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Santé mentale des enfants au Mali : Un fléau négligé
Publié le dimanche 15 mars 2026  |  Mali Tribune
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© aBamako.com par FS
Visite du chef de quartier de Daoudabougou dans les écoles privées de son quartier
Bamako, le 25 Janvier 2021, le chef de quartier de Daoudabougou a visité les écoles priées de son quartier afin de constater l`effectivité de la rentrée des classes.
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Longtemps reléguée au second plan, la santé mentale des enfants est pourtant un droit fondamental reconnu par les textes nationaux et internationaux de protection de l’enfance. Au Mali, dans un contexte marqué par les pressions scolaires, les difficultés socio-économiques et parfois l’instabilité sécuritaire, la prise en charge du bien-être psychologique des enfants reste encore insuffisamment intégrée aux politiques publiques. Pourtant, il s’agit d’un enjeu majeur pour l’avenir du pays.


Dans un établissement secondaire de Bamako, Maïmouna Dao, 15 ans, suit ses cours avec sérieux et obtient des résultats satisfaisants. À première vue, rien ne semble troubler son parcours scolaire. Mais derrière cette apparente stabilité, l’adolescente confie ressentir régulièrement des angoisses liées à la peur de l’échec et aux tensions familiales.
Son histoire est loin d’être un cas isolé. En milieu urbain comme en zone rurale, de nombreux enfants sont confrontés à diverses pressions : exigences scolaires élevées, difficultés économiques au sein des familles, exposition à la violence ou aux conflits, ainsi que des bouleversements familiaux. Ces situations fragilisent leur équilibre psychologique, souvent sans qu’un accompagnement adapté ne soit mis en place.
Pourtant, la Convention relative aux droits de l’enfant reconnaît à chaque enfant le droit à la santé, au développement harmonieux et à la protection contre toutes les formes de violence, y compris psychologique. La santé mentale s’inscrit pleinement dans ces principes. Cependant, dans les dispositifs nationaux de protection de l’enfance, la dimension psychosociale demeure encore insuffisamment structurée.
Dans de nombreux établissements scolaires, les cellules d’écoute sont inexistantes ou ponctuelles. Les enseignants, bien qu’ils soient souvent les premiers à constater des changements de comportement chez certains élèves, ne disposent pas toujours des outils nécessaires pour identifier et gérer les signes de détresse psychologique. Comme le souligne un responsable éducatif : « Nous observons parfois des cas d’isolement ou d’anxiété chez les élèves, mais les moyens d’intervention restent très limités. »
L’absence de soutien psychologique peut avoir des conséquences importantes : baisse des performances scolaires, abandon précoce des études, développement de comportements à risque ou encore perte durable de l’estime de soi.
La protection de l’enfance ne peut se limiter à garantir l’accès à l’éducation ou aux soins physiques. Elle doit également inclure la préservation de l’équilibre émotionnel, indispensable au développement complet de l’enfant. Investir dans la santé mentale revient ainsi à prévenir de futures fragilités sociales.

Des pistes d’action nécessaires
Plusieurs actions pourraient contribuer à renforcer la prise en compte de cette question au Mali. Il s’agirait notamment d’intégrer des conseillers psychosociaux dans les établissements scolaires, de renforcer la formation des enseignants afin qu’ils puissent détecter précocement les signes de détresse chez les élèves, et de créer des espaces sûrs d’expression pour les adolescents. La sensibilisation des familles à l’importance du bien-être émotionnel constitue également un levier essentiel.
La promotion des droits de l’enfant suppose une approche globale qui prend en compte toutes les dimensions de son développement, y compris psychologique. Les principes fondamentaux de la protection de l’enfance reposent notamment sur le droit à la santé physique et mentale, le droit à la protection contre toute forme de violence et le droit au développement intégral.
La prise en compte de la santé mentale des enfants ne relève donc pas d’un simple choix politique, mais d’une obligation découlant des engagements nationaux et internationaux du Mali. En tant que signataire de la Convention relative aux droits de l’enfant, le pays s’est engagé à garantir la protection et le développement harmonieux de chaque enfant.
Renforcer les dispositifs de soutien psychologique apparaît ainsi comme une responsabilité institutionnelle majeure. La santé mentale des enfants ne peut plus être considérée comme un sujet secondaire : elle constitue un enjeu stratégique pour la protection, le développement et la stabilité sociale.
Car un enfant dont l’équilibre psychologique est préservé devient un citoyen capable de s’épanouir et de contribuer sereinement au progrès de la nation. Garantir aujourd’hui la santé mentale des enfants, c’est poser les bases humaines du Mali de demain.

Nantenin I. Fadiga
(stagiaire)
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