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Préparatifs du Ramadan : Vigilance sur les prix des denrées essentielles
Publié le jeudi 19 fevrier 2026  |  Mali Tribune
Sécurité
© aBamako.com par AS
Sécurité alimentaire/don du Japon au Mali
Bamako, le 02 septembre 2021. Pour soutenir les efforts du Mali dans la prise en charge de ses citoyens en insécurité alimentaire dans les Régions de Mopti, Kidal et Ménaka, le gouvernement japonais, à travers le Commissariat à la sécurité alimentaire (CSA), a fait un don de 1.000 tonnes de riz au gouvernement malien.
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À l’approche du mois de ramadan, les autorités maliennes multiplient les mesures visant à sécuriser l’approvisionnement en produits de première nécessité et à prévenir toute flambée des prix sur les marchés. Pour le gouvernement, l’enjeu est à la fois social et économique : garantir aux ménages des conditions d’accès stables aux denrées essentielles durant cette période de forte consommation.

Depuis le début de l’année, plusieurs dispositions ont été engagées pour renforcer la disponibilité du riz, du sucre, de l’huile alimentaire, du lait et de la farine sur le marché national. Des stocks stratégiques ont été constitués afin d’anticiper les risques de rupture, tandis que les importations ont été facilitées pour compléter l’offre locale et maintenir une diversité de produits accessibles aux consommateurs.


Sur le plan fiscal, l’État a activé des leviers de régulation en procédant à l’exonération de la TVA et de la taxe conjoncturelle à l’importation (TCI) sur certains produits ciblés. Ces mesures visent à réduire les coûts d’approvisionnement et à limiter les répercussions sur les prix à la consommation.


Face aux inquiétudes exprimées ces dernières semaines par certains opérateurs et consommateurs sur une possible hausse des prix, le gouvernement se veut rassurant. Le ministre de l’Industrie et du Commerce a ainsi annoncé la constitution d’un stock tampon de 25 000 tonnes de sucre destiné à stabiliser le marché pendant le Ramadan.

Dans le même temps, le secteur agricole est mobilisé pour soutenir l’offre nationale. L’Office du Niger et l’interprofession riz ont confirmé la disponibilité de 15 000 tonnes de riz, un volume appelé à contribuer à la couverture de la demande intérieure durant la période.

Au-delà du volet strictement économique, les autorités encouragent les initiatives de solidarité, notamment à travers les distributions alimentaires et les programmes d’assistance en faveur des ménages vulnérables. L’objectif affiché est de favoriser un climat social apaisé et de renforcer la cohésion nationale autour des valeurs de partage associées au ramadan.

À travers cette stratégie d’anticipation et de régulation, le gouvernement entend garantir un accès régulier aux denrées de base et préserver le pouvoir d’achat des ménages. Un défi majeur dans un contexte où la stabilité des prix reste un indicateur clé de l’équilibre économique et social du pays.

Ousmane Mahamane

ABOUBACAR CISSE, UN ENSEIGNANT :

« Le jeûne a été institué dans l’islam après l’Hégire »




A l’approche du mois de ramadan, pilier fondamental de l’islam, Aboubacar Cissé, un maître coranique au quartier Yirimadio 501-Logements, revient sur l’origine de ce mois sacré, ses pratiques, sa portée spirituelle et son importance dans la vie du musulman.


Mali Tribune : Pouvez-vous nous expliquer l’origine du mois de ramadan dans l’islam ?
Aboubacar Cissé
: L’islam repose sur cinq piliers, et parmi ces piliers, figure le jeûne du mois de ramadan. C’est une obligation pour tout musulman qui est en mesure de l’observer. Le ramadan est un mois sacré. Il a été institué dans l’islam après le départ du Prophète Muhammad (PSL) de La Mecque vers Médine.

Mali Tribune : A quel moment précis de la journée doit-on jeûner pendant le ramadan ?

A. C. : Pour observer correctement le jeûne, on prend le repas avant l’aube, appelé Suhur, jusqu’à l’appel à la prière de l’aube (Fajr). Le jeûne est rompu au coucher du soleil, au moment de la prière du Maghreb.

Mali Tribune : Comment détermine-t-on le début et la fin du mois de ramadan ?

A. C. : Le début et la fin du mois de ramadan sont déterminés par l’observation de la lune.

Mali Tribune : Sur quels textes religieux repose cette pratique ?

A. C. : Allah dit dans la sourate Al-Baqarah (La Vache), verset 183 : "Ô vous qui avez cru ! le jeûne vous a été prescrit comme il l’a été à ceux qui vous ont précédés, afin que vous atteigniez la piété". Ce verset montre clairement que le jeûne est une obligation divine, instituée pour les musulmans comme pour les communautés précédentes, dans un objectif spirituel précis : atteindre la piété (Taqwa).


Allah précise ensuite la période concernée par cette obligation dans la même sourate, au verset 185 : "Le mois de ramadan est celui au cours duquel Le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et comme preuves claires de la bonne direction et du discernement. Quiconque d’entre vous voit le mois, qu’il jeûne".

Mali Tribune : Quelles sont les pratiques essentielles à respecter durant le jeûne ?

A. C. : Lorsqu’on jeûne, certains comportements doivent être évités. Il s’agit notamment du mensonge, de l’association à Allah (shirk), de la désobéissance et surtout du faux témoignage.

Il est aussi recommandé de renforcer sa foi, en particulier durant les dix derniers jours du ramadan. Parmi ces nuits se trouve Laylatoul Qadr, la Nuit du Destin, une nuit sacrée durant laquelle les prières et les actes d’adoration sont grandement récompensés et peuvent conduire au pardon des péchés.

Mali Tribune : Qui est tenu d’observer le jeûne du ramadan ?

A. C. : Tout musulman adulte est tenu d’observer le jeûne. Ce n’est pas une obligation pour les enfants, même s’il est recommandé de les initier progressivement. Les personnes âgées qui ne sont pas en état de jeûner ne sont pas obligées de le faire.

Mali Tribune : Est-ce que d’autres personnes sont exemptées du jeûne et pour quelles raisons ?

A. C. : Sont exemptées du jeûne les femmes en période de menstruation, celles qui viennent d’accoucher, les femmes enceintes ou allaitantes lorsque le jeûne représente un danger pour leur santé ou celle de l’enfant. Ces femmes devront rattraper les jours manqués plus tard.

Les personnes âgées ou les malades chroniques qui ne peuvent pas jeûner doivent nourrir un pauvre pour chaque jour non jeûné, à raison d’environ 0,5 kg de denrées alimentaires par jour, soit quotidiennement, soit en une seule fois.

Mali Tribune : Comment l’islam prend en compte la santé et les situations particulières pendant le ramadan ?

A. C. : L’islam accorde une grande importance à la santé et aux situations particulières. Allah dit dans la sourate Al-Baqarah, verset 185 : "… Et quiconque est malade ou en voyage devra jeûner un nombre égal d’autres jours. Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous…"

Ce verset démontre que l’islam est une religion de miséricorde. Le jeûne ne doit jamais devenir une cause de souffrance ou de danger pour la santé.

Mali Tribune : Quels sont les bienfaits spirituels du jeûne pour le croyant ?

A. C. : Le jeûne rapproche le croyant de Son Créateur. Tout ce qu’Allah a rendu obligatoire (farida) est important. Le Prophète Muhammad (PSL) a enseigné que celui qui jeûne le mois de ramadan avec foi et sincérité verra ses péchés passés pardonnés. Celui qui observe deux ramadans successifs voit également ses fautes commises entre ces deux périodes, par la volonté d’Allah.

Mali Tribune : Le ramadan a-t-il également des bienfaits sociaux et humains ?

A. C. : Le ramadan est un mois de partage et de solidarité. Il est fortement recommandé de faire des aumônes (sadaqa), et l’islam encourage à les multiplier durant ce mois béni.

Mali Tribune : En quoi ce mois peut-il être un temps de transformation personnelle ?

A. C. : Durant le ramadan, le croyant adopte un nouveau comportement. C’est comme une nouvelle vie. On apprend davantage sur la religion et chacun cherche à plaire à Allah. La foi augmente, et nous prenons conscience des bienfaits de la vie, de l’importance de l’eau et de la nourriture. Cela nous permet aussi de mieux comprendre la situation de ceux qui vivent dans le besoin.

Ala fin du ramadan, il est recommandé de s’acquitter de la Zakat al-Fitr, quelques jours avant la fête. Cette aumône vise à compenser les manquements du jeûne et consiste à donner environ quatre poignées de nourriture par personne aux plus démunis.

Mali Tribune : Que diriez-vous aux personnes non musulmanes pour mieux comprendre le sens de ce mois sacré ?

A. C : Le respect de la religion de l’autre est un devoir. Si nous avons un voisin chrétien, par exemple, nous devons respecter sa foi, tout comme il doit respecter la nôtre. Le partage ne doit pas exclure les non-musulmans, surtout lorsqu’ils sont dans le besoin.

Allah nous a accordé un mois entier pour nous repentir et nous rapprocher de Lui. Même au-delà de la religion, le jeûne a des bienfaits pour la santé, car il permet aussi au corps de se purifier.

Pour terminer, je conseille aux musulmans, nous tous, d’avoir la crainte de Dieu et d’accomplir sincèrement ce qu’Allah nous a demandé. J’invite également les fidèles à éviter les divisions et les scandales liés à la fin du ramadan, notamment sur le nombre de jours à jeûner. Empêcher quelqu’un de jeûner n’est pas recommandé en islam.

Kadia Founé Fofana

(stagiaire)







JEÛNE/MÉTIERS PHYSIQUES

Possible équation ?



Maçons, chauffeurs, pousse-poussiers, bagagistes ou encore agents de nettoyage ! Travailler tout en observant le jeûne est un défi extrême pour certains corps de métiers physique et difficile. Entre le sens du devoir et la foi et la pénibilité des métiers qu’ils exercent, nous sommes allés à la rencontre de ces travailleurs dans la capitale malienne.




Malgré les revenus souvent modestes et la fatigue corporelle infligée, de nombreux ouvriers exerçant des métiers physiques continuent leurs activités pendant le mois de ramadan tout en observant le jeûne.

Abdoul Karim Diallo est un ancien ouvrier de l'usine Tôle-Mali. Il a consacré 24 ans de sa vie à transporter des seaux de peinture. Aujourd’hui à la retraite, il s'est reconverti dans le commerce et le transport des matériels de construction et divers sur son tricycle qu’il conduit lui-même, souvent avec l'aide de son fils. Pour M. Diallo, le jeûne et le travail sont compatibles . "Jeûner et travailler n'est pas si difficile que ça, il faut juste s'adapter et garder l’équilibre", explique-t-il.

Habitué à travailler du matin au petit soir sans manger, l’ouvrier affirme que le jeûne ne le dérange pas physiquement et l’'apaise même. "Le jeûne est très important pour moi. Il m'apaise. En plus, j'ai l'impression d'être encore plus proche de mon Créateur", confie-t-il.

Musulman pratiquant, Mohamed Traoré est maçon de profession et agent de voirie. Tout comme Abdoul, Mohamed poursuit aussi ses activités durant le mois de ramadan.

A l’exception du vieux conducteur, il dit réduire ses heures de travail durant le mois, mais n’abandonne pas totalement le chantier. Il explique sa motivation : "Je dois nourrir mes frères et m'assurer de leur bien-être tout en leur prouvant qu'on peut jeûner et continuer à exercer son métier. Chaque jeune doit être capable d’accomplir ce devoir religieux sans prétexte quand la santé le lui permet", est-il convaincu.

Un avis que partage Issa Coulibaly. Ce jeune chauffeur transporteur de sable et gravier depuis un an et demi se dit encore prêt à accomplir ce pilier important de l’islam cette année tout en restant derrière le volant de son camion benne. "Je l'ai déjà fait et je vais le refaire si Dieu me le permet. Tant que je suis en bonne santé, c'est une obligation que je me suis imposé", affirme-t-il

Issa Coulibaly voit également le mois de ramadan comme un mois de repentance et de gratitude envers Dieu.

Malgré leur journée de travail épuisante et des revenus parfois modestes, ces ouvriers de Bamako et ses environs restent accrochés au jeûne. Ils sont unanimes que le ramadan est un mois de pénitence, de confession et de pardon.

Awa Ouattara

(stagiaire)



RAMADAN/TRAVAIL

Comment les jeûneuses s’organisent au quotidien

Pendant le mois de ramadan, de nombreuses femmes poursuivent leurs activités professionnelles tout en observant le jeûne. Entre foi, responsabilités familiales, fatigue, adaptation des horaires de travail, chacune développe sa propre stratégie pour tenir jusqu’à la rupture. Elles s’expriment dans ce micro-trottoir.

Aïssata Traoré (commerçante au Grand marché de Bamako) :

"Ce n’est pas facile, surtout avec la chaleur. Je me lève très tôt pour préparer et nettoyer la maison avant d’aller au marché. Le matin, j’essaie de vendre le plus possible, parce que dans l'après-midi la fatigue se fait sentir. C’est plus difficile durant les premiers jours du ramadan. Je ferme un peu plus tôt et je rentre à la maison me reposer pour pouvoir tenir jusqu’au soir".

Mariam Coulibaly (enseignante) :

"Enseigner pendant le mois de ramadan demande beaucoup d’organisation. Je prépare mes cours en avance, souvent la nuit ou très tôt le matin. En classe, j'essaie d’être patiente et de garder le même rythme avec les élèves, même si la fatigue se fait sentir. Je privilégie les explications claires pour éviter de trop parler. Après les cours, je me repose pour reprendre les corrections plus tard. Le soutien des collègues et la compréhension des élèves et de ma famille m'aident beaucoup à tenir jusqu’à la fin du mois".

Fatoumata Koné (femme au foyer) :

"Je commence le travail très tôt, juste après la prière du matin. Les gros travaux comme le ménage et la lessive sont faits avant midi. A partir de midi, je me repose un peu quand c’est possible. Je reprends ensuite les travaux du soir consacrés à la préparation des repas de rupture du jeûne. Je mange bien à la rupture et boit beaucoup d’eau. Cela m’aide à tenir".

Rokia Diarra (couturière à Kalabancoura) :

"Pendant le mois de ramadan, je prends moins de commandes. Je préfère travailler calmement et sûrement afin d’éviter l’épuisement. Les clientes comprennent en général, surtout celles qui jeûnent. Je travaille surtout le matin et un peu le soir après la rupture, quand je retrouve de l’énergie".

Bagnini (vendeuse de nourriture à Hamdallaye) :

"Je continue de cuisiner même quand je jeûne. Ce n’est pas facile tous les jours, sentir la nourriture et travailler près du feu demande beaucoup de patience. Je m’organise en préparant certaines choses la nuit. Ce travail est difficile, mais c’est ce qui fait vivre ma famille, donc je m’arrange".

Propos recueillis par

Souaré Coulibaly

(stagiaire

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