Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Annonces    Femmes    Nécrologie    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Politique
Article
Politique

Antonio Guterres dénonce les violations flagrantes des droits de l’homme dans le monde : «Les droits humains sont sacrifiés de manière délibérée et stratégique, parfois avec fierté »
Publié le lundi 2 mars 2026  |  Le challenger
António
© Autre presse par DR
António Guterres
António Guterres, Secrétaire général de l`ONU
Comment



Pour son dernier discours devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, le Secrétaire général de l’ONU a dressé un constat alarmant de l’état du monde.

À Genève, à l’ouverture de la 61e session, Antonio Guterres a dénoncé, le 23 février 2026, une offensive globale contre les droits de l’homme et les libertés fondamentales, «partout dans le monde».


«Lorsque les droits humains s’effritent, tout le reste s’écroule». C’est à l’aune de cet avertissement que le secrétaire général de l’Onu a exprimé son désarroi face notamment à la guerre entre la Russie et l’Ukraine, où « plus de 15 000 civils ont été tués en quatre ans de violence » d’après Guterres. Dans ce boulevard mondial incertain, qui prédit le désordre certain, « l’État de droit est écrasé par la loi du plus fort» a alerté Guterres, s’irritant que « cette agression n’est menée ni en secret, ni par surprise. Elle a lieu au grand jour, souvent sous la direction des plus puissants ».

Les exemples de respect et de protection des droits de l’homme se font de plus en plus rares dans le monde. « Les droits humains sont sacrifiés, de manière délibérée et stratégique, et parfois avec fierté, et les conséquences sont effroyables ». Plus grave, elles sont gravées dans la vie des personnes qui souffrent deux fois. «D’abord de la violence, de l’oppression ou de l’exclusion, puis, à nouveau, de l’indifférence du monde».

Or, «quand les droits humains s’effritent, tout le reste s’écroule. La paix. Le développement. La cohésion sociale. La confiance, la stabilité» a-t-il mis en garde, marquant dans la même continuité son scepticisme. « Les conflits se multiplient et l’impunité se propage. Cela n’est pas dû à l’ignorance, au manque d’outils ou à l’absence d’institutions. C’est le résultat de choix politiques». Dans cette continuité, il s’est attardé sur des foyers de crise sur le continent africain, notamment le Soudan, la République démocratique du Congo ou le Sahel.

Un constat qui l’a conduit à élargir son propos à l’état du monde où les souffrances massives sont ignorées et le droit international est considéré comme un simple inconvénient dans un monde où les êtres humains sont utilisés comme monnaie d’échange. Un enchaînement de « choix politiques » qui, selon lui, se traduit par un recul des protections et un approfondissement des vulnérabilités. Dans cette offensive coordonnée, les droits humains sont les premières victimes, avec «un resserrement de l’espace civique».


Les démocraties s’érodent aussi. Le droit de réunion pacifique est bafoué. Face à cette accumulation d’atteintes, les droits humains ne doivent pas être « un slogan pour les bons moments ». Aux dires du chef de l’ONU, il s’agit d’abord de défendre la Charte des Nations Unies, la Déclaration universelle des droits de l’homme et les instruments du droit international relatifs aux droits de l’homme, qui ne doivent pas être « un menu à la carte. Les dirigeants ne peuvent pas choisir les éléments qui leur plaisent et ignorer le reste », a-t-il insisté.

De son côté, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a fait écho à ces préoccupations. Volker Türk a ainsi mis en garde contre une « tendance profondément inquiétante », avec « le retour de la domination et de la suprématie ». « Une concurrence féroce pour le pouvoir, le contrôle et les ressources se déroule sur la scène mondiale à un rythme et avec une intensité sans précédent depuis 80 ans », a-t-il pointé du doigt. Dans ce sombre constat, «le recours à la force pour résoudre les conflits entre les pays et au sein même des pays est en train de devenir la norme» a-t-il déploré. Türk a par ailleurs fustigé les dirigeants, sans les nommer, qui semblent croire « qu’ils sont au-dessus des lois et au-dessus de la Charte des Nations Unies ». «Ils revendiquent un statut exceptionnel, un danger exceptionnel ou un jugement moral exceptionnel pour poursuivre leur propre agenda à tout prix», a-t-il fait observer, soulignant que «certains utilisent leur influence économique comme une arme».

Face à la volonté de certains États d’affaiblir le multilatéralisme, Türk a appelé les peuples à s’unir pour protéger les droits et créer « un contrepoids solide aux tendances autocratiques ».


Dans le même état d’esprit, la Présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies, Annalena Baerbock a appelé à l’action collective. La présidente prédit-elle l’avenir ? «L’histoire nous enseigne que les grands systèmes s’effondrent rarement en un seul instant dramatique ; ils s’érodent lentement, règle après règle, engagement après engagement, tandis que ceux qui devraient les défendre préfèrent garder le silence. Jusqu’au jour où ce qui semblait permanent disparaît tout simplement ». Poursuivant, Annalena Baerbock a appelé aux responsabilités plurielles. « Nous ne sommes pas des spectateurs qui ont le luxe de rester en retrait pendant que l’injustice se déroule. Le silence est un choix. L’inaction est un choix, et elle a des conséquences». Il y a toutefois une bonne nouvelle, « l’action est aussi un choix, et elle est entre nos mains», a espéré la Présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies.


Ousmane Tangara

Commentaires

Sondage
Nous suivre
Nos réseaux sociaux

Comment