A l'occasion des 14 ans d'incarcération de Yaya Cissé, le Collectif qui porte son nom a tenu un point de presse pour réitérer son plaidoyer en faveur de sa libération, évoquant une erreur judiciaire et un état de santé préoccupant
30 mars 2012 - 30 mars 2026 : cela fait désormais près de 14 ans que le compatriote Yaya Cissé purge une peine de mort prononcée par la justice mauritanienne. A cette occasion, le Collectif Justice pour Yaya Cissé a animé un point de presse afin d'attirer l'attention sur sa situation.
La rencontre était conduite par le président du Collectif, Kalil Sarmoye Cissé, entouré notamment de l'ancien président de la Commission nationale des droits de l'Homme, Aguibou Bouaré. Parents, amis et soutiens ont massivement répondu présents.
Dans une déclaration publique, le Collectif a interpellé les autorités maliennes et mauritaniennes sur la situation "particulièrement éprouvante" du détenu. Selon Kalil Sarmoye Cissé, Yaya Cissé est incarcéré pour un crime qu'il n'a jamais commis et serait victime d'une erreur judiciaire.
Son parcours carcéral a été marqué par des conditions difficiles dans plusieurs prisons mauritaniennes, avant son transfèrement au Mali grâce à une coopération judiciaire entre les deux pays. "Nous saluons les efforts des autorités maliennes pour son retour. Mais après quatorze années d'épreuves, il est légitime d'espérer l'aboutissement de ce processus par sa libération", a plaidé le président du Collectif.
Il affirme par ailleurs que de nouveaux éléments attesteraient de l'innocence de Yaya Cissé. Il a également rappelé l'engagement de ce dernier au sein de la communauté malienne en Mauritanie, notamment en tant que secrétaire général du Conseil régional des Maliens de Rosso et président de l'association Yereko.
Le Collectif s'inquiète aussi de son état de santé : "Yaya Cissé souffre aujourd'hui de deux maladies chroniques nécessitant une prise en charge urgente", a indiqué Kalil Sarmoye Cissé.
Prenant la parole, Aguibou Bouaré a salué les efforts des autorités de la Transition ayant permis son transfèrement à la prison de Kéniéroba, tout en rappelant que "nul n'est à l'abri d'une erreur judiciaire".
Des proches ont également témoigné en faveur de son innocence, affirmant qu'il se trouvait au Mali au moment des faits. Les enfants de Yaya Cissé ont, quant à eux, remercié les autorités maliennes, notamment le président de la Transition, le général Assimi Goïta, ainsi que les ministres concernés, tout en appelant à un engagement accru pour sa libération. Condamné à mort en 2012 en Mauritanie pour une affaire de meurtre, Yaya Cissé n'a cessé de clamer son innocence.