La trente-neuvième session ordinaire de l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA) s’est ouverte ce samedi au siège de l’organisation à Addis-Abeba, en Éthiopie.
Ce rendez-vous de deux jours, placé sous le thème « Assurer une disponibilité durable en eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 », a été marqué par des appels pressants à l’unité, à la paix et à une plus grande indépendance financière du continent.
Lors de ce sommet, un parterre de dirigeants africains et de partenaires internationaux a marqué de sa présence l’ouverture des travaux. Parmi les personnalités présentes figuraient Samia Suluhu Hassan, présidente de la Tanzanie, ainsi que Mamadi Doumbouya, président de la Guinée, dont la participation symbolise le retour de son pays au sein de l’UA après quatre années de suspension consécutives au coup d’État militaire de septembre 2021. Le Sénégal était représenté par son Premier ministre, Ousmane Sonko, qui a pris part aux discussions au nom du président Bassirou Diomaye Faye. L’hôte du sommet, Abiy Ahmed, Premier ministre de l’Éthiopie, a accueilli les délégations avec un appel à l’unité et à l’intégration continentale. Ce rendez-vous a également été marqué par la présence de partenaires internationaux, notamment Giorgia Meloni, Première ministre de l’Italie, invitée spéciale, et António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, venu réaffirmer l’importance du partenariat stratégique entre l’Onu et l’Afrique.
Dans son allocution inaugurale, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a rappelé que l’accès à l’eau constitue un bien collectif et un droit fondamental. Il a insisté sur la nécessité de bâtir des systèmes d’assainissement sûrs et durables, considérés comme des piliers de la santé publique, de la sécurité alimentaire et du développement économique. Selon lui, ce thème, choisi pour l’année 2026, s’inscrit dans une vision stratégique visant à renforcer la résilience des sociétés africaines face aux défis environnementaux et démographiques. Le président Youssouf a souligné que la fragilité institutionnelle et la dépendance aux financements extérieurs ne peuvent plus perdurer. Il a plaidé pour une mobilisation accrue des ressources intérieures afin de réduire la dépendance aux bailleurs internationaux ; la mise en œuvre accélérée des programmes phares de l’Agenda 2063, notamment l’industrialisation, la transformation agricole, le développement énergétique et l’expansion des infrastructures. Il a également mis en avant les attentes croissantes des jeunes, des femmes et de la société civile, rappelant que cette décennie de l’Agenda 2063 doit produire des résultats concrets et mesurables.
Les crises persistantes au Soudan, au Sahel, en République démocratique du Congo et en Somalie ont été au centre des préoccupations de ce sommet. Le Président de la Commission a exprimé sa solidarité avec les populations affectées et a réaffirmé l’importance du respect du droit international et humanitaire.
De son côté, João Manuel Gonçalves Lourenço, président sortant de l’UA et chef de l’État angolais, a rappelé que le développement du continent dépend du « silence des armes ». Il a condamné les changements inconstitutionnels de gouvernement et mis en garde contre leur légitimation par des processus électoraux ultérieurs.
Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a invité les dirigeants africains à passer d’une posture réactive à une participation active dans la définition de l’agenda mondial. Il a insisté sur la souveraineté narrative et technologique du continent, citant la création en Éthiopie d’un institut d’intelligence artificielle et le projet d’une université dédiée à l’IA.
Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a pour sa part réaffirmé l’importance du partenariat stratégique entre l’ONU et l’UA. Il a plaidé pour une réforme du Conseil de sécurité, avec une représentation africaine renforcée, et a salué l’influence croissante du continent dans les affaires mondiales.
Au terme des travaux, Évariste Ndayishimiye, président du Burundi, a été élu président de l’Union africaine pour l’année 2026, succédant à João Lourenço. Sa mission consistera à poursuivre les efforts d’intégration, de réforme et de consolidation de la paix, dans la continuité de l’Agenda 2063.