale Au centre de ce dossier, une série d’échanges électroniques, que l’on peut retrouver sur la page officielle de la justice américaine, impliquant Larry Visoski, Gary Anzalone et Jeffrey E., tous liés à des réseaux spécialisés dans la gestion, l’expertise et la revente d’avions d’affaires. Ces échanges, conservés dans un format que certains analystes ont qualifié de «preuve incontestable », mettent en lumière une opération préparée dans le plus grand secret.

En effet, dans un courrier daté du 23 novembre 2015, J. Epstein adresse un email à Larry Visoski ayant pour objet la « mise en vente BBJ EQQUS ». Dans ce mail, il détaille toutes les informations concernant ledit avion appartenant au gouvernement du Mali, qu’il prévoit de vendre pour leur compte, ainsi que « l’étude de marché » qui doit être faite pour la fixation de son « prix de vente ». Dans un second mail daté du 1er décembre 2015, les intéressés souhaitaient voir l’avion présidentiel, qui se trouvait à ce moment précis en France dans le cadre d’un déplacement officiel. Malheureusement, les vendeurs préféraient faire profil bas, vu le scandale qui, à cette époque, faisait rage autour de l’avion, afin d’éviter de le mettre sous les feux des projecteurs.

S’ensuivit un troisième courriel daté du 16 décembre 2015, dans lequel Gary Anzalone informe Larry Visoski que les vendeurs ont rejeté une offre de 20 millions de dollars pour le BBJ. Le motif invoqué: la crainte des réactions négatives qu’ils pourraient recevoir en raison de la révélation du prix payé pour son acquisition.

Selon le mail, les interlocuteurs maliens estimaient alors la valeur de l’appareil à environ 30 millions de dollars, un chiffre qui contraste nettement avec les montants officiellement déboursés lors de l’acquisition. Ces échanges dévoilent qu’à l’époque, l’acquisition de cet appareil avait fait un tel boucan que les interlocuteurs maliens de ce temps souhaitaient simplement s’en débarrasser, en échangeant avec le financier déchu afin qu’il puisse vendre l’avion. Cela démontre aussi un décalage troublant entre la valeur réelle de l’avion et les stratégies de revente envisagées, ouvrant la porte à des interrogations sur l’intégrité des transactions et sur les motivations de certaines parties prenantes. Les documents techniques joints aux courriels permettent d’identifier sans équivoque l’appareil : un Boeing 737-700 BBJ, numéro de série 30328, numéro de ligne 377, initialement enregistré sous le numéro de test N1787B. L’avion a effectué son premier vol le 7 septembre 1999, ce qui lui conférait, au moment des faits, un âge d’environ 14 ans et 9 mois. Avec 3 400 heures de vol cellule, une maintenance régulière effectuée en flotte corporate et une traçabilité complète, l’appareil était présenté comme une vente « telle quelle », selon les termes mêmes de Jeffrey E., qui précise agir « pour le compte du gouvernement du Mali ».

Cette précision technique est essentielle. Dans l’aviation civile, chaque appareil possède une identité unique : historique de vols, maintenance, propriétaires successifs.

Dans ce contexte, toute opération de revente ou de changement d’immatriculation est parfaitement traçable, ce qui rend les soupçons de manipulation d’autant plus inquiétants. Plus troublant encore, les courriels révèlent que les intermédiaires attendaient la validation d’une étude de marché afin de fixer des « lignes directrices » pour le prix de vente. Autrement dit, le processus était déjà engagé, nécessitant simplement des arbitrages stratégiques. Cette découverte soulève une question fondamentale : qui, au sommet de l’État malien, avait autorité pour mandater une telle opération ? Les documents n’apportent pas de réponse définitive à cette question, mais ils suggèrent que des acteurs privés et certains représentants officiels auraient pu être impliqués dans une opération dont les implications financières et politiques sont considérables. L’enquête ne s’arrête pas aux échanges de courriels. Notre rédaction, ayant analysé ces documents, a suivi le parcours de l’appareil grâce aux règles strictes de traçabilité dans l’aviation civile. À l’époque des faits, le BBJ est immatriculé sous le numéro P4-PRM, au nom d’une société écran appelée Jet Magic, basée à Malte. Un détail lourd de sens: les caractéristiques techniques correspondent précisément à celles de l’avion acquis par le propriétaire des lieux de Koulouba durant cette période, avec les fonds publics maliens. Ce changement d’immatriculation, après « de multiples tours de passe-passe », selon les enquêteurs, renforce les soupçons de montages opaques et de circuits financiers non élucidés, un fait indéniable qui avait été soulevé lors du procès concernant l’avion présidentiel.

La multiplication des intermédiaires et la complexité des transferts soulèvent des questions sur la transparence et la traçabilité des fonds publics. Une affaire d’État aux zones d’ombre persistantes Dix ans après les faits, ce dossier continue de faire débat. Pourquoi vouloir revendre un avion présidentiel fraîchement acquis ?

Qui craignait les réactions liées au prix réel de l’appareil ? Et surtout, où est passée la vérité sur l’utilisation de l’argent des Maliens ? Les implications de cette affaire dépassent désormais les frontières nationales. Il ne s’agit plus seulement d’un scandale de gouvernance passée, mais d’un dossier international, dans lequel le nom de J. Epstein apparaît aujourd’hui, mêlant intérêts privés, opacité financière et responsabilités politiques encore jamais établies. Sauf que dans l’aviation civile, rien ne disparaît jamais complètement. Les traces laissées par chaque transaction, chaque changement d’immatriculation, chaque échange de courriels peuvent un jour ressurgir, comme c’est le cas aujourd’hui avec le dossier J. Epstein.


De plus, avec l’apparition de ces courriers dans les documents concernant J. Epstein, les questions et les zones d’ombre autour de l’affaire de l’avion présidentiel ne font que s’agrandir. Une chose est sûre : les Maliens méritent des réponses. Et dans ce dossier sulfureux, les traces pourraient bien rattraper un jour leurs auteurs, révélant enfin la vérité sur l’un des épisodes les plus controversés de l’histoire récente du pays. Car oui, nous avons aujourd’hui accès à de nombreux mails mettant au grand jour, au niveau mondial, les « business » de Jeffrey Epstein, mais il reste encore de nombreux documents qui ne sont pas encore rendus publics. ■

MAÏMOUNA DOUMBIA

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