Le gouvernement malien a adopté, lors du Conseil des ministres du 11 mars 2026, des projets de textes portant création d’une Brigade spéciale des Mines, une unité nationale chargée de renforcer la lutte contre l’exploitation minière illégale et de sécuriser les sites d’orpaillage.
Selon le communiqué officiel, cette brigade disposera de pouvoirs de police judiciaire et interviendra sur l’ensemble du territoire pour contrôler les sites miniers, constater les infractions et appuyer les enquêtes judiciaires liées aux activités illégales dans le secteur.
La décision intervient dans un contexte marqué par la multiplication de l’orpaillage clandestin, le trafic de substances minérales et l’utilisation de produits chimiques interdits, notamment dans certaines zones d’exploitation artisanale. Les autorités évoquent également des atteintes environnementales, des accidents récurrents sur les sites miniers et des risques sécuritaires liés à ces activités.
La nouvelle unité aura notamment pour mission de renforcer les contrôles, sécuriser les zones d’exploitation et soutenir les actions de répression contre les activités minières illégales.
Un secteur clé pour l’économie malienne
Le Mali figure parmi les principaux producteurs d’or en Afrique. La production industrielle dépasse certaines années 100 tonnes, avec une moyenne située entre 60 et 70 tonnes par an, selon le ministère des Mines. L’or représente plus de 70 % des exportations nationales et contribue à hauteur de 8 à 10 % du produit intérieur brut.
Parallèlement à l’exploitation industrielle menée par plusieurs compagnies internationales, l’orpaillage artisanal demeure une activité économique majeure dans plusieurs régions, notamment Kayes, Sikasso et Koulikoro. On estime que plus de 400 000 personnes travaillent directement dans ce secteur, tandis que des millions de Maliens en tirent des revenus indirects.
Cependant, une grande partie de cette production échappe encore aux circuits officiels de commercialisation, limitant les recettes fiscales et compliquant le suivi des volumes réels d’or extraits.
Renforcer la régulation et la sécurité
L’utilisation de substances telles que le mercure et le cyanure dans certains sites d’orpaillage artisanal constitue également une préoccupation environnementale et sanitaire, en raison des risques de contamination des sols, des cours d’eau et des nappes phréatiques.
La création de la Brigade spéciale des Mines s’inscrit dans une série de réformes engagées pour mieux encadrer le secteur minier, notamment après l’adoption d’un nouveau Code minier en 2023 visant à accroître la contribution du secteur à l’économie nationale et à renforcer la régulation des activités d’exploitation.
Les autorités espèrent que ce dispositif permettra de mieux lutter contre l’exploitation illégale, améliorer la sécurité des sites miniers et assurer une gestion plus efficace des ressources aurifères du pays.