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Institut national de Prévoyance Sociale (INPS) : Entre redressement financier et sursaut collectif
Publié le mardi 24 fevrier 2026  |  Le Matinal
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© Autre presse par DR
Logo de l`Institut National de Prévoyance Sociale (INPS)
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Dans un contexte national marqué par des tensions budgétaires et une exigence accrue de performance des services publics, l’Institut National de Prévoyance Sociale (INPS) se trouve à un tournant décisif de son histoire institutionnelle.
À la croisée des attentes des assurés, des obligations envers les retraités et des responsabilités vis-à-vis des employeurs, l’institution est confrontée à une équation complexe : restaurer la confiance, renflouer ses caisses et garantir, sans délai, ses missions fondamentales.

L’arrivée d’un nouveau Directeur général ouvre une nouvelle séquence. Mais, au-delà des discours et des intentions, c’est désormais l’esprit de cohésion interne et le respect strict des textes qui détermineront l’avenir immédiat de l’INPS.

Une institution stratégique sous pression

L’INPS n’est pas une administration ordinaire. Elle est le pilier de la sécurité sociale au Mali. Elle porte sur ses épaules notamment le paiement des pensions de retraite ; la prise en charge des accidents de travail ; le versement des allocations familiales ; la gestion des cotisations sociales versées par les employeurs.

Toute fragilité dans sa gouvernance ou dans sa trésorerie a des répercussions directes sur des milliers de familles maliennes. Or, les défis actuels sont connus : créances en attente, retards dans certaines prestations, insuffisances de recouvrement auprès des employeurs débiteurs, pression croissante des bénéficiaires.

Dans ce contexte, le redressement financier devient une urgence stratégique. Un Directeur général qui privilégie l’écoute est un fait rare. Ce n'est pas habituel de voir un Directeur général d’un service public affirmer, publiquement, à travers un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, qu’il privilégie l’écoute et qu’il reste disponible pour le personnel.

Dans son message, il se dit surpris de constater que, malgré des entretiens directs avec le personnel, une partie de celui-ci choisit de se réfugier derrière des pétitions. Paradoxal ! Ce constat interroge.

À l’heure où l’institution a besoin d’unité, certains comportements apparaissent bellicistes, créant artificiellement un climat de rébellion là où le dialogue est ouvert. Une telle posture, dans un moment aussi sensible, ne sert ni l’institution ni ses agents.

L’urgence absolue : le respect des textes

Aujourd’hui, ce qui prévaut et ce qui est urgent, c’est le respect scrupuleux des textes qui régissent un service public. Un établissement public ne se gouverne ni par la rumeur ni par la pression émotionnelle. Il se gouverne par la légalité ; la transparence ; la discipline administrative ; l’intérêt général.

Le redressement des finances de l’INPS passera nécessairement par : un recouvrement rigoureux des cotisations auprès des employeurs ; une rationalisation des dépenses ; une gestion orthodoxe et transparente ; une mobilisation totale du personnel autour d’un objectif commun.

Personnel de l’INPS : l’heure n’est pas à l’intolérance administrative !

À ce stade critique, l’INPS a besoin de cohésion ; de patience ; de professionnalisme ; d’un sens élevé de la mission de service public.

Un caractère administratif rigide, voire intolérable dans l’accueil des usagers, serait contre-productif. L’INPS doit renforcer la confiance avec ses partenaires et ses assurés. Chaque agent est une vitrine de l’institution. Il ne s’agit pas d’exiger le silence. Il s’agit d’exiger la responsabilité. Le moment n’est pas à l’escalade, mais à l’intelligence collective.

Dans une telle situation, le rôle du syndicat est central. Un syndicat n’est pas un instrument de confrontation systématique ; il est un cadre d’échanges et de régulation sociale. Il doit canaliser les revendications dans le respect des textes ; privilégier la négociation plutôt que la radicalisation ; défendre les intérêts des travailleurs sans fragiliser l’institution ; être un partenaire stratégique du redressement. Car si l’INPS vacille, ce sont d’abord les travailleurs et les retraités qui en paieront le prix.

Un sursaut collectif pour sauver la maison commune

L’INPS est une maison commune. Elle ne peut être fragilisée par des divisions internes au moment même où elle doit affronter des défis financiers majeurs. Le nouveau Directeur général a affiché une posture d’écoute, respectueuse et responsable. Il appartient désormais au personnel de répondre par la maturité professionnelle.

Il urge aujourd'hui de renflouer les caisses, d'assurer le paiement régulier des pensions, de garantir la prise en charge diligente des accidents de travail, d'honorer les allocations. Ces objectifs ne peuvent être atteints que dans un climat d’unité et de discipline.

Choisir la responsabilité plutôt que la confrontation

L’INPS traverse une phase charnière. L’histoire retiendra soit un moment de crispation inutile, soit un sursaut collectif exemplaire. La réforme d’une institution stratégique ne se fait pas contre son personnel. Elle se fait avec lui.

Aujourd’hui plus que jamais, l’INPS a besoin d’un pacte interne fondé sur la confiance, le respect des textes et la responsabilité partagée.

Car au-delà des débats internes, il y a une réalité simple : derrière chaque dossier, il y a une famille qui attend.


Mamadou Camara, Médaillé du Mérite national avec effigie Abeille.



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