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Rentrée culturelle 2026 du CCK à Ségou : Daouda Tékété : « La libération de l’Afrique sera spirituelle ou elle ne le sera pas
Publié le mardi 31 mars 2026  |  arc en ciel
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Invité à inaugurer le Kôrè Baro pour la saison 2026-2027, l’homme de culture Daouda Tékété a livré une réflexion profonde sur le panafricanisme, qu’il inscrit avant tout dans une dynamique spirituelle et culturelle.

Entre mémoire historique et appel au sursaut identitaire, il plaide pour une renaissance africaine enracinée dans ses valeurs.


Dans le cadre de la Rentrée culturelle 2026-2027, le Groupe Kôrè d’Art et de Culture (GKAK) a ouvert son cycle de conférences avec une figure majeure de la pensée culturelle malienne. Daouda Tékété, ancien journaliste, écrivain et ex-conseiller technique au ministère de l’Education nationale, a animé le Kôrè Baro inaugural autour du thème : « Panafricanisme : hier, aujourd’hui, demain ».

Face à un public attentif, le conférencier a déroulé une analyse dense, à la fois historique, politique et profondément spirituelle du panafricanisme.

Sur les origines du panafricanisme, Daouda Tékété a retracé les grandes étapes d’un mouvement né dans la diaspora avant de s’enraciner sur le continent. De la conférence de Londres en 1900 au Congrès de Manchester en 1945, en passant par les rencontres de Bamako en 1946 et d’Accra en 1953…, il a mis en lumière les moments fondateurs d’une conscience noire en quête de dignité et d’unité.

M. Tekété a également évoqué les tentatives politiques d’unification, notamment la Fédération du Mali, symbole d’un rêve panafricain contrarié. « Même après l’éclatement, Modibo Keïta n’a jamais renoncé à l’idéal d’unité », a-t-il rappelé. Il a ensuite souligné les efforts que le premier président du Mali a poursuivis avec le Sénégal, puis avec le Ghana et la Guinée.

Le conférencier a affirmé que le pays a toujours été au cœur des dynamiques de rassemblement africain. Une vocation qui, selon lui, ne saurait être dissociée de l’héritage spirituel et culturel du pays, profondément ancré dans les valeurs de solidarité, de dialogue et de transmission.


La spiritualité, socle oublié de l’unité

Au cœur de son intervention, Daouda Tékété a insisté sur une dimension souvent marginalisée : la spiritualité comme fondement du panafricanisme. Pour lui, l’unité africaine ne peut se construire uniquement sur des accords politiques ou économiques.

Elle doit d’abord s’ancrer dans une reconnexion des peuples africains à leurs valeurs spirituelles, à leur vision du monde, à leur rapport à l’humain et au sacré. « L’Afrique ne pourra se relever qu’en réhabilitant son âme », a-t-il martelé. Selon lui « La libération de l’Afrique sera spirituelle ou elle ne le sera pas ». L’écrivain a ainsi posé les bases d’un débat qui dépasse les seules considérations institutionnelles.

Clairvoyant sur les échecs des projets politiques d’unification, Daouda Tékété appelle à un changement de paradigme. Pour lui, l’avenir du panafricanisme réside dans une renaissance culturelle et spirituelle, capable de réconcilier les Africains avec eux-mêmes.

« Sans enracinement culturel et sans élévation spirituelle, toute tentative d’unité restera fragile », a-t-il averti.

Dans cette perspective, il a mis en avant des concepts culturels tels que le sinankouya (parenté à plaisanterie) et le kôrèduga, véritables mécanismes traditionnels de régulation sociale, porteurs d’une philosophie de tolérance, d’équilibre et de cohésion.


La culture, éveilleur de conscience

Le conférencier a également rendu hommage aux acteurs culturels, qu’il considère comme les véritables gardiens de cette mémoire et de cette spiritualité. « Les artistes ont toujours été des éclaireurs dans les luttes panafricaines », a-t-il souligné. Et de rappeler leur rôle dans les mouvements d’émancipation et de conscientisation.

Dans ce sillage, M. Teketé a salué les initiatives du ministre en charge de la Culture, Mamou Daffé, en faveur du rayonnement culturel, estimant que « la culture reste le levier le plus puissant pour refonder l’unité africaine ».

Une Nuit sous les notes de musique

A travers cette conférence inaugurale, le Kôrè Baro lance ainsi une saison culturelle placée sous le signe de la réflexion, de la transmission et du réveil des consciences.

Un autre temps fort de la Rentrée culturelle du CCK a été la tenue de concert dans l’enceinte du CKK. Les artistes : Delphine Mounkoro, l’enfant du Bwatun, Amadou Diarra dit Peleké Junior, lui qui est sur les traces de son père, Papa Gaoussou Diarra du Super Biton National, Maydou Agna, natif de Gao, les lauréats de Korè hip-pop…, ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Des titres phares connus du public ont été chantés sous le regard admirateurs du public.

A.S.
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