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Vers une loi sur les réparations au Mali et dans l’espace sahélien
Publié le jeudi 2 avril 2026  |  Autre presse
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© Autre presse par DR
La soixante-huitième assemblée générale des Nations s’est ouverte à New York
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La question des réparations pour les crimes historiques subis par les peuples africains s’impose progressivement dans le débat public au Mali et au sein de la Confédération des États du Sahel. Dans un contexte marqué par une volonté affirmée de souveraineté, plusieurs voix appellent désormais à la mise en place d’un cadre juridique capable de qualifier et de criminaliser les crimes coloniaux, notamment ceux attribués à la France dans la région sahélienne.
Cette dynamique s’inscrit dans la continuité de la déclaration prononcée(https://estatements.un.org/estatements/10.0010/20260325100000000/nIXTKxAaFus-/hCIxWlel_nyc_en.pdf) le 25 mars 2026 à New York par le représentant permanent du Burkina Faso auprès des Nations Unies, au nom des pays membres de l’AES. Dans cette intervention, les États du Sahel ont rappelé que l’esclavage et la traite transatlantique constituent le crime le plus grave contre l’humanité et qu’il ne suffit plus de commémorer ces tragédies. Selon eux, il est désormais nécessaire de situer les responsabilités et de s’engager concrètement en faveur de la justice.
Les autorités sahéliennes dénoncent également le silence persistant de certains États face à ces crimes historiques, ainsi que des attitudes jugées néocoloniales. Elles établissent un lien direct entre les logiques d’exploitation du passé et les dynamiques actuelles d’instabilité dans la région. Selon cette lecture, les mécanismes d’enrichissement des puissances étrangères se poursuivent aujourd’hui à travers l’exploitation des ressources naturelles et l’entretien de conflits, notamment via des groupes armés.
Dans ce contexte, l’idée d’une loi sur les réparations au Mali apparaît comme une étape stratégique. L’objectif est double. Il s’agit d’une part de préparer l’opinion publique à une reconnaissance juridique des crimes coloniaux. D’autre part, il est question pour les États de l’AES de développer leur propre base légale afin de qualifier ces crimes et d’envisager des poursuites ou des demandes de compensation à l’échelle internationale.
L’expérience internationale montre que de telles démarches peuvent aboutir. Le cas de la Namibie constitue à cet égard un précédent important. L’Allemagne a officiellement reconnu en 2021 le génocide des peuples herero et nama commis au début du XXe siècle et a présenté ses excuses. Berlin s’est engagé à verser 1,3 milliard de dollars sur trente ans pour financer des projets de développement, en reconnaissance des souffrances causées.
Cet exemple, bien qu’imparfait et contesté par certains représentants des communautés concernées, démontre qu’une reconnaissance internationale accompagnée de compensations financières est possible après un long processus politique et diplomatique. Il illustre également l’importance d’une base juridique solide et d’une volonté politique affirmée.
Pour les pays du Sahel, la mise en place d’un tel cadre pourrait constituer un levier majeur dans la quête de justice historique. Elle permettrait aux peuples concernés de structurer leurs revendications et de porter leurs demandes sur la scène internationale avec davantage de légitimité.


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