Vendredi 13 février 2026, a eu lieu la remise des Prix IBIBI, une distinction dédiée à l’émergence de la photographie africaine. Portée par Yamarou Photo et ses partenaires, cette initiative ambitionne de repositionner le Mali comme un carrefour majeur de l’image sur le continent.
Personnalités culturelles, photographes, journalistes spécialisés, artistes visuels et passionnés d’image ont répondu présents à cette première édition, marquée par une forte charge symbolique.
Visiblement ému, Seydou Camara, directeur artistique de Yamarou Photo, a salué l’engagement des structures, organisations et professionnels de la culture qui ont soutenu le projet. Pour lui, les Prix IBIBI incarnent une vision : « Continuer à faire du Mali une capitale de la photographie. Cet événement réunira les Africains autour de l’image. Il sera un canal de transmission, d’échange, de découverte, de création, de reconnaissance et de récompense. »
Dans un pays marqué par l’héritage des grands studios mythiques et des maîtres de la photographie malienne, cette initiative s’inscrit dans une continuité tout en ouvrant une nouvelle page tournée vers la scène africaine contemporaine.
Représentant le ministère en charge de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamadou Diarra a salué une initiative en phase avec la politique nationale de promotion des arts visuels.
Dans son intervention, il a insisté sur la dimension culturelle et économique de la photographie :
« La photo n’est pas qu’une technique. Dans un monde où l’image circule à la vitesse de la lumière, il est essentiel de distinguer ceux qui, au-delà du clic, racontent une histoire ; ceux qui, au-delà du cadre, révèlent une vérité ; ceux qui, au-delà de la lumière, capturent l’âme. »
Selon lui, la photographie constitue un pilier des industries culturelles et créatives. Elle documente les traditions, accompagne les mutations sociales, valorise les territoires et renforce l’identité nationale. Les Prix IBIBI s’inscrivent ainsi dans une dynamique visant à encourager la professionnalisation, stimuler l’innovation artistique, créer un réseau d’excellence et inspirer la jeunesse.
Sous la présidence du critique d’art Chab Touré, le jury a examiné les candidatures de onze photographes avant de désigner trois lauréats.
Le premier prix a été attribué à Haardy Bope, photographe de la République démocratique du Congo, pour sa série consacrée à la « Sapologie ». Recevant son trophée, il a exprimé son honneur et dédié sa distinction à sa mère ainsi qu’à son institut des beaux-arts, tout en saluant l’initiative malienne.
La distinction est revenue à Stella (Cameroun) pour sa série « Je veux être comme elle », qui célèbre des figures féminines africaines influentes. La lauréate a souligné l’importance de reconnaître la place des femmes dans l’essor de la photographie africaine.
Isabelle Da Piedade, franco-béninoise, a été récompensée pour son ouvrage photographique axé sur l’ouverture d’esprit et la quête identitaire. Elle a salué le rôle du livre photo dans la préservation de la mémoire et s’est engagée à promouvoir le Prix IBIBI au Bénin.
Au-delà de la cérémonie, les organisateurs insistent sur l’importance de l’archivage et du livre photographique dans un contexte où la mobilité des artistes reste complexe, notamment au Mali.
Les Prix IBIBI entendent ainsi encourager la structuration du secteur, valoriser la mémoire visuelle africaine et favoriser la circulation des œuvres et des talents sur le continent.
Avec cette première édition réussie, le Mali réaffirme sa place dans l’histoire et l’avenir de la photographie africaine. Un signal fort, à la croisée de la création artistique, de la reconnaissance professionnelle et du rayonnement culturel.