Mesdames et Messieurs, nous vous souhaitons la bienvenue à la Maison de la Presse en ce jour symbolique. Le 26 mars , est une date importante et inoubliable dans l’histoire du Mali démocratique.
Oui!!! La parole de la Maison de la Presse était attendue, elle est attendue et elle sera toujours attendue dans l’affaire Youssouf SISSOKO, comme dans toute autre affaire touchant la Presse et ses acteurs.
Seulement que l’on comprenne que nul ne dictera à la Maison de la Presse , responsable , ni sa conduite, ni sa lecture, ni sa stratégie , ni son timings dans la défense des intérêts de la profession.
La Maison de la Presse agira toujours en parfaite harmonie et en parfaite intelligence avec les organisations professionnelles qui la composent et qui demeurent ses bras séculiers.
D’emblée , il faut féliciter l’ASSEP et l’ensemble des organisations professionnelles qui se sont mobilisés depuis le début de cet incident malheureux jusqu’à maintenant. L’occasion est également appropriée de remercier toutes les personnes anonymes, sincères qui, sans recherche de dividende, respectant des principes, qui ont apporté leurs contributions morales et matérielles à Youssouf Sissoko et à la Presse en général, pendant ces moments difficiles.
Ensuite, il faut répondre de manière péremptoire aux donneurs de leçons , actifs sur les réseau sociaux et obéissant parfois à des agendas dont ils sont les seuls à savoir les motivations que , la Presse malienne n’est ni divisée, ni timorée. Au contraire, elle est responsable, fière et digne et se bat dans un environnement austère et même hostile en défendant des valeurs et l’intérêt national.
Nous sommes ici chez nous, nous nous exprimons ici chez nous et nous n’irons nulle part . Plaise à Dieu.
Qu’avons nous fait depuis que cette affaire a commencé ? Retenons que le journaliste Youssouf SISSOKO a été appréhendé le 5 février pendant que la Maison de la Presse, les organisations professionnelles, la HAC et le Procureur chargé du pôle cybercriminalité organisaient un atelier à l’hôtel MAEVA. Unanimement, les organisations professionnelles ont déploré et même condamné la manière dont le journaliste a été interpellé.
C’est l’occasion de répéter ici , notre opposition ferme à certaines dispositions du nouveau code de procédure pénale qui , avons nous plusieurs fois dit, constitue dans certaines de ses dispositions, un recul démocratique préoccupant.
Des confrères ont abandonné l’atelier pour assister Youssouf Sissoko durant plusieurs heures au tribunal pendant que d’autres rivalisaient de publications insensées et irresponsables.
Quand Youssouf Sissoko a été mis sous mandat de dépôt, il a continué à bénéficié de la solidarité des confrères qui lui rendaient régulièrement visite à la MCA. Ils lui ont apporté soutiens moral et financier.
Le Président de la Maison de la Presse de retour d’une mission à Dakar s’est rendu à la MCA accompagné du Président de l’ASSEP et du Président du FONSOPRESS.
Lors des échanges avec Youssouf Sissoko, ce dernier comme lors de son audition et lors de son procès, à la barre, a exprimé son regret et a avoué avoir manqué de vigilance dans la publication de l’article incriminé.
C’est l’occasion vraiment pour la Maison de la Presse de s’interroger sur le hiatus qui existe et qui a continue d’exister entre les positions affichées par l’accusé et la ligne de défense adoptée par l’avocat. La Maison de la Presse souhaite comprendre cette incohérence.
En outre , la Maison de la Presse regrette l’instrumentalisation faite de cette affaire malheureuse par des narratifs étrangers qui racontent des faits différents de ce qui est dit au tribunal. Cette façon de traiter le sujet est de nature à enfoncer Youssouf SISSOKO , un chef de famille qui ne souhaite que la liberté, comme il l’a toujours dit.
Sans trahir de secrets, la Maison de la Presse a continué à avoir une oreille attentive auprès du Procureur et du Ministre de la justice. Avec ces personnalités, le dialogue n’a jamais été rompu et ne sera jamais rompu.
La Maison de la Presse continuera à inscrire ses actions dans le cadre du respect des lois de la République tout en s’appuyant sur les leviers sociaux pour permettre au journaliste Youssouf Sissoko de recouvrer la liberté.
En ce qui concerne, le jugement rendu , la Maison de la Presse estime que cette peine inédite, infligée à un journaliste au Mali dans le cadre de l’exercice de son métier constitue un précédent inacceptable.
Nous en appelons à la sagesse et à la clémence du juge.
C’est pourquoi, la Maison de la Presse salue la décision de l’accusé de faire appel de cette décision historique et inédite.
La Maison de la Presse continuera à suivre de très près cette affaire et mènera le plaidoyer nécessaire pour un dénouement heureux. La Maison de la Presse du Mali , réaffirme son attachement à la Liberté de la Presse et invite les acteurs de la Presse à plus de responsabilité et de professionnalisme.
Je vous remercie de votre aimable attention.