C’est en 1712 qu’apparaît un homme qui va laisser une empreinte profonde sur le royaume sur lequel il régnera plus de quarante années. Appelé Mamari Coulibaly, mais plus connu sous le nom de Biton, il s’entoura d’une armée, en majorité composée d’esclaves et d’anciens soldats ennemis capturés sur laquelle il parvint à asseoir son pouvoir; jusqu’à sa mort en 1755, il gouverna en despote, étendant sans cesse ses conquêtes.
Dikoro, fils ainé de Biton ne régna que deux ans et fut assassiné, en 1757 par des membres de sa garde personnelle lassés par ses exactions. Son frère cadet, Bakari Ali accéda au trône et se convertit à l‘islam, mais il fut à son tour tué par ses prétoriens qui se donnèrent eux-mêmes un souverain, Tom Mansa.
Déçus par l’homme qu’ils avaient choisi pour les commander, ils l’assassinèrent et c’est N’Golo Diarra qui devint roi en 1760. Mais avant que Bakari Ali ne soit tué, il maudit ses frères en ces termes: «Que Dieu fasse qu’à Ségou, le secret le plus lourd ne le reste plus de trois (03) jours ! Que Ségou se trahisse tout le temps pour l’étranger ! Que pour ce dernier, Ségou arrache le pouvoir des mains de ses propres enfants».
Trois (03) années après les troupes d’El Hadji Omar pénétrèrent à Ségou où elles renversèrent la dynastie des Diarra N’Golossi. Bien que N’golo Diarra ait de son vivant associé ses fils au pouvoir, ceux-ci s’affrontèrent les armes à la main pour recueillir sa succession. Ce fut finalement son second fils, Monzon qui devint roi en 1790. Il multiplia les campagnes contre les Mossis, dans le Kaarta, le Beledougou et le Fouladougou et laissa le souvenir d’un grand organisateur.
Après sa mort, en 1808 commença le déclin de l’Empire de Ségou qui devait tomber sous la coupe du conquérant El Hadj Omar en 1862. Deux ans plus tard, Amadou Tall, que les Français devaient chasser avant de rétablir la dynastie des Diarra, devint roi de Ségou