Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Annonces    Femmes    Nécrologie    Publicité
NEWS
Comment

International

Escalade au Moyen-Orient : L’Afrique face aux secousses du détroit d’Ormuz
Publié le samedi 7 mars 2026  |  Mali Tribune
Comment



La fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, en réaction aux attaques américano-israéliennes, bouleverse l’équilibre énergétique mondial. Par cette étroite voie maritime transitent près d’un quart du pétrole et un cinquième du gaz liquéfié de la planète.

Depuis le début de l’escalade, il y a près d’une semaine, trois navires de commerce y ont été coulés, précipitant une onde de choc sur les marchés. Les grands armateurs ont suspendu ou détourné leurs routes, tandis que soixante navires français restent immobilisés dans le Golfe.


Les analystes économiques sont formels : le blocage des flux énergétiques fait grimper les cours du baril au-delà des 120 dollars, comme ce fut le cas lors des chocs pétroliers des années 1970. Cette envolée menace directement les économies africaines, dont la plupart dépendent des importations de produits pétroliers raffinés. Les pays non producteurs, comme le Sénégal ou le Mali, voient leur facture énergétique s’alourdir, accentuant les pressions budgétaires et sociales. Les États producteurs, tels que le Nigeria, pourraient bénéficier de recettes accrues, mais au prix d’une volatilité qui fragilise leurs équilibres macroéconomiques.

La flambée des prix du carburant se diffuse rapidement dans les transports, renchérissant le coût des déplacements quotidiens et des marchandises. L’agriculture subit de plein fouet cette hausse, car l’augmentation des frais de transport et des intrants alourdit les charges des producteurs. Les biens de consommation deviennent plus chers, les commerçants répercutant sur leurs prix la hausse des coûts logistiques et énergétiques.

Les subventions aux carburants deviennent de plus en plus lourdes à supporter pour les trésors publics, accentuant les tensions budgétaires et limitant la marge de manœuvre des gouvernements. Les devises locales, déjà fragiles, subissent une pression accrue face au dollar, alimentant une instabilité monétaire qui complique les importations et renchérit la dette extérieure. Pour les analystes boursiers, les places régionales, pourraient connaître des secousses liées à la nervosité des investisseurs et à la hausse des coûts logistiques, reflétant la vulnérabilité des marchés africains face aux chocs externes.


Cette crise rappelle la fragilité de l’Afrique face aux chocs exogènes. Déjà, les gouvernements cherchent à diversifier leurs approvisionnements et à renforcer les stocks stratégiques. Dakar, par exemple, anticipe des mesures pour sécuriser l’arrivée des produits pétroliers. Sur le plan diplomatique, l’escalade au Moyen-Orient pousse les États africains à réévaluer leurs partenariats énergétiques et à plaider pour une stabilisation rapide des routes maritimes.

Au-delà de l’urgence, cette crise pourrait accélérer la transition énergétique sur le continent. Investir dans les énergies renouvelables, développer les capacités de raffinage locales et renforcer les corridors terrestres deviennent des impératifs stratégiques. L’Afrique, souvent spectatrice des convulsions géopolitiques mondiales, se retrouve une fois de plus en première ligne des conséquences économiques.


Ousmane Mahamane
Commentaires