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L’Ombre de Rome et le silence de Bamako: Chronique d’une souveraineté à l’épreuve
Publié le mardi 17 mars 2026  |  L’Inter de Bamako
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© Autre presse
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Alors que le Mali s’échine à recoudre son intégrité territoriale au prix du sang, une rencontre feutrée en Italie avec les figures de proue du Cadre stratégique permanent pour la défense du peuple de l'Azawad (CSP-DPA) et du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM ou JNIM) vient de déchirer le rideau de la diplomatie conventionnelle. Entre rendez-vous manqués avec la communication de crise et trahisons transfrontalières, Bamako se retrouve au pied du mur: celui de l'exigence de vérité.

Le silence est parfois un aveu, mais en diplomatie, il est souvent une arme. Il y a quelques mois,
une alerte était lancée, comme une bouteille jetée dans l'océan tumultueux de la transition malienne. L’idée était simple, presque vitale: ériger une Cellule de Communication de Crise (CCC).

Une task-force de diplomates chevronnés et de plumes acérées capable de porter la voix du Mali sur les plateaux de France 24, de la BBC ou d’Al Jazeera.

L’objectif ? Briser le narratif unilatéral et expliquer au monde les racines profondes d'un conflit qui ne se
résume pas à des communiqués laconiques.

Cette main tendue n’a rencontré que l’indifférence. Ni remercie- ments, ni application.

Aujourd'hui, le prix de ce mutisme se paie en monnaie d'influence à Rome.
Le spectre de Bassikounou: la blessure ouverte Pendant que les salons feutrés européens s'ouvrent aux dissidents, la réalité du terrain, elle, ne ment pas.

À seulement 250 km de Nioro du Sahel, la localité de Bassikounou, en Mauritanie, est devenue le cœur battant, invisible et impuni, de la logistique terroriste. C’est là, dans cette province de Mbéra, que les Groupes armés terroristes (GAT) viennent panser leurs plaies, enterrer leurs morts et remettre en état de marche les engins de mort qui frapperont demain Léré, Tonka ou Nampala.

Révéler Bassikounou, ce n’était pas seulement dénoncer une base arrière; c’était pointer du doigt la porosité complice des frontières et l’urgence d’une offensive diplomatique de voisinage. Mais là encore, l'alerte est restée lettre morte.

L'affront italien: quand la diplomatie tranche la gorge de la souveraineté

L'onde de choc est venue d'Italie. La réception officielle, ou officieuse, sous couvert de structures étatiques, d'une délégation comprenant Alghabass Ag Intalla et Bilal Ag Achérif, accompagnés d'opposants radicaux, sonne comme un désaveu pour l'État malien.

Comment une puissance européenne, officiellement engagée dans la lutte contre le terrorisme, peut-elle
offrir une tribune à ceux que Bamako désigne comme les artisans de la désolation ? Recevoir
ces acteurs, sans l'aval, ni même l'information préalable des autorités souveraines du Mali, n'est pas qu'un impair: c'est une gifle diplomatique.

L'heure des comptes


Le Mali, dans sa marche vers une souveraineté retrouvée, ne peut plus se contenter de subir les agendas étrangers. L'Italie doit aujourd'hui des explications. Transparence, respect de la souveraineté et clarification des intentions: voilà ce que Bamako est en droit, et en devoir, d'exiger.

Mais au-delà de la colère légitime, cette crise souligne une faille interne: l'urgence absolue de reprendre
en main la guerre des images et des mots. Sans une voix forte pour porter la vérité du Mali à l'international, les couloirs de Rome et les sables de Bassikounou continueront de dicter un destin que le peuple malien veut désormais écrire de sa propre main.
Par A.K DRAMÉ
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