Le mardi 24 mars 2026, la Faculté de Droit Public (FDPU) a accueilli une session de sensibilisation consacrée aux origines endogènes des droits de l’Homme.
Cette activité, organisée par la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), a été marquée par le discours d’ouverture de Madame Bintou Founè Samaké, qui a souligné l’importance de réconcilier les droits humains avec les réalités socioculturelles africaines.
Dans son allocution, elle a exprimé sa gratitude à l’endroit du Doyen de la Faculté ainsi que du corps professoral pour leur engagement en faveur de la promotion des droits de l’Homme. Elle a également salué la forte mobilisation des étudiants, dont l’intérêt témoigne d’un engagement croissant pour les valeurs de justice, de dignité et d’équité.
Madame Samaké a insisté sur le rôle central de l’université en tant qu’espace de réflexion, de débat et de formation des futurs acteurs du droit. Elle a toutefois relevé une perception persistante selon laquelle les droits de l’Homme seraient des concepts importés, parfois en décalage avec les réalités locales. Selon elle, cette vision mérite d’être déconstruite.
En effet, bien avant l’émergence des instruments juridiques internationaux, les sociétés africaines disposaient déjà de systèmes de valeurs garantissant la dignité humaine, la solidarité et la justice sociale. À ce titre, elle a rappelé l’existence de références historiques majeures telles que la Charte de Kurukan Fuga, les traditions des chasseurs ou encore les manuscrits de Tombouctou, qui témoignent de l’ancrage ancien des principes des droits de l’Homme dans les cultures africaines.
S’adressant particulièrement aux étudiants, elle les a exhortés à s’approprier les droits de l’Homme non seulement comme un ensemble de normes internationales, mais aussi comme un héritage profondément enraciné dans leurs propres traditions.
Cette sensibilisation vise notamment à renforcer leur compréhension des droits humains à partir des réalités culturelles locales, à valoriser les pratiques traditionnelles positives et à encourager un regard critique sur l’universalité des droits.
Dans un contexte mondial marqué par de nombreux défis, Madame Samaké a plaidé pour une approche des droits de l’Homme à la fois universelle et adaptée aux contextes locaux.
Selon elle, c’est à cette condition que ces droits pourront être pleinement compris, acceptés et respectés par tous.
Elle a également remercié l’Ambassade du Royaume-Uni au Mali pour son appui à l’organisation de cette activité, ainsi que la presse pour sa contribution à la visibilité de l’événement.
La cérémonie s’est achevée par l’ouverture officielle de la session de sensibilisation, dans un appel fort à la responsabilité collective en matière de protection des droits de l’Homme. Comme elle l’a rappelé, « nul n’est à l’abri de la violation de ses droits », faisant ainsi des droits humains une responsabilité partagée par tous.