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Marchés en flammes, pays en veille : L’indolence comme système
Publié le mercredi 4 mars 2026  |  Mali Tribune
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Sans être oiseau de mauvais augure, ce qui s’est passé au marché de Médine la semaine dernière n’est ni le premier incendie, ni le dernier au Mali.

Quasiment tous les marchés du pays présentent la même physionomie, disons le même désordre. D’autres incendies suivront tant que l’incurie et l’insouciance persistent. Personne ne peut dire qu’il n’a ni vu ni entendu que nos marchés sont établis dans un joli désordre bien organisé, dans lequel tous les acteurs se plaisent et se complaisent, jusqu’au jour où la catastrophe arrive.


Allez donc voir ce qu’on appelle marché du quartier dit des riches, à Baco Djicoroni Golf, à Bamako. Enfermé dans un petit espace n’atteignant pas la moitié d’un terrain de football, aux accès barrés de tous les côtés, il défie le bon sens. Ici, ce sont moins les étals et hangars qui posent problème que les immeubles commerciaux bâtis à environ deux mètres les uns des autres, voire moins. Inimaginable. Inconcevable.

Bien entendu, ces immeubles ont été bâtis, visiblement, avec les autorisations nécessaires sans lesquelles ils n’auraient pas vu le jour. Même dans la négative, l’autorité communale et ses services techniques disposent de tous les moyens légaux et réglementaires pour les démolir au nom de la sécurité publique. Mais non. Tout le monde attend. Tout le monde regarde ailleurs. Jusqu’au jour où la catastrophe arrive. Là, c’est le défilé des autorités pour dénoncer les mauvais comportements, comme si elles n’avaient rien vu.

Ce qui est cocasse dans cette affaire, c’est que le marché est aujourd’hui occupé par une école supérieure, selon des marchands dont les voix ne portent pas. Voici aussi un quartier qui n’a ni école publique, ni centre de santé publique. Ce n’est pas qu’un espace ne leur a pas été dédié ; mais les puissants du jour les ont occupés. Ainsi va la République.

Dans notre pays, c’est une constante : l’indignation est sélective. Je ne me sens concerné par un problème, quelle que soit sa gravité ou son ampleur, que lorsque mes proches et moi en sommes victimes. Le reste du temps, c’est l’affaire des autres.


Sur un autre sujet encore plus brûlant, c’est le cas avec l’insécurité ou « jihadisme », à défaut d’une autre appellation. Ce fut d’abord le problème du Nord pendant quatre décennies — koronfè problème. Puis celui du Centre après 2010, bien que je haïsse cette fracture zonale qui nous a été insidieusement glissée et que nous avons adoptée sans réfléchir. Ensuite le Sud… Aujourd’hui, où en sommes-nous ? Tout le pays est infesté.

Il suffisait pourtant que, d’une même voix — ou « d’une seule main que tous les fils du pays viennent fermer les trous de la jarre commune » — nous agissions dès le début, pour que le pays ne connaisse pas la pénurie de carburant et les nombreuses victimes civiles et militaires qui continuent de tomber, sans que l’on sache quand prendront fin les massacres. Mais non. Comme d’habitude, nous avons assisté en spectateurs passifs à un spectacle durant lequel d’autres décidaient de notre sort, sans nous, donc contre nous. C’est le prix de l’indolence — inertie, indifférence — que nous payons. Et il coûte cher. Très cher même. Malheureusement, ce n’est pas encore fini. Jusqu’à quand alors ?

Les marchés brûlent. Les délégations se succèdent : ministres, maires, gouverneurs, chambre de commerce… On vient constater les dégâts. On promet. Puis plus rien. On continue avec la routine jusqu’au prochain épisode.

Et pourtant, la nature nous offre aujourd’hui l’opportunité de régler définitivement tous ces problèmes de marchés, en les mettant au niveau des standards internationaux. Cette occasion sera-t-elle saisie ? Prions Dieu qu’il nous aide.


Face à tous les problèmes du pays, il existe un seul refrain : « prions Dieu », comme si les hommes avaient démissionné de leurs missions en confiant leur sort au Bon Dieu. Aide-toi, le ciel t’aidera. Pas de salut en dehors de l’effort humain.

À bon entendeur… tant pis. Je répète trois fois.

Ahmadou Sankaré

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