Je fais partie de ces Maliens « ordinaires », mais orgueilleux et digne qui, au nom de leurs droits élémentaires à l’emploi, à la justice, à la santé et à l’éducation, avaient envahi en 1991 rues et ruelles de nos villes ; défiant BRDM, chars de combat et fusils d’assaut pour combattre et anéantir le régime dictatorial de Moussa Traoré. Je fais aussi partie de ces milliers de Maliens qui avaient nourri l’espoir qu’après la chute de Moussa Traoré, rien ne serait plus comme avant.
Parmi ces hommes politiques, héros authentiques ou auto-proclamés du 26 Mars 1991, il y en avait
de sincères et de vrais démocrates, prompts à donner le meilleur d’euxmêmes pour bâtir un Mali prospère au bénéfice de tous ses fils.
ATT avait incarné ce genre d’homme pendant la période de la Transition. Alpha Oumar Konaré, Me Mountaga Tall, Oumar Mariko, Cheick Oumar Cissoko, Mme Sy Kadiatou Sow, Me Demba Diallo,
Tiéblé Dramé, Me Idrissa Traoré, Mme Adame Ba Konaré, le Pr AlyNouhoum Diallo, le Pr Mohamed Lamine Traoré etc. (la liste est longue) étaient des hommes et des femmes sur lesquels le Mali pouvait
compter. Et l’espoir était encore permis quand, en 1992, le peuple malien accordait ses suffrages à Alpha Oumar Konaré, pour prendre en main les destinées d’un Mali en décombres, ruiné et baillonné par 23 ans d’une catastrophique dictature.
Avec le départ d’Alpha après son 2ème mandat, l’espoir naquit de nouveau pour un Mali où personne ne devrait plus être Président à vie. Un Mali dont seuls les meilleurs se succéderaient à la tête, au bénéfice de tous les fils du pays.
Hélas, de nos jours, nos espoirs s’effondrent.
En fin de compte, aujourd’hui, la plus « belle aventure démocratique » de la sous-région qu’était la nôtre, n’est plus qu’une République de bénis oui-oui, où tout le monde se range pitoyablement du seul côté
des indispensables du jour pour « construire le pays et lui restituer son honneur et sa dignité ».
Le Mali a-t-il jamais perdu son honneur et sa dignité ? Que Non !
Il faut plutôt défendre les idéaux du combat pour lequel nombre de ses fils reposent dans les cimetières, lorsqu’ils ne sont pas handicapés ou traumatisés à vie.
Les Maliens n’ont pas de cœur, disait l’ancien dictateur GMT.
L’histoire du 26 Mars 1991 lui a prouvé le contraire.
Malick Sidibé
Enseignant