"Les autorités saoudiennes ne ménagent aucun effort pour améliorer les conditions de séjour de nos pèlerins…"
"Je rends un hommage appuyé à l'Ambassadeur Abdullah Saleh
Saber pour son accompagnement constant et ses conseils avisés"
Les derniers ajustements relatifs aux préparatifs du Hadj-2026, les innovations introduites dans l'organisation du pèlerinage, la date du premier vol, les relations entre la Maison du Hadj et les agences de voyages privées, ainsi que le soutien de l'ambassade du Royaume d'Arabie saoudite figurent parmi les principaux sujets abordés au cours de cet entretien avec le directeur général de la Maison du Hadj, Dr. Abdoul Fatah Cissé, à environ deux mois du premier départ des pèlerins maliens vers les Lieux saints de l'islam.
Aujourd'hui Mali :
Monsieur le directeur général, nous sommes à la phase ultime des préparatifs du Hadj-2026. Pouvez-vous nous faire le point depuis le lancement de la campagne ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé : Le Hadj-2026 a été officiellement lancé le 14 juillet 2025, soit dix jours seulement après la clôture du Hadj-2025, intervenue le 3 juillet. Il convient de souligner que le chronogramme saoudien relatif au pèlerinage 2026 a été communiqué aux différents pays dès le 8 juin 2025.
Depuis le lancement, de nombreuses réunions préparatoires ont été tenues, tant au niveau interne qu'avec nos partenaires saoudiens et les compagnies aériennes. Les camps destinés à nos pèlerins à Minah et à Arafat ont été réservés. Les inscriptions ont été finalisées à travers la plateforme dédiée.
Le Hadj connaît aujourd'hui une évolution significative, fondée sur l'anticipation. Désormais, nous travaillons en amont afin d'éviter les contraintes de dernière minute et d'assurer une organisation plus rigoureuse et plus efficace.
Cette année, quelles sont les innovations apportées, tant en Arabie saoudite qu'au Mali ?
Du point de vue organisationnel, la première innovation majeure concerne le processus d'inscription. Auparavant, il était difficile de finaliser les inscriptions trois à quatre mois avant le départ ; aujourd'hui, cet objectif est atteint.
La seconde innovation porte sur la répartition des quotas entre les agences de voyages. Celle-ci a été effectuée dans la plus grande transparence. Toutes les agences disposant de pèlerins ont pu procéder à leur inscription sans difficulté. Nul ne saurait désormais prétendre avoir acquis un quota en dehors des procédures établies. Par ailleurs, des modifications ont été apportées au niveau du bilan médical. Certaines pathologies, notamment les cancers évolutifs, la tuberculose, l'hypertension artérielle sévère ainsi que les grossesses, constituent désormais des critères d'exclusion pour des raisons évidentes de santé et de sécurité.
Des améliorations substantielles ont également été introduites en matière de formation. A deux ou trois mois du Hadj, nous pouvons affirmer que l'essentiel des aspects organisationnels est clarifié. Certes, toute œuvre humaine comporte des imperfections, mais celles-ci seront corrigées avant le départ.
A titre d'information, les visites médicales ont déjà commencé.
L'option du "Hadj direct", non reconnue par la législation malienne, a suscité des divergences entre la Maison du Hadj et certaines agences privées. La situation est-elle désormais apaisée ?
Le conseil d'administration de la Maison du Hadj s'est prononcé sur cette question. Il a rappelé que toute modification dans l'organisation du Hadj doit impérativement s'appuyer sur un cadre réglementaire national.
Nous avons privilégié une approche consensuelle avec les agences de voyages afin de trouver une solution apaisée. Toutefois, il convient de rappeler que, qu'il s'agisse d'un "Hadj direct" ou non, l'Etat demeure l'interlocuteur reconnu et le principal responsable de l'organisation du pèlerinage au Mali. A ce jour, aucune réglementation malienne n'autorise le Hadj direct.
Pourriez-vous expliquer ce que l'on entend par "Hadj direct" ?
Le "Hadj direct" désigne la situation dans laquelle une agence de voyages privée contracte directement avec les autorités ou prestataires saoudiens, sans passer par la Maison du Hadj. Or, au Mali, les textes en vigueur confient exclusivement à la Maison du Hadj la conduite du processus organisationnel.
Ce modèle existe dans certains pays africains et européens, mais il n'est pas encore en vigueur au Mali. Si le conseil d'administration décidait une révision des textes en ce sens, cette orientation pourrait être adoptée et appliquée conformément aux dispositions légales.
Combien d'agences participent à l'organisation du Hadj, après l'assainissement du secteur ?
Les années précédentes, le nombre d'agences augmentait considérablement d'une année à l'autre. En 2024, près de 500 agences privées participaient à l'organisation du Hadj. Si cette progression s'était poursuivie, nous aurions pu atteindre environ 700 agences cette année.
Grâce à l'assainissement du secteur, notamment à travers la plateforme Nusuk Masar, 343 agences ont postulé. Après évaluation, environ une cinquantaine n'ont pas été retenues. Nous nous situons ainsi autour de 300 agences, ce qui traduit un effort réel de rationalisation et de professionnalisation du secteur.
Le processus a été conduit en toute transparence. La commission de suivi et d'évaluation, en collaboration avec l'ensemble des acteurs, a procédé aux vérifications nécessaires et appliqué des sanctions à l'encontre des agences n'ayant pas respecté la réglementation. Environ 50 agences ont été sanctionnées cette année.
Quelles sont les compagnies retenues pour le transport des pèlerins ?
Pour cette édition, deux compagnies ont été sélectionnées : Ethiopian Airlines et EgyptAir. Elles assureront le transport aller-retour des pèlerins maliens, qu'ils relèvent du contingent gouvernemental ou des agences privées.
A quelle date sont prévus les premiers départs ?
Le premier départ est fixé au 2 mai 2026, et le premier vol retour est prévu pour le 2 juin 2026.
L'ambassade du Royaume d'Arabie saoudite au Mali est un partenaire clé. Quel rôle a-t-elle joué cette année ?
L'ambassade du Royaume d'Arabie saoudite a toujours constitué un soutien de premier plan pour la Maison du Hadj dans l'organisation du pèlerinage. Je tiens à rendre un hommage appuyé à Son Excellence Abdullah Saleh Saber, ambassadeur du Royaume d'Arabie saoudite au Mali, pour son accompagnement constant et ses conseils avisés, tant au Mali qu'en Arabie saoudite.
Cet appui concerne aussi bien le Hadj que la Omra. Nous exprimons également notre gratitude au Serviteur des Deux Saintes Mosquées, Sa Majesté Salman bin Abdulaziz Al Saud, ainsi qu'à Son Altesse Royale le Prince héritier Mohammed bin Salman, Président du conseil des ministres, et à l'ensemble du peuple saoudien.
Les autorités saoudiennes ne ménagent aucun effort pour améliorer les conditions de séjour de nos pèlerins, que ce soit à Minah, à Muzdalifah ou à Médine. Nous leur exprimons notre profonde reconnaissance. Je remercie également le ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, Dr. Mahamadou Koné, pour son soutien constant à la Maison du Hadj dans l'accomplissement de ses missions.
Un message à l'endroit des fidèles ?
J'invite nos compatriotes à comprendre que l'organisation du Hadj connaît une évolution notable et continue de s'améliorer. Il n'est plus opportun d'attendre la dernière minute pour engager les démarches nécessaires. Certes, des ajustements restent à parfaire, et nous y veillerons avec la plus grande attention, si Dieu le veut. Je formule enfin des prières pour la paix et la stabilité au Mali.