Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Annonces    Femmes    Nécrologie    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article
Société

Ça se passe au Grin : Bamako – Ségou : un axe stratégique sous menace permanente
Publié le jeudi 19 fevrier 2026  |  Mali Tribune
Comment



Au grin, la discussion est vive. Entre thé brûlant et regards inquiets, un constat revient avec insistance : le trajet Bamako–Ségou, autrefois perçu comme relativement sûr, est aujourd’hui considéré comme l’un des plus périlleux du pays.

Les membres évoquent la présence et la mobilité persistantes d’éléments affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) dans la zone forestière située entre les deux capitales régionales. Attaques contre des véhicules, enlèvements ciblés, disparitions inexpliquées : les incidents rapportés ces derniers mois alimentent un sentiment d’insécurité croissante.


La route nationale reliant Bamako à Ségou, longue d’environ 235 à 297 kilomètres selon les itinéraires, constitue un axe stratégique majeur pour le transport national, les échanges économiques et la mobilité des populations.

« Comment une forêt située entre deux grandes villes peut-elle devenir un sanctuaire ? », s’interrogent les membres du grin. Pour eux, la distance relativement courte entre Bamako et Ségou ne devrait pas permettre aux groupes armés de disposer d’un tel espace de repli.

Certains vont plus loin : « Malgré l’importance stratégique de la route, les groupes armés semblent y évoluer librement, comme dans leur propre jardin. »

Pour les participants au débat, la multiplication des incidents sur cet axe révèle une stratégie plus large : celle d’un encerclement progressif de la capitale par des actions ciblées sur les corridors routiers.

« Sortir de Bamako pour rejoindre les villes voisines devient de plus en plus risqué », déplore un intervenant. Ce climat d’insécurité fragilise non seulement la circulation des personnes, mais aussi les flux économiques indispensables au fonctionnement du pays.

Un point alimente particulièrement les interrogations : pour se déplacer dans cette zone forestière, les groupes armés doivent inévitablement traverser ou longer des villages.

Comment parviennent-ils à se fondre dans de petites communautés rurales sans que l’alerte ne soit donnée à temps ? Existe-t-il un déficit de renseignement, un problème de coordination ou une peur qui paralyse les populations ?


Au grin, les hypothèses circulent sans réponse définitive. Les membres reconnaissent toutefois la complexité de la lutte antiterroriste, notamment lorsque les civils sont utilisés comme boucliers humains, rendant toute intervention délicate pour les Forces de défense et de sécurité.

Au-delà des analyses sécuritaires, c’est un sentiment d’incompréhension qui domine les échanges. L’axe Bamako–Ségou, symbole de continuité territoriale et de vitalité économique, est devenu pour beaucoup un trajet redouté.

Au grin, une conviction s’impose : sécuriser durablement les corridors routiers stratégiques est désormais un enjeu central, non seulement pour la mobilité des populations, mais pour la stabilité même du pays.


Ibrahima Ndiaye

Commentaires

Sondage
Nous suivre
Nos réseaux sociaux

Comment