La situation des marchandises maliennes en transit par le Sénégal connaît un tournant important. Le moratoire portant sur l’annulation des frais de surestaries, de magasinage et de détention au Port autonome de Dakar a officiellement pris fin le 24 février 2026.
Ces derniers mois, l’espace portuaire de Dakar avait été fortement encombré par des marchandises à destination du Mali. Plus de 3000 conteneurs étaient restés immobilisés sur les quais, en raison de multiples contraintes logistiques.
Parmi les principales difficultés figuraient le manque de camions gros porteurs, la dégradation de certains axes routiers ainsi que l’insécurité sur le corridor Dakar-Bamako. Cette situation avait entraîné une accumulation des marchandises et, par conséquent, une hausse importante des frais de surestaries, de magasinage et de détention.
Face à cette crise, une mission malienne conduite par le ministre des Transports et des Infrastructures, accompagnée d’une forte délégation d’opérateurs économiques, s’était rendue à Dakar le 20 novembre 2025 pour rencontrer les autorités sénégalaises.
À l’issue des échanges, un accord avait été trouvé, matérialisé par la note circulaire n°002492/PAD/DG du 25 novembre 2025. Celle-ci prévoyait l’annulation intégrale des frais liés au stockage prolongé des marchandises maliennes au port de Dakar dans un délais de trois mois.
Cette mesure exceptionnelle avait permis de soulager les opérateurs économiques maliens, fortement impactés par les coûts supplémentaires engendrés par les retards d’évacuation.
Selon une correspondance adressée au Conseil malien des chargeurs, la direction du Port autonome de Dakar a annoncé la fin de ce dispositif depuis le 24 février 2026. Ainsi, les frais de surestaries, de magasinage et de détention sont de nouveau applicables aux marchandises maliennes.
Cette décision marque un retour à la normale dans la gestion des opérations portuaires, mais elle relance également les inquiétudes des opérateurs économiques, dans un contexte où certaines contraintes logistiques persistent.
Si des efforts ont été engagés pour fluidifier le transport des marchandises entre Dakar et Bamako, des défis subsistent, notamment en matière de sécurité et de disponibilité des moyens de transport.
La fin du moratoire pourrait ainsi entraîner une hausse des coûts pour les importateurs maliens, avec des répercussions possibles sur les prix des produits sur le marché intérieur.
Dans ce contexte, les acteurs économiques appellent à la mise en place de solutions durables pour améliorer la fluidité du corridor Dakar-Bamako et éviter de nouvelles congestions.