Kankou Moussa fut un des successeurs de Soundiata qui régna des confins du Fouta-Djalon à Agadès et sur les anciens Empires du Ghana et des Sonrhaïs. Il entretint des relations suivies et amicales avec le Maroc, le Portugal et l’Égypte, développant parallèlement l’armée et la diplomatie. Parmi les fastes de son règne, celui qui contribua le plus à sa célébrité est son pèlerinage à la Mecque en 1324.
Lorsqu’il se rendit aux lieux saints de l’Islam, son escorte, dont l’évaluation varie entre 15 et 60 000 courtisans et serviteurs, était précédé de 500 esclaves portant des lingots d’or et quarante (40) mules chargées de métal précieux le suivaient en convoi. Ses prodigalités furent telles en Égypte que le cours de l’or s’effondra au Caire et que douze (12) ans après son passage il n’avait pas retrouvé son niveau antérieur. Ses dépenses et celles de la reine Naré Konté qui l’accompagna l’obligèrent à emprunter et les prêteurs revinrent à sa suite à Niani. Il ramena également avec lui le poète et architecte Andalou Abou Ishaq es-Saheli qui construisit des mosquées à Gao et à Tombouctou et que l’on considère généralement comme le fondateur de l’architecture soudanaise.
Parallèlement, les échanges culturels se développèrent avec le Maghreb. Professeurs, savants, lettrés, poètes, médecins arabes vinrent à la Cour de Kankou Moussa. Quelques-uns d’entre eux se fixèrent même à Tombouctou et à Djenné.
À son retour de la Mecque, Kankou Moussa ramena les deux princes comme otages Ali Kolen et Souleymane Nar, inaugurant cinq siècles avant Faidherbe une politique qui allait faire école. Il leur donna par la suite des apanages, mais ils fuirent cependant sa cour, et en 1335 Ali Kolen renversa le Dia Bada, roi du Songhaï. Ibn Batouta séjourne au Mali pendant sept (07) sous le règne de Mansa Souleymane après la mort de Kankou Moussa.