Une rencontre diplomatique s’est tenue mardi 10 mars 2026 à Freetown entre le chef de la Mission de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, Mamadou Tangara, et le président sierra-léonais Julius Maada Bio, également président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.
À l’issue de l’entretien, qualifié de « productif », le chef de l’État sierra-léonais a réaffirmé son engagement en faveur d’un dialogue constructif sur les enjeux de sécurité dans le Sahel. La rencontre s’inscrit dans une série d’initiatives diplomatiques menées par l’Union africaine pour maintenir les canaux de coopération entre la Cédéao et les pays membres de la Confédération des États du Sahel.
La réunion de Freetown intervient cinq jours après une visite de Mamadou Tangara au siège de la Commission de la Cédéao à Abuja, où il s’était entretenu avec son président, Omar Alieu Touray. Les discussions avaient porté sur le renforcement de la coordination entre l’Union africaine et la Cédéao face aux défis sécuritaires et politiques dans la région.
Cette étape faisait suite à une mission effectuée fin janvier à Bamako, au cours de laquelle l’émissaire de l’Union africaine avait été reçu par le président de la transition malienne, Assimi Goïta, en présence du ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop. Les échanges avaient notamment porté sur les priorités de la MISAHEL et sur le maintien du dialogue avec les États sahéliens.
Ces démarches diplomatiques interviennent dans un contexte de recomposition des relations régionales, après le retrait officiel du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Cédéao en janvier 2025, à la suite de la création de la Confédération des États du Sahel.
Malgré cette rupture institutionnelle, les trois pays ont maintenu leur participation à certaines structures techniques de l’organisation, notamment au Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest et à la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO, sous un statut de pays non régionaux.
Dans ce contexte, l’Union africaine poursuit ses efforts pour préserver les mécanismes de coopération régionale, alors que les enjeux sécuritaires et économiques continuent d’exiger une coordination entre les États d’Afrique de l’Ouest et du Sahel.