L’auteur du pamphlet contre la contribution de haute densité du Procureur Idrissa Hamidou Touré sur l’infraction « atteinte au crédit de l’Etat », publié dans Mali Tribune du 23 février 2024, se définit lui-même « juriste charlatan » officiant derrière une page anonyme Facebook et depuis Paris à l’université de Bordeaux comme pour dire qu’il est universitaire. Preuve que c’est faux car il n’y a pas d’université de Bordeaux à Paris.
Il est à noter que n’importe qui peut se cacher derrière une page anonyme et se faire passer pour un chef d’Etat a fortiori un universitaire et dire qu’il est à Shanghai alors qu’il est tranquillement assis à Banconi-dianguinebougou. Notre « juriste charlatan », tapis derrière une page anonyme.
Sa diatribe n’a pas son sens d’être surtout à l’encontre d’une personnalité qui a le courage de nourrir le débat d’idées dans la presse. Le Procureur Touré est l’un des rares magistrats du pays à prendre sa plume pour donner des cours magistraux sur des points de droit qui paraissent flous ou ignorés au sein de l’opinion publique.
En ma qualité de juriste, il est de mon devoir d’intervenir dans cette discussion juridique dans un pays où la majorité est analphabète ou même ignore le concept et langage de droit. C’est un débat inutile, à bas étage, émanant de quelqu’un qui se nomme lui-même « juriste charlatan », car l’infraction d’atteinte au crédit de l’Etat telle que soutenue par le Procureur Touré a été retenue par plusieurs jugements tant en instance qu’à la Cour d’appel de Bamako. Ce qui met fin au débat juridique et donne définitivement raison au Procureur Touré qu’on accable à tort. S’il n’avait pas raison sur la terminologie, le sens juridique et légal, il n’aurait pas été suivi par tous ces juges à travers des dizaines de jugements et d’arrêts de condamnations pour « atteinte au crédit de l’Etat ».
Sans le couvrir de roses, le Procureur Touré bien que faillible comme tous les mortels, reste le père de l’application de cette infraction au Mali. Tout comme il est le père de la lutte contre la cybercriminalité au Mali, le père de l’auto saisine des Procureurs, le père de la communication judiciaire au Mali comme beaucoup d’autres innovations dans la jurisprudence au Mali (les pratiques judiciaires). Mais rien de tout ça ne lui appartient aujourd’hui. Tout ce qu’il a fait, appartient à l’espace public désormais et les gens s’en inspirent d’ailleurs tous les jours. Donc qu’on ne nous ramène pas en arrière, avec un débat clos encore une fois par plusieurs jugements et arrêts de condamnations pénales. Que Touré ait tort ou qu’il se trompe, alors comment comprendre que tous ces magistrats parmi lesquels il y a plus anciens et plus expérimentés que lui, se trompent aussi ?
De grâce, foutez la paix à ce monsieur. On sait que son nom, sa photo sur une photo etc., font lire, donnent de la visibilité, des likes mais combien de fois on a tous fait cela ? Ne pouvons-nous pas évoluer ?
Que d’autres juristes ou d’autres praticiens du droit innovent aussi pour faire avancer les pratiques judiciaires dans les cours et tribunaux. On a tellement de juristes dans ce pays, mais rares sont ceux qui innovent, qui créent etc. Tout ce que beaucoup savent faire, en bons Maliens d’ailleurs, c’est de se cacher derrière des pages anonymes Facebook, pour les plus lâches pour critiquer, dénigrer l’autre dans ce qu’il fait ou qu’il apporte de nouveau sans rien proposer en retour.
Au cours de ces 5 dernières années, qu’on le veuille ou non, qu’on le reconnaisse ou pas, le Procureur Touré a révolutionné les pratiques judiciaires au Mali et çà, quelle que soit la malhonnêteté intellectuelle, professionnelle ou institutionnelle, rien ne l’effacera dans la tête du Malien lambda. Mêmes les petits enfants savent qui est ce monsieur. Les parents continuent encore à faire peur à leurs enfants en disant « si tu n’arrêtes pas tes bêtises, je vais te remettre au Procureur Touré».
Pour la petite histoire, du fait de sa rigueur sur l’application du droit, il a assaini non seulement les réseaux sociaux au Mali, et le milieu jeune de l’arrondissement IV du district de Bamako. La jeunesse de Lafiabougou, Hamdallaye Djicoroni Para, Sébénikoro, entre autres, rechigne à commettre des larcins ou la délinquance à col blanc (vol de téléphones portables, escroquerie et voie de fait, brigandage, entre autres), de peur de ne pas être placés sous mandat de dépôt une fois le dossier déposé sur la table du Procureur Touré. Les spéculateurs fonciers qui pullulaient en Commune IV, ont disparu aujourd’hui grâce aux actions de ce monsieur. C’est un fait que rien ne peut changer, aucune méchanceté, aucune fausseté, rien donc laissons le monsieur à son destin.
Personne ne parlait de cybercriminalité encore moins de lutte contre ce phénomène avant lui. C’est grâce à lui que les gens ont eu les yeux ouverts sur la notion de cybercriminalité et ses dangers dans notre société. Les injures grossières (pères et mères) sur les réseaux sociaux et autres attaques gratuites qui faisaient légion dans le cyberespace national, ont tendance à diminuer sinon disparaître.
C’est encore grâce à ses actions que beaucoup d’écoles à Bamako ont inscrit l’enseignement de la cybercriminalité dans leurs programmes. Il a régulé le cyber espace malien dans tous les domaines, tout seul et à coups d’énormes sacrifices moraux, familiaux et professionnels. C’est grâce à toutes ses actions que l’Etat a même vu la nécessité de créer un Pôle qui s’occupe désormais de la lutte contre la cybercriminalité au Mali.
Les acquis du Procureur Touré sont là et personne ne peut les nier de bonne foi donc foutons lui la paix maintenant. Que chacun apporte sa petite pierre à la construction du Mali koura. « Lâchons-nous les pieds pour se tenir la main », dixit un digne fils de ce pays. Celui-ci invitait les Maliens à la saine émulation au lieu de perdre notre temps dans des mesquineries et méchancetés inutiles.
Il n’y a pas de charlatanisme dans le droit, qui est une science sociale pure loin d’être figée, mais avec ses règles strictes et rigoureuses.
Babadjan dit Babou Youssouf Bagayoro
Consultant, doctorant en droit privé- Bamako