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Journaliste : Le journaliste n’est pas l’ennemi de la stabilité, il en est l’un des piliers
Publié le mardi 17 fevrier 2026  |  arc en ciel
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Là où le journaliste est disqualifié, le mensonge prospère

Aujourd’hui, au Mali, plus que jamais, le combat pour la souveraineté et la stabilité, passe aussi par la défense d’un journalisme fort, indépendant et engagé contre la désinformation.


Dans le Mali en transition, l’information est devenue un enjeu stratégique majeur. A l’heure où le pays affronte simultanément l’insécurité, la recomposition géopolitique, les tensions sociales et la pression informationnelle venue des réseaux sociaux, la bataille pour la stabilité ne se joue plus uniquement sur le terrain militaire ou diplomatique. Elle se joue aussi, et de plus en plus, dans l’espace médiatique.

Dans ce contexte fragile, le journaliste malien est souvent présenté à tort comme un facteur de trouble, un empêcheur de gouverner, voire un relais de forces hostiles. Cette lecture est non seulement réductrice, mais dangereuse. Car le journaliste n’est pas l’ennemi de la stabilité nationale ; il en est l’un des piliers essentiels.

Une société privée d’une information fiable est une société livrée aux rumeurs, aux manipulations et aux fake news. Lorsque la parole professionnelle est affaiblie, ce sont les discours extrémistes, les campagnes de désinformation et les narratifs malveillants qui occupent le vide. Le silence imposé n’apaise jamais les crises ; il les aggrave.

Depuis le début de la Transition, de nombreux journalistes maliens ont fait le choix de la responsabilité. Ils ont résisté à la tentation du sensationnalisme, refusé la manipulation émotionnelle et combattu, souvent dans l’ombre, les intox diffusées à grande vitesse sur les plateformes numériques. Ils ont pris des risques, parfois au prix de leur sécurité, pour vérifier les faits, contextualiser l’actualité et préserver la cohésion sociale.


Mais cet engagement a un prix. Restrictions d’accès à l’information, climat de suspicion, pressions administratives, poursuites judiciaires ou intimidations informelles fragilisent le travail journalistique. Or, une presse sous contrainte ne peut jouer pleinement son rôle de vigie démocratique et de rempart contre la désinformation.

Autorités de la Transition, aidez-nous à vous aider

Aidez les journalistes à faire barrage aux fake news en facilitant l’accès aux données publiques. Aidez-les à soutenir l’effort de stabilité en protégeant la liberté de la presse et la sécurité des professionnels des médias. Aidez-les en acceptant la critique comme un outil de régulation, non comme une menace à l’autorité de l’Etat.

La stabilité durable se construit dans la transparence. Elle repose sur la confiance entre gouvernants et gouvernés. Et cette confiance passe nécessairement par une information crédible, pluraliste et professionnelle. Là où l’Etat communique peu ou mal, la rumeur s’installe. Là où le journaliste est disqualifié, le mensonge prospère.

Il est temps de sortir de la logique d’affrontement stérile entre pouvoir et médias. Le Mali a besoin d’un pacte clair entre les autorités et la presse : un pacte fondé sur le respect mutuel, la responsabilité et l’intérêt supérieur de la Nation. Une presse libre n’est pas une presse hostile. Une presse critique n’est pas une presse antipatriotique.

Aujourd’hui, plus que jamais, le combat pour la souveraineté et la stabilité du Mali passe aussi par la défense d’un journalisme fort, indépendant et engagé contre la désinformation.


Autorités de la Transition, aider les journalistes, c’est aider le Mali.



Djibril Diallo
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