Après l’effondrement d’un bâtiment R+4 en chantier le 22 mars 2026 à Sogoniko, l’Ordre des Ingénieurs Conseils du Mali (OICM) sort de son silence.
Dans une note d’information, l’institution précise que l’un de ses membres n’est intervenu que dans la phase administrative, sans implication dans l’exécution des travaux.
L’effondrement d’un immeuble en construction à Sogoniko, sur la rive droite du District de Bamako, continue de susciter interrogations et inquiétudes. Survenu le 22 mars dernier, l’incident a rapidement fait réagir l’Ordre des Ingénieurs Conseils du Mali (OICM), qui affirme avoir été informé « très tôt » via les réseaux sociaux.
Face à la gravité de la situation, une délégation de l’Ordre s’est rendue sur les lieux dès la nuit du drame pour effectuer un premier constat et recueillir des informations préliminaires.
Une réunion d’urgence pour situer les responsabilités
Le lendemain de l’incident le conseil de l’OICM a tenu une réunion extraordinaire. Objectif : analyser les circonstances de l’effondrement, identifier les différents intervenants et évaluer les implications professionnelles éventuelles.
Selon les premières conclusions, un ingénieur-conseil membre de l’Ordre serait bien lié au projet, mais uniquement dans un cadre limité.
Une intervention strictement administrative
D’après la note signée par le secrétaire chargé de l’information, Hamidou M. Traoré, l’ingénieur concerné serait intervenu exclusivement dans la phase administrative et technique préalable à l’obtention du permis de construire.
Son rôle se serait limité à l’élaboration des pièces techniques nécessaires, incluant un contrat de suivi et de contrôle des travaux établi avec le maître d’ouvrage.
Absence de suivi du chantier
Point central du communiqué : après la délivrance du permis de construire, le maître d’ouvrage n’aurait ni informé ni sollicité l’ingénieur-conseil pour assurer une mission de suivi, de contrôle ou d’assistance technique durant l’exécution des travaux.
En conséquence, selon l’OICM, le professionnel inscrit n’aurait pris part « ni au suivi de chantier, ni au contrôle des travaux, ni à aucune intervention technique » lors de la réalisation du bâtiment.
Si cette prise de position semble clarifier le rôle de l’ingénieur concerné, elle laisse entière la question des responsabilités dans ce drame.
L’OICM indique toutefois poursuivre ses investigations internes, conformément aux règles de discipline, de déontologie et de responsabilité professionnelle qui encadrent la profession.
Au-delà de ce cas précis, cet effondrement relance le débat sur le respect des normes de construction au Mali, souvent pointé du doigt après ce type de catastrophe.
Entre absence de contrôle rigoureux, défaillances dans le suivi des chantiers et responsabilités diluées, le secteur du bâtiment reste un maillon fragile de la sécurité urbaine.
Alors que les enquêtes se poursuivent, les regards se tournent désormais vers les autorités compétentes pour faire toute la lumière sur les causes de l’effondrement et situer clairement les responsabilités.
Car au-delà des justifications techniques, c’est la sécurité des citoyens qui est en jeu.