Cette rencontre, qui s’est tenue en présence du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, avait pour objectif principal de présenter les grandes lignes de la nouvelle stratégie européenne, dite «approche renouvelée», envers la région sahélienne.
À l’issue de l’entretien, le diplomate européen s’est dit honoré de la qualité des échanges avec le Chef du gouvernement. Selon João Gomes Cravinho, cette stratégie repose sur plusieurs piliers fondamentaux, à commencer par le principe de non-désengagement. Par ce signal fort, l’Union européenne entend non seulement maintenir sa présence, mais aussi intensifier son engagement global dans la région. Le représentant spécial a également insisté sur la nécessité d'un dialogue approfondi, précisant qu'améliorer le dialogue signifie «mieux écouter et mieux expliquer». Il a souligné la volonté de l'UE d'être davantage à l'écoute des aspirations locales tout en clarifiant ses propres ambitions pour le Sahel, avec l'année 2026 comme horizon charnière. Sur le plan de la sécurité humaine, le diplomate a annoncé une extension de l'appui européen. Si une collaboration étroite existe déjà avec la police et la gendarmerie, l'Union souhaite désormais porter son action vers le secteur de la justice.
Abordant le volet de la résilience socio-économique, João Gomes Cravinho a martelé que si la lutte contre le terrorisme se mène par les armes, elle passe impérativement par le développement. En ce sens, l'Union européenne prévoit d'aligner sa contribution sur les programmes définis par les autorités maliennes, notamment dans le cadre de la vision «Mali 2063» et des plans de développement à court et moyen termes. Le représentant spécial de l’UE a indiqué que cette approche renouvelée a été accueillie très favorablement. Il repart avec la conviction que les relations entre l’Union européenne et le Mali sont sur une trajectoire prometteuse.
Souleymane SIDIBE