Selon les détracteurs du nouveau Directeur général des Douanes maliennes, son incapacité à gérer le personnel serait la principale source des tensions avec le ministre des Finances. Faux, rétorquent des acteurs qui soutiennent mordicus que le ministre d’Etat, ministre de l’Économie et des Finances, qui connaît bien les cadres de l’administration douanière, préfère plutôt jouer la prudence, avec la conviction qu’une vague importante de changements à des postes sensibles pourrait déstabiliser le fonctionnement des services et affecter les performances actuelles en matière de mobilisation des recettes.
Il est bon de rappeler que depuis la nomination de l’inspecteur général Cheick Amala Diallo comme Directeur général des Douanes maliennes au mois de décembre 2025, plusieurs acteurs du milieu des affaires, des transitaires ainsi que des agents des Douanes avaient exprimé des interrogations quant au choix opéré par les plus hautes autorités. Trois (03) mois après la nomination de l’Inspecteur général Cheick Amala Diallo, certains observateurs estiment que ces interrogations commencent à trouver un certain écho dans la réalité. Plusieurs sources du secteur évoquent en effet des difficultés dans la gestion de certains dossiers administratifs ainsi que dans la conduite du processus de réorganisation interne. Pour certains, ces situations soulèvent des questions quant aux équilibres à trouver dans la gestion d’une administration aussi stratégique que la Douane. C’est dans ce contexte que, depuis la fin du mois de janvier, plusieurs articles circulent sur les réseaux sociaux, faisant état d’une supposée rivalité entre le Directeur Général Cheick Amala Diallo et son adjoint Mamadou Traoré. Ces publications évoquent entre autres, des prétendues tensions internes, des pressions politiques et des blocages autour de la nomination de certains agents des Douanes.
Mais une question se pose : existe-t-il réellement une rivalité entre les deux responsables ?
Selon des sources proches de l’administration douanière, l’origine de la situation remonterait aux propositions de nominations faites par le Directeur Général et soumises à Alouséni Sanou, ministre d’Etat, de l’Économie et des Finances. Après examen, ce dernier aurait jugé nécessaire de ne pas signer immédiatement ces propositions. Toujours selon nos sources, à travers cette décision, il s’agirait simplement pour le ministre Sanou d’adopter une mesure de prudence face à des changements jugés trop importants dans une administration qui constitue l’un des principaux pourvoyeurs de recettes de l’État.
Depuis lors, certains acteurs semblent avoir choisi d’orienter le débat en multipliant les publications visant particulièrement le Directeur Général adjoint Mamadou Traoré.
Selon plusieurs sources au sein de la Douane et du ministère des Finances, la position du ministre s’expliquerait avant tout par une préoccupation majeure : préserver le niveau des recettes douanières. En effet, le ministre d’Etat, de l’Économie et des Finances, qui connaît bien les cadres de l’administration douanière aurait estimé qu’une vague importante de changements à des postes sensibles pourrait déstabiliser le fonctionnement des services et affecter les performances actuelles en matière de mobilisation des recettes qui atteignent de nos jours plus de 95 milliards par mois contre 81 milliards demander. Dans ce contexte, sa prudence apparaît pour beaucoup comme une décision responsable. Toute chose qui coupe court aux allégations de rivalités entre le DG et son adjoint.
Que disent les textes par rapport aux nominations au sein des douanes au Mali ?
Le décret N0 2012-146/P-RM du 02 Mars 2012 fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement de la direction générale des douanes note en son article 64 que : « les directions sont dirigés par des directeurs nommés par Arrêtés du ministre chargé des douanes. » L’article poursuit, « ils sont assistés par des directeurs adjoints nommés par Décision du ministre des douanes…Les divisions sont dirigés par des chefs de division nommés par décision du ministre chargé des Douanes. Les Sections sont dirigées par des chefs de section nommés par Décision du Directeur Général des douanes. »
Au regard de tout ce qui précède, le Ministre Sanou connaissant bien le personnel et les équilibres internes de cette administration, s’attachera à nommer par arrêté, au moment venu, des cadres compétents aux postes clés afin de garantir l’efficacité des services et l’atteinte des objectifs de mobilisation des recettes.
Affaire à suivre !
Source : Le Soir de Bamako